RENDRE LES CLUBS DE FOOTBALL AFRICAINS RICHES

RENDRE LES CLUBS DE FOOTBALL AFRICAINS RICHES

Dans quelques semaines débutera la coupe d’Afrique des nations, la grande messe du football Africains. Au moins 80% des acteurs seront des joueurs professionnels évoluant hors du continent africain, et pour cause, nos clubs locaux n’offrent ni des salaires, ni des conditions de travail suffisamment attractifs pour retenir des joueurs de talents. Et pourtant le potentiel pour remédier à cette situation ne manque pas.

Afin de bien cerner le problème, il est utile de se poser quelques questions simples:

  1. Qu’est-ce qui fait que d’un coté, Barcelone, Manchester United, ou Bayern soient des clubs riches, et que de l’autre, le Canon de Yaoundé, Accra Hearts of Oak du Ghana ou l’Assec d’Abidjan soient pauvres alors que ce sont tous des clubs de légende qui ont à l’échelle locale et même continentale des palmarès comparables ?
  2. Peut-on remédier à cette situation ?

La réponse à la 2eme question est : bien sûr que oui! Et l’objet de cet article est de suggérer un model d’investissement qui permettrait d’enrichir nos équipes de football.
La différence entre les clubs européens et les clubs africains est simple à comprendre ; les premiers (les européens) considèrent le football comme un business et utilisent toutes les techniques modernes de gestion dans la conduite de leurs affaires, alors que pour les africains, le football c’est plus une activité du dimanche, rien de plus qu’un divertissement qui n’interpelle et n’implique au plus que des amateurs et amoureux du ballon rond.

Or il est possible et même souhaitable de faire d’une pierre deux coups, c’est-a-dire de garder le coté passion du jeu tout en générant des revenus susceptibles non seulement de faire vivre décemment les acteurs (les joueurs) mais également de créer des opportunités d’emplois pour un plus grand nombre de personnes autour du football et de ses produits dérivés. Cela ne demande pas un travail de titans, puisque des modèles existent dans le monde, que ce soit en Europe, en Amérique latine ou aux Etats-Unis; parlant des Etats-Unis, il opportun de faire remarquer qu’ils ont poussé la logique business tellement loin qu’ils ont réussi à générer de grosses sommes d’argent et d’embaucher un grand nombre de personnes sur la base de pas grand-chose; pour nous en convaincre, pour nous en convaincre, faisons un tour du coté de la ville d’Orlando:

Orlando est une ville dans l’état de Floride qui s’est spécialisée dans les activités de tourisme. Autour de cette ville l’on trouve entre autres: Disneyworld, Universal Studio, Seaworld, Legoland, et à environ une heure d’autoroute, se trouve Cape Canaveral, l’une des bases de la NASA. Chacun de ces Business et institutions exploite ses atouts propres, pour certains, tels que Disney, ils consistent en des personnages de bandes dessinées, alors que pour les autres comme la NASA, c’est le rêve de l’espace, ce qui est important de savoir ici est qu’ils utilisent tous le même model de fonctionnement, et bien qu’étant situés pratiquement dans le même périmètre (et peut-être pour cette raison) chacun tire son épingle du jeu en dégageant annuellement des bénéfices qui s’estiment en plusieurs millions de dollars.

Dans ce modèle, l’on distingue deux sortes d’activités: les génériques et les spécifiques.

  • Les génériques ont pour but de réveiller, au travers des activités « fun » ou d’amusement qui peuvent provoquer pour certaines d’entre-elles de fortes coulées d’adrénaline et réveiller l’enfant que chacun de nous abrite au plus profond de son être. A titre d’exemple, l’on peut citer le Rollocoaster qui vous donne l’impression de dégringoler du haut d’un étage, la tête en premier.
  • Les spécifiques vous font partager une expérience unique que vous ne pouvez pas trouver ailleurs, par exemple, à la NASA, vous aller vivre dans la salle de commande, les huit premières minutes du décollage d’Apollo, et dans une autre salle les 5 dernières minutes de l’alunissage; et si vous êtes assez courageux, vous aller jouer les cosmonautes dans un simulateur, et vivre une dizaine de minutes de décollage d’une fusée.

Toutes ces activités sont conçues de manière à inciter les participants à vouloir en garder un souvenir inoubliable, d’où les boutiques.
C’est en s’inspirant de ce modèle, et en tenant compte de nos réalités locales que nous allons faire des propositions concrètes et réalistes à nos clubs de football. Ceci est valable aussi bien pour les équipes nationales que pour les clubs même moyens.

Pour besoin se simplification, nous prendrons comme cas pratique le Canon de Yaounde, mais nos conclusions s’appliquent aussi bien à n’importe quel club de football qui a une certaine histoire.

Le Canon de Yaoundé a été fondé le 11 Novembre 1930 dans un Cameroun sous tutelle française. Pour certains, le fondateur de ce club mythique serait le colonel Marchand, pour d’autres, le crédit est à mettre au compte d’un groupe de patriarches de Yaoundé; toujours est-il qu’à cette époque, il n’existe pas encore au Cameroun un championnat national. Les équipes évoluent dans des championnats régionaux. Il faudra attendre 1960 pour qu’un championnat national voit le jour suite à l’affiliation la même année de la FECAFOOT (Fédération Camerounaise de football) à la CAF.

Pour revenir au Canon, ce club compte dans son palmarès, 10 titres de champion national, 11 titres de vainqueur de la coupe du Cameroun, 3 titres de champions d’Afrique, et 1 titre de coupe d’Afrique des vainqueurs de coupe.

A ce tableau impressionnant, il faut ajouter que le Canon a produit

  1. 4 ballons d’or africain : Thomas Nkono (1979, 1982), Jean Manga Onguene(1980), Théophile Abega(1984).
  2. Une pléiade de stars dont la liste est trop longue pour les citer tous, mais nous pouvons mentionner : Grégoire Mbida(Arantes), Emmanuel Kunde, Jacques Songo’o, François Oman-Biyik, Louis-Paul Mfede, Marc-Vivien Foe, Pierre Wome Nlend.

Un tel palmarès constitue en lui-même un capital d’investissement inestimable, auquel il faudrait ajouter une multitude de matches d’anthologie contre Bendel Insurance et Inugu Rangers du Nigeria, Hafia club de Conakry, Asante Kotoko et Hearts of Oak du Ghana, Vita club du Zaire, Assec d’Abidjan; l’on ne peut pas citer tous les clubs africains de haut niveau qui ont eu à croiser le fer avec le canon de Yaounde, la liste est interminable, surtout si l’on y ajoute des derbys locaux.

Voila une mine d’or qui ne demande qu’a être exploiter, et le préalable nécessaire serait la création d’une cité ou d’un village Canon avec des salles de projection, des boutiques dans lesquelles l’on vendrait des produits canon (entre autres, les maillots de légende flanqués des noms des joueurs de légende et contemporains), plusieurs mini aires de jeu pour permettre aux visiteurs amateurs du ballon rond d’effectuer de petits stages ou de participer à des mini tournoies, des restaurants, une école de football dotée d’infrastructures modernes. Ceci demande évidemment un investissement qui sera très vite rémunéré s’il est bien géré.

Tout cela semble bien beau, mais plusieurs questions restent en suspens dont la principale est celle des sources de financement. Plusieurs pistes peuvent être explorées:
Sous réserve d’un business-plan bien ficelé, on peut envisager de:

  • Créer une corporation canon et vendre des parts à des investisseurs et aux fans du club.
  • Demander à l’Etat l’autorisation d’émettre des bons Canon garantis par l’état.
  • Faire des emprunts bancaires.
  • D’approcher des joueurs aussi bien des retraités que ceux encore en activité qui cherchent des opportunités d’investissement.

Nous sommes conscients du fait que la réalisation d’un tel plan n’est pas facile, mais avec un bon choix de personnes hautement qualifiées, de la détermination et surtout d’une vision, le succès est atteignable; les camerounais ont de l’argent à dépenser: dans un pays qui consomme l’équivalent d’un fleuve de bière par an (dixit le regretté Charles Ateba Yene), et ce depuis plusieurs années, un bon investissement n’a pas  à craindre de manquer de clients.

Car, il fut une époque où  les stades étaient toujours pleins à craquer. Aujourd’hui, la médiocrité du spectacle offert combinée à un accès plus facile aux télévisions étrangères qui diffusent des matches de bien meilleure qualité ont vidé les tribunes au bénéfice des boites de nuit, des débits de boisson, et de bien d’autres activités. Ce phénomène peut être renversé en une situation où nous aurons tous quelque chose à gagner, car il aidera à régler partiellement 3 problèmes : un de santé publique (l’ivresse publique ?), celui de l’emploie, et la relance du football national fierté de tout un peuple.

 

camernews-Roger milla-danse

camernews-Roger milla-danse