Réfugiés et déplacés au Cameroun: près de 410 000 personnes à gérer

En ouvrant les travaux de la 6e session du Comité interministériel ad hoc chargé des situations d’urgence, René Emmanuel Sadi a relevé le caractère préoccupant de la situation.

309 232 étrangers, dont plus de 251 000 Centrafricains répartis en majorité dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord et 58 000 Nigérians que l’on retrouve pour l’essentiel dans la région de l’Extrême-Nord. A cela, il faut ajouter près de 100 000 déplacés internes. Tout ceci dans un environnement national et international particulier. On peut donc le comprendre, la situation des réfugiés est préoccupante au Cameroun. Et René Emmanuel Sadi n’a d’ailleurs pas manqué de le relever hier à l’ouverture des travaux de la 6e session du Comité interministériel ad hoc chargé des situations d’urgence concernant les réfugiés au Cameroun qu’il présidait dans la salle des conférences de son département ministériel. En présence de sept autres de ses collègues du gouvernement et des représentants des organisations du système des Nations unies, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, par ailleurs, président dudit comité, a souligné que le phénomène de l’afflux des réfugiés et personnes déplacées persiste « en raison notamment de la menace sécuritaire induite par les actions barbares du groupe terroriste Boko Haram qui procède, depuis peu, à une mutation de son mode opératoire, à travers des attentats-suicides aux conséquences dramatiques ».

Des situations qui, pour René Emmanuel Sadi, interpellent « la conscience collective de la Communauté internationale, et invitent instamment à la recherche de solutions appropriées ». Toutefois, le président du comité interministériel ad hoc n’a pas manqué de relever que cette instance n’a eu de cesse de rechercher des solutions face aux problèmes qui se posent sur le terrain. Problèmes liés notamment à la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable au sein et autour des camps de réfugiés. Même si, de son point de vue, les besoins restent énormes. Et les défis aussi. En tête de ceux-ci, la sécurité. René Emmanuel Sadi a fait savoir que « le gouvernement de la République met tout en œuvre, conformément à ses engagements et dans le droit fil de ses prérogatives régaliennes pour assurer la protection aussi bien des réfugiés eux-mêmes, que des travailleurs humanitaires, et des civils, au sein des camps de réfugiés », ce soit en utilisant ses moyens propres, soit par des moyens provenant des plaidoyers menés auprès des organisations partenaires et des pays amis. Occasion donc pour lui, de dire la gratitude du chef de l’Etat et du Cameroun à l’endroit de tous ces généreux donateurs. Le président du comité a, par ailleurs, souligné les nombreux déplacements qu’il aura effectués dans les camps des réfugiés pour s’imprégner personnellement des conditions de vie des populations concernées. René Emmanuel Sadi a, par ailleurs, salué les nombreuses visites de personnalités étrangères qui ont tenu à accompagner le Cameroun dans ces efforts. Parmi celles-ci, il y a eu le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres qui a séjourné au Cameroun du 23 au 26 mars dernier. Il s’est  aussi  félicité de ce que la 6e session du comité intervient à quelques semaines seulement de la tenue à Genève de la 66e session du Comité exécutif du HCR qui devra examiner l’ensemble des problématiques liées à la question de la gestion des réfugiés à travers le monde.