Rentrée scolaire :Des mesures sécuritaires spéciales à Douala

Face à la menace terroriste, des chefs d’établissements ont pris des dispositions pour assurer la sécurité des élèves.
Ce lundi 7 septembre 2015, ce sont de milliers d’enfants du primaire et du secondaire qui reprennent le chemin de l’école. Un retour sur les bancs sous menace sécuritaire, peut-on dire. Les dernières attaques de la secte terroriste Boko Haram dans la ville de Kewara, dans la partie septentrionale du pays n’arrangent pas les choses. Stress et inquiétude gagnent les parents. « Pendant les vacances, ils étaient sous ma surveillance. Je m’interdisais de les perdre de vue une minute. Notamment dans les lieux de foule. Mais à présent qu’ils doivent reprendre les classes, je suis vraiment angoissée», reconnaît Yvette Kamdoum, une mère de trois enfants, parmi lesquels deux lycéens. Pour cette quinquagénaire, les écoles, tout comme les marchés et les lieux de culte, peuvent être la cible des terroristes. Du côté des établissements scolaires, personne ne prend à la légère la menace terroriste. Des dispositions ont d’ailleurs été prises dans certaines écoles par les chefs d’établissements.

Au Centre de rééducation des enfants sourds-muets à New-Bell, dans l’arrondissement de Douala IIème, des mesures sécuritaires ont été prises et d’autres renforcées. « Cette année, nous avons décidé d’instaurer la carte d’accès. Tous les élèves de notre établissement en auront une. Cette carte devra être présentée avant d’entrer dans l’école. Tout enfant qui n’aura pas sa carte d’accès ne pourra pas entrer », indique une enseignante de cette école, qui accueille aussi une section primaire pour enfants sans handicap. Elle poursuit : «En plus de l’agent de sécurité de nuit habituel, nous aurons dorénavant un autre pour la journée. Autre chose, les parents vont désormais laisser leur progéniture hors de la barrière. Aucun parent n’accèdera plus dans l’enceinte de l’école ». A un jet de pierre de là, précisément au Lycée bilingue de New-Bell, des dispositions sécuritaires ont également été prises. Situé en plein cœur du marché central de Douala, l’établissement entend allier la sensibilisation et la sécurité.

A en croire l’un des responsables rencontrés, l’heure est à la sensibilisation des parents venus inscrire leurs enfants. « Et nous sommes aidés dans ce travail par les autorités traditionnelles et religieuses », soutient notre source. Et ici, sensibilisation rime avec sécurité. « Nous avons renforcé la sécurité. Par exemple, nous avons mis des récepteurs un peu partout dans le lycée », se contente-t-elle de dire, sans s’étendre sur la question. Au Lycée d’Akwa, on est moins disert sur les mesures prises. Mais, pour entrer dans le lycée, il faut au préalable donner l’objet de sa visite au monsieur installé à ce qui tient lieu de poste de renseignement. De lui, on apprendra que les inscriptions, ouvertes depuis quelques semaines déjà, démarrent chaque jour à 7h 30 min pour s’arrêter à 11 heures. Au regard de l’incompréhension d’un parent, notre interlocuteur laisse entendre que c’est une disposition prise en rapport avec la menace sécuritaire. Qu’en sera-t-il à la rentrée ? Notre interlocuteur se refusera à tout autre commentaire. En attendant, les pensionnaires de l’internat du collège Sacré-Cœur de New-Bell ont, quant à eux, fait leur rentrée hier, dimanche, sous la surveillance des agents de sécurité qu’accompagnait un élément du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°2, arme au poing.