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Réhabilitation d’Ahmadou Ahidjo: Le double discours de Issa Tchiroma Bakary

Réhabilitation d’Ahmadou Ahidjo: Le double discours de Issa Tchiroma Bakary

Alors qu’il était jusqu’à il y a quelques années un des défenseurs du rapatriement des restes de l’ancien président camerounais, suivi des funérailles officielles à la hauteur de son rang, le Ministre de la Communication estime aujourd’hui qu’Ahmadou Ahidjo doit être traité au même titre que les autres héros nationaux qui ont combattu pour l’indépendance du pays ou qui ont occupé des fonctions dans les hautes sphères de l’Etat.

Avant son entrée au Gouvernement en 2009, Issa Tchiroma, Ministre de la Communication faisait partie des plus fervents défenseurs du rapatriement des restes du premier président de la République du Cameroun, Ahmadou Ahidjo et l’organisation des obsèques officielles à la hauteur des responsabilités qui furent les siennes. En témoigne les propos contenus dans une interview accordée il y a quelques années par l’actuel Mincom au journaliste de la Radio Tiemeni Siantou, Sismondi Barlev Bidjocka, posté hier jeudi 27 novembre 2014 sur Internet.

« J’ai écrit au président Biya pour lui demander de rapatrier la dépouille du président Ahidjo, d’ordonner des funérailles à la hauteur des responsabilités qui furent celles de son prédécesseur. Je vous assure, ma lecture et je suis sûr que j’ai la lecture de beaucoup de camerounais et qui s’impose également à Madame Ahidjo, c’est que le président Ahidjo cesse d’appartenir à sa famille biologique ou culturelle pour appartenir à la nation. Le président Biya qui aujourd’hui préside aux destinées de la Nation a pour mission de rapatrier la dépouille du Président Ahidjo et de lui organiser des funérailles à la hauteur des responsabilités qui furent les siennes. Quand on se retranche derrière le fait que c’est Madame Ahidjo qui s’y oppose, non, j’ai eu l’opportunité à Dakar de discuter avec cette dame, j’ai cru comprendre que les seules exigences de Madame Ahidjo, c’est d’abord la réhabilitation de la mémoire de son mari par l’Etat camerounais et l’organisation des obsèques officielles. » Déclarait le Président du Front du Salut National du Cameroun (FSNC).

Seulement, entre temps, le discours de celui qui est devenu Porte parole du Gouvernement en 2009 a radicalement changé. Réagissant à une interview récemment accordée par Germaine Ahidjo, la veuve de l’ancien président à Radio France Internationale (Rfi) et dans laquelle elle sollicitait une fois de plus la réhabilitation de la mémoire de son mari et l’organisation de ses obsèques officielles à la hauteur des services qu’il a rendus au Cameroun, le Ministre de la Communication a estimé que le Président de la République et son Gouvernement n’ont rien à se reprocher dans cette affaire.

«A la faveur de l’interview que le président Paul Biya a accordée à France 24 en 2007, il a dit que l’Etat camerounais était à la disposition de la famille du Président Ahidjo qui seul, a le droit sur la dépouille du président Ahidjo… Le rapatriement du président Ahidjo ne pose aucun problème, sauf que, le chef de l’Etat, héritier de l’histoire, doit gérer l’histoire avec équité… quand on veut ouvrir les pages de l’histoire, il faut faire attention parce qu’il s’en dégage parfois des odeurs suffocantes », a indiqué mercredi, celui qui pense que le premier président camerounais ne doit bénéficier d’un traitement particulier.
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