Réfugiés au Cameroun: Le taux croissant inquiète l’ONU

L’Organisation des nations unies se dit préoccuper par la prise en charge des réfugiés centrafricains et nigérians au pays de Paul Biya.

La Communauté internationale a applaudi l’accueil par le Cameroun des réfugiés en provenance de la République centrafricaine et du Nigéria. Elle semble toutefois s’être désintéressée à l’évolution de la situation de ces derniers dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua, du nord et de l’Extrême-nord. Et c’est le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies, Stephen O’Brien qui tire la sonnette d’alarme. Vendredi dernier, ce dernier a appelé la communauté internationale à «accroitre son soutien à la réponse humanitaire au Cameroun, qui accueille plus de 310 000 personnes réfugiées ayant fui les conflits dans les pays voisins en République centrafricaine et au Nigéria». Par ailleurs, «le gouvernement du Cameroun et les communautés ont fait preuve de générosité en fournissant protection et assistance aux déplacés. La communauté internationale doit faire plus pour aider à soulager la souffrance de milliers de familles», ajoute Stephen O’Brien.

Un appel qui n’est pas un luxe. En effet, selon les données de l’Organisation des nations unies, depuis l’année 2014, le nombre de réfugiés hébergés par le Cameroun a été multiplié par quatre. Concrètement, le nombre total de réfugiés centrafricains au Cameroun est estimé (Onu) à 251 000 personnes. Selon cette même organisation, les attaques de la troupe à Shekau au Nigéria ont conduit au déplacement de plus de 150 000 réfugiés et déplacés internes camerounais dans la région de l’Extrême nord. Une situation qui s’est concrètement traduite sur le terrain par la création d’extensions dans les sites de réfugiés. C’est notamment le cas des camps de Gado Badzere dans la région de l’Est, de Borgop dans la région de l’Adamaoua et de Minawao dans la région de l’Extrême nord.

Insécurité alimentaire
Cet appel à l’aide de l’Onu repose également sur les risques de crise alimentaire aux portes de l’Extrême nord. «Les attaques à l’Extrême-Nord deviennent de plus en plus fréquentes. Des communautés entières ont été déracinées de leurs maisons. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu l’accès à leurs champs et à leurs pâturages à cause de l’insécurité. En plus de répondre aux besoins essentiels des personnes déplacées, je suis profondément préoccupé par une augmentation de l’insécurité alimentaire dans les mois à venir», a noté le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies. Une insécurité alimentaire qui ne devrait pas être solutionnée de si tôt par la Communauté internationale. En effet, l’appel de fonds de 264 millions de dollars, lancé par cette dernière pour la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le monde n’a trouvé pour écho que  27% de la somme demandée.