Rapprochement entre le Conseil national de la communication et le Syndicat national des journalistes

Au Cameroun, le Conseil national de la communication (Cnc) est en campagne auprès des organisations professionnelles de la presse. D’où ce dîner partagé à Douala, la capitale économique, avec le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc). Cette rencontre marque un rapprochement entre les 2 organismes qui, jusqu’ici, se regardaient en chiens de faïence.

Le Snjc a toujours refusé de reconnaître le Cnc, dénonçant le fait que cet organe de régulation ait été créé de manière unilatérale par le gouvernement. Par ailleurs, aucun de ses membres n’est désigné par la presse, même pas ses supposés représentants contrairement à ce qui se fait dans d’autres pays. L’ensemble du conseil est donc nommé par le président de la République. Le Snjc a toujours considéré le Cnc comme un instrument pour légitimer la répression des médias au Cameroun. D’ailleurs, toutes les sanctions prononcées par le régulateur sont systématiquement rejetées par le syndicat.

Au cours du dîner du 10 juin 2016, le président du Cnc, Peter Essoka, a émis le vœu de travailler avec le Snjc, regrettant le fait qu’il y ait eu « un malentendu », le Conseil ayant toujours été perçu comme celui avec « le marteau toujours prêt à frapper ».

En réponse, le président du Snjc, Denis Nkwebo (photo), a réitéré la position du syndicat : « le Snjc n’a pas encore et ne va certainement pas décider d’un cadre de collaboration avec le Cnc pour la simple raison que les décisions du Cnc sont objectivement en opposition avec les principes que notre syndicat défend. »

Toutefois, le Cnc et le Snjc sont d’accord qu’il y a un besoin d’encadrement des professionnels de la presse. Les 2 organismes revendiquent l’application de la convention collective des journalistes et des professionnels des métiers connexes de la communication sociale au Cameroun, un texte signé depuis le 12 novembre 2005. L’aide publique à la presse privée doit aussi être repensée, s’accorde-t-on.