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Qui nous gouvernent ?

Qui nous gouvernent ?

Déjà à son époque, Nicolas Machiavel se préoccupait de la question lancinante et ô combien importante de ces hommes qui ont dans leurs mains, le destin des peuples. Cette question le taraudait tellement qu’elle l’amena à lui consacré un livre : Le Prince. Oeuvre célèbre que l’on dit même être le livre de chevet de nombreux chefs d’Etats du monde, dans laquelle, le philosophe florentin dit ce qui suit, par rapport aux choix des hommes qui entourent nos gouvernants : « Il n’est pas de peu d’importance qu’un prince sache bien choisir ses ministres, car, selon sa prudence, ils seront bons ou mauvais. Et l’on peut juger de la cervelle d’un seigneur rien qu’à voir les gens dont il s’entoure. Quand ils sont compétents et fidèles, on peut croire à sa sagesse, puisqu’il a su les reconnaître compétents et les maintenir fidèles ; mais s’ils sont le contraire, on peut douter de ce qu’il vaut lui-même, puisque la première erreur qu’il commet réside dans ce choix. »

C’est à croire qu’à notre époque, la question se pose toujours et encore, et suscite non seulement de nombreuses interrogations mais inspire aussi. La preuve, s’il en fallait nécessairement une. Cette floraison de titres, dont certains sont des succès d’édition, dans les librairies: « Ces fous qui nous gouvernent : comment la psychologie permet de comprendre les hommes politiques de Pascal de Sutter ; et, Ces dépendances qui nous gouvernent : comment s’en libérer de William Lowenstein et Dominique Rouch : Ces malades qui nous gouvernent de Pierre Accoce et Pierre Rentchnick.

Un tout petit échantillon d’auteurs qui se sont récemment penchés sur l’état psychique et physique de ceux qui ont en charge les affaires de la cité à notre époque, même dans les pays du nord où l’on semble avoir compris que tous les fous ne sont pas forcément dans les asiles. Et plus grave encore que, même en dépit de toutes les dispositions institutionnelles et même cliniques dont se sont dotés et entourés ces pays, rien n’exclu qu’un malade mental, dans la pire des hypothèses, ou physique, dans le meilleur des cas, ne se retrouve aux commandes en France, aux USA, en Grande Bretagne, etc. Cette liste n’étant pas exhaustive, mais simplement indicative. Pourquoi dans ce cas, l’Afrique ne devrait-elle pas elle aussi se poser la question de savoir si elle est dirigée par des hommes et femmes sains de corps et d’esprit. Au nom de quoi le risque zéro devrait-il lui être garanti ? Et pourquoi devrait-elle être épargnée par le syndrome de la démence ou du mal physique qui pourrait frapper ses dirigeants et, pourquoi, concrètement, les pays qui la composent ne pourraient-ils pas se retrouver avec à leurs têtes des malades psychiques ou physiques ? C’est une simple question qui doit relever du bon sens car, l’on n’est pas plus malade au Nord qu’au Sud à notre époque où, l’on est loin d’avoir répertorié toutes les pandémies physiques et psychiques dont souffrirait la gente humaine. On pourrait ou devrait même plutôt, croire le contraire. Les causes de nos malheurs et de nos retards, seraient alors, plus nombreuses que nous ne l’imaginons. Hélas.

Après la lecture de l’extrait du prince de Nicolas Machiavel qui précède, le débat devrait être clos sur la valeur des présidents africains.

 

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