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Racolage sur Chantal BIYA: Comment Jeune Afrique se venge sur le Cameroun

Le magazine panafricain basé à Paris a consacré un prétendu portrait mièvre à la première dame, sur fond de clientélisme, de chantage et de sabotage.

Le dernier coup de Jeune Afrique sur le Cameroun est du genre fumeux. C’est un mélange de pipole de caniveau et de voyeurisme crade. Le sujet phare propose une «Chantal Biya sans fard». La nover» présente, de profil, une image qui se veut avantageuse de l’intéressée. Elle est forcément attrayante, pour ne pas dire un brin racoleur.

En quatre pages de textes et photos, sept, au total, Chantal Biya est dépeinte comme une femme au «look volontiers excentrique», derrière qui se cache une «une première dame pas comme les autres». On annonçait des révélations sur «celle que l’on surnomme Chantou». Mais, c’est un ramassis de lieux communs et d’évidences qu’on découvre, à la lecture de l’article signé Clarisse Juompam-Yakam. Ceux qui s’intéressent tant sur le plan national qu’international, à la vie du couple présidentiel camerounais, n’y apprendront rien de nouveau. Ou, plutôt, découvriront une effrontée qui «a bousculé les codes, construit son réseau et érigé son propre système, devenant une véritable actrice de l’ombre de la vie politique camerounaise, capable de faire et de défaire des carrières». Chantal Biya, apprend-on, «veille à la promotion des siens». On la dit «de l’est du Cameroun», qui serait «sa région d’origine». Nous la croyions certes née a Dimako (Est), mais la pensions originaire du Centre (Nanga Eboko)!

Et, malgré tout le pouvoir que lui prête JA, «son emprise sur son Président de mari a des limites». Chantal Biya aurait ainsi «joué un rôle dans l’éloignement d’Alain Mebe Ngo’o du cabinet civil de la présidence en 2004, mais n’a pu obtenir le même résultat avec son remplaçant, Martin Belinga Eboutou, avec qui elle entretient des relations tendues».

On nage ici en plein paradoxe. Avec un Edgard Alain Mebe Ngo’o «chassé» du cabinet civil, et donc en disgrâce, mais à qui, curieusement, Paul Biya confie successivement les rênes de la Police et de l’Armée. De même, J.A ignore royalement que Martin Belinga Eboutou est le prédécesseur d’Edgar Alain Mebe Ngo’o dans cette administration de la présidence de la République. Le successeur d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, au cabinet civil, est plutôt Jean Baptiste Beleoken. Si donc, pour JA, qui à l’observation, semble se perdre dans sa propre prestidigitation, le ministre directeur du cabinet civil «ne serait pas dans les bonnes grâces de la première dame», Martin Belinga Eboutou est pourtant connu pour être l’un des — rares — confidents du Président Biya. De l’art de fabriquer la confusion.

On passera volontiers sur d’autres inepties de la même veine qui prouvent bien que, non seulement le magazine panafricain, sous le prétexte d’un portrait de Chantal Biya, garde une dent très dure vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé, mais aussi, l’hebdomadaire de Béchir Ben Yamed semble obsédé par l’envie de créer la zizanie au sein du couple présidentiel camerounais. Cette approche pernicieuse apparaît clairement dans son présumé «portrait» de la première dame. Mais, aucun crime n’étant parfait, le malfaiteur laisse toujours quelques indices sur la route qui finissent par le confondre.

Rancune tenace

En effet, au départ de la rancune que semble entretenir le groupe de Béchir Ben Yahmed — dont fait partie J.A — à l’endroit du Cameroun, se trouve une sombre histoire de factures impayées estimées à 650 millions de FCFA. L’Agence internationale, pour la diffusion de la communication (Difcom) aurait ainsi effectué d’obscures prestations dont la note, bien que tardivement, avait été, apprend-on de bonne source, réglée. Les écrits de J.A. sur le Cameroun, depuis lors, ont des allures de représailles teintées de chantage.

Cette fâcheuse tendance pour le règlement de comptes fut également dénoncée, voici quelque trois ans, par la presse camerounaise. A l’époque, c’est l’alors le président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), Antoine Tsimi, qui était sur la sellette. Jeune Afrique, avec force fac-similés gracieusement reçus de mains vengeresses, avait consacré une série de «révélations» sur sa gestion, qu’il jugeait calamiteuse.

Plus tard, on apprendra que l’ire de J.A était suscitée par le refus du Camerounais de céder aux pressions de l’agence Difcom, portant sur un marché de 400 millions FCFA pour la réalisation d’un supplément de J.A consacré à la Cemac. Interrogé sur le sujet, le directeur de la rédaction, du journal, François Soudan, usa de l’esquive sans pour autant dissiper soupçons de chantage: «Il faut bien comprendre que la rédaction (J.A) et la publicité (Difcom) sont deux entités étanches l’une de l’autre et que la première ne connait pas les initiatives de la seconde, ni n’est influencée par elle.

Renseignement pris à posteriori, Difcom était effectivement en contact avec la présidence de la Cemac pour une série de messages publicitaires et ces contacts, contrairement à ce que vous dites, évoluaient de façon positive. S’ils ont été rompus, c’est suite à la publication de notre enquête et non l’inverse».

Sur notre pays, M. Soudan eut la même posture ambiguë: «II n’y a aucun problème particulier entre le gouvernement camerounais et JA. Je ne vois d’ailleurs pas en quoi ce gouvernement serait plus concerné par cette affaire que ceux des six autres pays membres de la Cemac. Pour le reste de votre question, je vous renvoie à ma première réponse: si tant est que cette histoire abracadabrantes que de factures existe, la rédaction de J.A en ignore tout.» Les méthodes abjectes de J.A publication ont été décortiquées par le journaliste français Vincent Hugeux, dans un livre à charge intitulé: «Les sorciers blancs. Enquête sur les faux amis français de l’Afrique», dont La Météo publie quelques bonnes feuilles.

René Atangana

Enquêtes et quête: Quelques récents titres de JA sur le Cameroun, synonymes d’acharnement médiatique

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