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RÉCOMPENSES AU BIR : PANIQUE DANS LE COMMANDEMENT

RÉCOMPENSES AU BIR : PANIQUE DANS LE COMMANDEMENT

L’affaire fâche. Les militaires sont inconsolables quand ils ne sont pas dépités.

Quand il a appris que le chef de l’Etat a envoyé des fruits et légumes au front, un militaire, pourtant très flegmatique a explosé : « C’est tout ce qu’il a trouvé ? La honte ! », s’est-il écrié. Avant d’ajouter : « Ça décourage! », a poursuivi notre interlocuteur, qui redoute une accentuation de la frustration. A l’instar de nombreux militaires qui nous abordent depuis que le chef de l’Etat a signé des décrets octroyant des médailles de la vaillance à des soldats du Bir, la gêne est grande au sein de l’armée et de la haute administration camerounaise.

Selon nos sources, au début de l’affaire, il n’y a eu aucune malveillance. Le commandant de l’opération Alpha, pour rehausser le moral de ses troupes et les galvaniser alors que le front s’est quelque peu tiédi et qu’ils peuvent se laisser distraire, a proposé des récompenses pour certains de ses collaborateurs. Dans la liste qu’il a proposée, certains noms de soldats pourtant réputés pour avoir commis plusieurs actes héroïques à Amchidé, Kolofata, Achigachia, Daanga…, ne figurent par exemple pas. Ils avaient déjà cette médaille de la vaillance, a-t-on appris.

De même, le chef de l’opération et son adjoint d’alors n’ont pas été décorés. La proposition acheminée au palais d’Etoudi a tout de suite eu l’approbation du chef de l’Etat qui l’a signée. Sauf que la liste provient de Alpha, qui est une opération du Bir ; or le Bir n’en réfère pas toujours à l’état major des armées et partant au ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense. Ce qui fait que cette liste s’est retrouvée à la signature sans être forcément passée par Edgard Alain Mebe Ngo’o. C’est donc par estafette que le courrier serait arrivé sur le bureau du chef de l’Etat.

Est-il d’abord passé par l’état major particulier du chef de l’Etat ? Par le secrétaire général de la présidence de la République, qu’on a souvent vu arborant un t-shirt flanqué du sigle du Bir ? Des sources prétendent que la situation aurait pu être rattrapée à l’instant. Mais, il n’y avait pas de listes de candidats à la médaille prêtes à être signées. Pourquoi n’y a-t-il pas eu des propositions des autres chefs de corps pour honorer leurs soldats méritants ? Est-ce le conseiller technique, le général à la retraite israélien, Avram Heres, qui est le vrai patron du Bir et de la garde présidentielle, ainsi que tout le monde le sait à Yaoundé, qui a personnellement porté la chemise contenant lesdits décrets ?

Beaucoup penchent pour cette dernière hypothèse. Ils se fondent sur le fait que le conseiller israélien est très écouté de Paul Biya. Il est de plus très peu coutumier des moeurs politiques camerounaises. N’empêche, selon nos sources, des instructions auraient été données afin que réparation soit faite. Une grande agitation est observable au cabinet du Mindef, qui a la charge de rattraper in extremis une situation qui peut devenir explosive si on n’y remédie au plus vite.

 

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