RCA: Touadéra, un an après

Le président centrafricain a fait hier à Bangui une évaluation de ses douze premiers mois au pouvoir.

Un an après son investiture, le président centrafricain a fait une sortie médiatique pour dresser un premier bilan de son action à la tête de la République centrafricaine. Dans un entretien exclusif accordé à Radio France Internationale (RFI), Faustin Archange Touadéra est revenu sur la situation sécuritaire et humanitaire actuelle, les médiations de paix étrangères et les financements promis par les bailleurs de fonds et autres partenaires en mi-novembre 2016 en Belgique en vue du relèvement de la Centrafrique.
Au plan sécuritaire, le président centrafricain fait savoir que des pourparlers sont en cours avec les groupes armés à travers un Comité consultatif et de suivi, une sorte de plateforme d’échanges entre gouvernement, rebelles et partenaires. «Aujourd’hui, il y a des avancées puisque les quatorze groupes identifiés acceptent de rentrer dans ce processus. Mais nous regrettons qu’ils continuent à se battre dans les différentes régions du pays», a-t-il affirmé. Au sujet de l’amnistie demandée en faveur des seigneurs de guerre, il dit ne s’en tenir qu’à la volonté du peuple centrafricain souverain. «Depuis le forum de Bangui, il y a eu des résolutions claires là-dessus : impunité zéro. Pendant la transition, la loi a fixé une Cour pénale spéciale. Nous sommes en train de mettre en œuvre cette Cour (…) Nous sommes en train de préparer les juges qui vont travailler dans ce cadre-là, et aussi le peuple qui réclame réparation. Qui dit réparation, dit justice», précise-t-il.
Quant à la formation en cours des Forces armées centrafricaines (FACA), Faustin Archange Touadéra relativise. «C’est une très bonne formation, mais les instructeurs sont en nombre insuffisant. Nous pensons qu’il faut encore des efforts parce que, à ce rythme-là, nous allons avoir une armée au bout de cinq ans, six ans», a-t-il fait savoir. M. Touadéra souhaite pour cela une levée rapide de l’embargo sur les armes qui pèse sur son pays. «C’est effectivement une priorité. Si on forme des militaires, il faut leur donner les outils de travail, les moyens légaux pour leur permettre de remplir leur mission», lance-t-il.
Sur la question du financement du Plan de redressement de la Centrafrique, il confirme avoir déjà obtenu une partie des 2,2 milliards de dollars promis par les donateurs en Belgique.

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