Réfugies centrafricains :La croisade contre le choléra s’intensifie

Une synergie entre l’Unicef, le gouvernement japonais et le Mincom vise à éradiquer les maladies liées au manque d’hygiène, et de promouvoir la paix à travers la communication par l’image à l’Est et dans l’Adamaoua.

Vendredi 23 octobre 2015, le stade municipal de Kentzou, chef-lieu de l’arrondissement de la Bombé, département de la Kadey à l’Est est plein du monde. Les populations de la ville sont venues regarder des films éducatifs sur la santé et le maintien de la paix entre les différentes communautés. « Ce sont des films éducatifs sur les fléaux qui menacent la société », explique Etienne Nsong, directeur de l’Espace lumière, structure en charge de la production desdits films. L’objectif de cette activité, fruit de la synergie entre le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) et le ministère de la communication (Mincom) avec le financement du gouvernement japonais, apprend-on sur le terrain « est de présenter aux populations des villes et villages hôtes, ainsi que celles dans les sites de réfugiés centrafricains dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, les comportements à moindre risque, en l’occurrence les pratiques d’hygiène, afin de contribuer à la réduction de la mortalité et la morbidité dues aux maladies diarrhéiques et au choléra, ainsi que la promotion de la paix ».

Des indications attestent que le Cameroun reste une zone endémique qui a connu plusieurs épisodes d’épidémies de choléra, depuis 2010, avec des facteurs aggravant comme les inondations et l’afflux des réfugiés à l’Est et dans la partie septentrionale du pays. En effet, les régions de l’Est et de l’Adamaoua qui abritent de fortes populations venant de la République Centrafricaine (Rca) font face à des maladies liées au manque d’hygiène et à un environnement peu salubre. Et pour preuve, le choléra a refait surface dans certaines localités des sites de réfugiés depuis octobre 2014, notamment dans les sites de Gado-Badzéré et de Timangolo, dans les districts de santé de Garoua Boulai et de Kette.

Face à cette situation épidémiologique, l’Unicef et le Mincom, appuyés par le gouvernement japonais, ont retenu plusieurs scénarii de riposte actuellement en cours de réalisation aussi bien dans les sites des réfugiés que dans les villes et villages hôtes. Afin de soutenir cette riposte, la stratégie de communication pour un changement social et comportemental adaptée au contexte a été proposée. Le bouclier constitue l’approche de prévention qui fait appel au mix des approches et outils de la communication pour le changement (C4D), comprenant la mise à contribution des pools C4D pour la diffusion des messages en langues locales, l’affichage et point d’explication des visuels distribués. Ces interventions de proximité seront complétées par l’utilisation de la communication par l’image à travers du cinéma numérique ambulant (Cna), suivi des dialogues entre participants aux séances de projection, prolongées par des séquences interactives en langues locales diffusées dans les radios communautaires.

Comme résultat attendu, au moins 75% des populations des sites des réfugiés centrafricains, des villages et des villes hôtes ayant suivi les projections des films éducatifs ont leurs connaissances améliorées sur les mesures de prévention des maladies diarrhéiques et le choléra.

Activités

L’équipe Espace lumière est chargée d’organiser des sessions de sensibilisation et de débats communautaires au travers des caravanes de véhicules sonorisés dans chaque site et village hôte pour sensibiliser les populations avant les débuts des projections, puis les séances de projection cinématographiques dans les sites de réfugiés et les communautés hôtes des régions de l’Est et de l’Adamaoua, suivi des quiz avec les participants. L’équipe travaillera également à la production d’une chanson et un clip vidéo inspiré du film «Siriri » sur la promotion de la paix.