camernews-vincent-fouda-patty

Réaction de Vincent Sosthène FOUDA Président du MCPSD aux vœux du Président Paul Biya, « des vœux anxiogènes pour le peuple camerounais… »

Réaction de Vincent Sosthène FOUDA Président du MCPSD aux vœux du Président Paul Biya, « des vœux anxiogènes pour le peuple camerounais… »

Par respect pour la fonction présidentielle, les vœux du Président Biya doivent avant tout être perçus comme un message traditionnel et institutionnel, et il ne s’agit pas de douter de la volonté du président de projeter le Cameroun vers une émergence en 2035,

Par respect pour la fonction présidentielle, les vœux du Président Biya doivent avant tout être perçus comme un message traditionnel et institutionnel, et il ne s’agit pas de douter de la volonté du président de projeter le Cameroun vers une émergence en 2035, d’améliorer la situation de la jeunesse confrontée au problème du sous-emploi et du chômage, de remplir le panier de la ménagère hélas trop souvent vide depuis des années voire des décennies. Mais si ces vœux étaient sincères, pendant 22 minutes, nous avons découvert le triomphe de la stérilité. Le Président de la République n’assume pas ses échecs, il s’est comporté en véritable récidiviste de l’inertie, prouvant si besoin est encore qu’il préfère s’interroger que d’agir, qu’il est impossible pour lui de tracer un chemin, d’être un capitaine ayant bien les mains fermes sur le volant du navire. Les vœux du Président ont été anxiogènes pour beaucoup de Camerounais car il n’a annoncé qu’un énième acte au contenu et aux retombées purement hypothétiques.

Le Président de la République a eu des oublis freudiens sur des sujets essentiels qui préoccupent le peuple camerounais. Beaucoup de camerounais attendent des réponses sur la base militaire française à Ngaoundéré, entant que Ministre de la Défense et principal artisan de la diplomatie camerounaise il aurait dû se prononcer. Le Président de la République ne mesure rien de la colère et des attentes des Camerounais. Comment expliquer qu’il soit resté silencieux face au problème que pose la fermeture des frontières dans la sous-région de l’Afrique Centrale ?

Le Président de la République a tourné en rond, revenant sans cesse sur les mêmes propos que le 31 décembre 2012, que le 31 décembre 1989, nous pourrons remonter le temps ainsi. Quid de la crise du logement et du bâtiment ? De nombreux camerounais avec un salaire minimum de 28 000 ne sont plus capables de se loger, la crise de l’eau et de l’électricité dans notre pays a atteint un niveau inégalé depuis 40 ans ! Il a parlé des « motifs de satisfaction, ouvrant ainsi la voie à de belles perspectives d’avenir » à un peuple assoiffé et affamé depuis trop longtemps et pour paraphraser le poète Aimé Césaire puisque le Chef de l’Etat a convoqué le Viel Horace dans sa célèbre phrase « Je ne vous demande ni sueur, ni sang, ni larmes, mais seulement de vous engager sans réserve dans cette nouvelle phase de notre grand dessein national ». Oui pour paraphraser Aimé Césaire, le Chef de l’Etat tambourine depuis trop longtemps le crâne tondu du peuple camerounais mais il oublie que c’est dans les marais de la faim que s’est enlisée sa voix d’inanition. Le peuple inerte, si étonnamment muet ne l’écoute plus parce qu’ils ne sont pas dans le même monde depuis longtemps.

camernews-Vincent-Fouda

camernews-Vincent-Fouda