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Réforme administrative : les listes des fonctionnaires Fictifs Font Jaser

Réforme administrative : les listes des fonctionnaires Fictifs Font Jaser

Ils sont nombreux qui ne comprennent pas pourquoi ils se retrouvent dans cette situation.

Une foule converge vers l’entrée du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), ce lundi, 31 août 2015. Ils se ruent vers un babillard situé devant la cantine de la Mutuelle des personnels du Minfopra. Celui-ci est rempli d’affiches.

Sourcils froncés, visages serrés sur lesquels l’on observe de gouttes de sueur, sont les éléments que l’on remarque sur certaines personnes ici présentes. D’aucuns, après avoir pris connaissance des noms inscrits sur ces listes, prennent des notes. Mieux, passent des coups de fil. « Je sors du lycée comme ça, c’est ma collègue qui m’a informé, hier, qu’elle a lu mon nom sur ces listes. Donc, je suis personnellement venu vérifier», scande Nadine Jeanne, enseignante. D’autres vont jusqu’à dire que ce problème peut faire en sorte qu’ils ne perçoivent pas normalement leur salaire mensuel. Assis sur un carton au niveau de la photocopieuse qui se trouve près du portail, Roger, employé au ministère de la Santé publique (Minsanté), partage sa peine avec quelques usagers près de lui. «Je suis dépassé, car mon nom figure dans l’une des listes. J’ai des difficultés financières ces temps-ci. Passer des mois sans percevoir mon salaire me rend malade», explique-t-il.

Comme autre curiosité à mentionner sur cette liste, c’est sans conteste la mention du nom «Ateba Eyene Charles Sylvestre», suivi du matricule et du grade : inspecteur de la documentation. Pourtant ce personnage, connu pour ses sorties médiatiques et ses critiques acerbes contre le régime en place, est décédé en février 2014 des suites de maladie. Si des obsèques des personnes peu connues ont pu passer inaperçues auprès de la Fonction publique, ce n’est certainement pas le cas pour celui qu’on appelait «Le tara national».

En effet, d’après le communiqué du Minfopra datant du 19 août dernier, il s’agit là des noms d’agents publics qui sont en irrégularité au niveau du ministère de la Fonction publique. D’après l’interview de Chancel Ako Takem, secrétaire permanent à la réforme administrative accordée à nos confrères de Cameroon Tribune, l’on s’en prend « aux agents publics qui perçoivent des indemnités qui n’ont rien à voir avec leur situation administrative. Des personnes décédées dont les salaires continuent de passer et qui sont perçus par les membres de leurs familles en toute illégalité. Enfin, des gens qui ont abandonné leurs postes de travail et sont à l’étranger depuis des années, mais dont les salaires passent toujours par personnes interposées ».

Cette liste se situe dans le cadre de la mise en place de l’application des gestions des ressources humaines de l’Etat et de la solde, dénommé Système informatique de gestion intégré des personnels de l’Etat et de la solde (Sigipes) II. Grâce à l’extrait du fichier solde de la liste de tous ceux qui émargent au budget de l’Etat chaque mois et de celui du personnel qu’ont transmis les directeurs des ressources humaines au ministère de la Fonction publique, ce dernier a pu les confronter et ressortir cette liste de fonctionnaires fictifs, dénombrés à dix mille. Donc, pour régulariser cette situation, les personnes concernées doivent fournir plusieurs pièces au niveau de la Fonction publique.

Notamment, un dossier qui comporte le communiqué du Minfopra, le document relatif à la prise de service au poste, et de la présence effective. Sans toutefois oublier le contrat de travail pour les contractuels, afin de se faire identifier. Seulement, cet évènement est source d’ennuis pour beaucoup. «C’est la deuxième semaine au cours de laquelle je fais des déplacements pour le ministère de l’Education de base pour me faire identifier. C’est mon ministère d’origine, puisque je suis à présent au ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss). Mais, ils nous trimballent pour rien, vu que chaque fois que je viens, on me renvoie au jour suivant, et cela empiète sur mon emploi du temps», affirme un usager en colère.

 

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