RDC: 38 nouveaux charniers

Ces nouvelles découvertes font passer à 80 le nombre total de fosses communes déjà recensées dans le Kasaï depuis près d’un an.

La région du Kasaï en République démocratique du Congo n’arrête pas d’alimenter la chronique. Le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’Homme (BCNUDH) et la Cellule d’appui aux poursuites, constituée de procureurs civils et militaires congolais dont la mission est d’enquêter sur les crimes de guerre dans le pays, ont recensé les 4 et 7 juillet dernier 38 nouvelles fosses communes. Faisant ainsi passer à 80 le nombre total de charniers déjà recensés depuis août 2016 lorsqu’éclatait la rébellion Kamwina Nsapu dans cette partie de la RDC, à la suite de la mort du chef coutumier du même nom qui s’opposait aux autorités de Kinshasa. Selon les enquêteurs, les macabres découvertes ont été faites dans les localités de Diboko et de Sumbula.

Du côté de l’Organisation des Nations unies, le défi maintenant va consister à identifier les victimes et les auteurs de ces crimes. Dans le Kasaï, l’armée est pointée du doigt par les populations. D’après plusieurs témoignages, des camions militaires seraient venus jeter nuitamment des corps sans vie plusieurs jours durant. Même son de cloche au sein de la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) qui a accusé à maintes reprises l’armée congolaise d’usage abusif de la force contre l’insurrection. «Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte  contre la rébellion Kamwina Nsapu, mais qui a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua», dénonçait alors en mi-juin Zeid Ra’ad al-Hussein, le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme. Selon un récent rapport de l’église catholique congolaise, ce conflit a déjà fait près de 3 300 morts et poussé près d’un million et demi de personnes au déplacement. Les autorités congolaises, elles, démentent ces allégations qu’elles qualifient de «campagne de violations des droits de l’Homme systématique dans cette région» et évoquent plutôt  des «incidents isolés».