Réaction de Vincent-Sosthène FOUDA à l’annonce du décès du Dr Abel EYINGA

Réaction de Vincent-Sosthène FOUDA à l’annonce du décès du Dr Abel EYINGA

Abel Eyinga est pour nous le plus formidable amour de la liberté, son nom est étroitement lié au défi de l’oppression. Brillant universitaire au moment où le Cameroun en comptait très peu avec Zang Atangana, qui repose au cimetière de Saint Germain en Laye à Paris, Abel Eyinga est l’homme d’Etat que le Cameroun a raté. Il n’a jamais cessé de revendiquer les droits de la conscience morale individuelle et collective, à défendre les droits humains partout où ils étaient menacés, à commencer ici au Cameroun, son pays, à Alger où il fut enseignant. Il s’est toujours astreint à défendre l’Etat de droit et le concept de responsabilité individuelle, conditions d’une restauration de la confiance dans la parole publique.

Abel Eyinga a été pour plusieurs générations, celle de nos parents, la nôtre, ceux qui l’ont connu et lu, un inspirateur et un repère. Il représentait le plus formidable amour de la liberté. Il a eu un parcours assez original, brillant chef de bureau du premier ministre Charles Assalé, il partira de là pour défier le président Ahmadou Ahidjo avant de connaître l’exil. Chaque fois que j’ai écouté Abel Eyinga, il m’a donné l’impression qu’il s’est engagé comme s’il ne pouvait pas faire autrement dans la défense des valeurs de la liberté et de la citoyenneté.

Abel Eyinga laisse dans l’histoire le souvenir exemplaire d’un homme qui avait fait de ce qu’il nommait la politique antipolitique un instrument implacable de libération et de progrès. Parce qu’il était de ces hommes trop rares qui donnent à l’engagement public toute sa noblesse, nous lui devons admiration, et nous tâcherons de demeurer fidèle. Au moment où nous assistons à des replis identitaires et régionaux, Abel Eyinga a su s’adresser à tout le Cameroun. Maintenant il est avec Mongo Beti.

camernews-Vincent-Fouda

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