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Réflexion sur la faiblesse des organisations contestataires de la Diaspora Camerounaise.

Réflexion sur la faiblesse des organisations contestataires de la Diaspora Camerounaise.

Il existe au sein de la diaspora Camerounaise disséminée un peu partout en Europe et aux Etats-Unis, une floraison d’organisations et d’associations plus ou moins identifiables, ayant pour objectif déclarée, la lutte pour l’instauration d’une véritable démocratie au Cameroun.

Ces organisations pour la plupart, doivent leur popularité à leur défiance vis –à- vis du régime de Yaoundé qu’elles jurent de faire tomber à tous prix et à tous les prix. On peut citer entre autre : CCD, CAMDIAC, CODE…

Si ces organisations ont le mérite d’exister, elles sont pourtant minées par un certain nombre de maux : Trahisons, guerres de leadership, égos surdimensionnés, manipulations, opportunismes, égocentrismes…Bref, ces organisations contestataires sont possédées par les démons de la division.

Ces différents travers affaiblissent leurs actions, brouillent leur image, interroge leur crédibilité ainsi que la capacité de leurs leaders à catalyser les énergies dispersées de l’opposition.

Le schisme observé ces derniers jours au sein du CODE donne un spectacle lamentable et affligeant. Ses pères- fondateurs se livrent une guerre sans merci par médias interposés où fusent : Déclarations incendiaires, noms d’oiseaux de toutes sortes, révélations troublantes et accusations gravissimes…

Or, la lutte pour le progrès nécessite le regroupement des énergies et la convergence des talents. Les véritables leaders qui ont réussi dans l’histoire à conduire leurs peuples vers la liberté n’ont pas seulement eu besoin de leur force de conviction ou du « supplément d’âme » dont parlait Bergson, mais aussi d’une sagesse faite de mesure et d’équilibre éclairée par la raison.

Nos leaders en sont-ils capables ? Peuvent-ils s’en inspirer ?

Le pouvoir de Yaoundé devrait regarder d’un air amusé cette bataille de chiffonnier qui fragilise davantage une organisation qui, il y a encore quelques jours constituait sa principale source de frayeur.

Par ailleurs, La trivialité de certaines prises de position observées ces derniers jours concernant ce sujet, constitue une offense à la morale et une agression contre l’intelligence.

Des déclarations qui se dégradent dans des attaques ad-hominem, laissant transparaitre la petitesse de leurs auteurs ramenés à leur dimension réelle ; celle des parvenus de l’esprit.

Des propos qui confortent ce que pensait déjà Franz Fanon lorsqu’il déplorait la psychologie vulgairement cosmopolite de certaines élites Africaines. L’écrivain Antillais disait de cette caste paresseuse qu’elle incarne dans l’histoire de l’Afrique, une parenthèse inutile.


On croyait qu’être intellectuel signifiait qu’on est forcément intelligent. Or nous constatons avec beaucoup d’étonnement ce qu’expliquait déjà NOAM CHOMSKY lorsqu’il disait de certains intellectuels, que leurs réflexions ne sont pas forcément plus lucides que les propos du cordonnier du coin.

Il apparait donc urgent pour les leaders du CODE de revenir aux fondamentaux qui ont fait leur succès auprès du peuple Camerounais, d’avoir le courage de tout mettre en œuvre pour éviter toute confusion de genre qui pourrait jeter l’opprobre sur la renommée historique de leur organisation, de taire les égoïsmes et les calculs mesquins et enfin de proposer au peuple Camerounais une démarche lisible de leur action.

C’est à ce prix et à ce prix uniquement que le CODE pourra retrouver son rayonnement et sa crédibilité d’antan.

 

 

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