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Qu’est-ce qui peut bien expliquer le silence des autorités camerounaises sur l’affaire de l’enlèvement et l’assassinat de Guerandi ?

Qu’est-ce qui peut bien expliquer le silence des autorités camerounaises sur l’affaire de l’enlèvement et l’assassinat de Guerandi ?

A ce jour, nous savons tous que Guerandi Mbara Goulongo,n’est visible nulle part, ni à Ouagadougou, ni en France, ni à Bruxelles, ni à Washington…. ni ailleurs. Qu’est-il advenu de celui que l’on présente comme un ex-putschiste mais qui a bénéficié avec d’autres de la loi d’amnistie de 1990? Depuis l’accusation du pouvoir en place par les médias d’avoir enlevé et assassiné le capitaine Guérandi, le silence des autorités de Yaoundé  pourrait être interprété comme un aveu tacite.

Autour de la famille et des amis dits proches de Guerandi, c’est le silence total. «Pourquoi la famille de Guerandi n’a-t-elle pas donné l’alarme dès lors que l’absence et le silence de son chef devenaient plus longs que les séjours trimestriels réguliers auxquels l’intéressé l’avait habituée?» se demandait récemment l’opposant Ndzana Seme sur sa page facebook .

Pour l’heure, le gouvernement camerounais devrait siffler la fin de la recréation, sinon, ce que l’on pense de lui s’avererait fondé

Il y a dans l’histoire de notre pays et surtout sur le règne de Paul Biya, une mare de sang de crimes non élucidés. Engelbert Mveng, Mgr Yves Plumey, les Soeurs religieuses de Ndjoum, la série noire des assassinats avec le massacre des nordistes en 1984, suite au coup d’Etat manqué par les loyalistes du Président Ahmadou Ahidjo. Les charniers du massacre des « Maguidas » sont localisés à Mbalmayo

Le 25 octobre 1988, l’abbé Joseph Mbassi, directeur de L’Effort camerounais, journal catholique, est retrouvé assassiné chez lui à Yaoundé. Rien n’a été volé.

Le 30 octobre 1988, Me Ngongo Ottou, avocat réputé, proche du clergé catholique est agressé chez lui à Yaoundé. Sportif très entraîné, il se défend et met en fuite ses agresseurs mais, grièvement blessé il est transporté à Paris où il décède le 13 novembre. Le pouvoir camerounais s’est occupé de son évacuation et de ses obsèques. La famille sera tenue à l’écart. Les auteurs courent toujours.

On attribue au pouvoir politique ces deux assassinats. L’abbé Mbassi enquêtait sur différents trafics.

Le 3 septembre 1991, Mgr Plumey, évêque français qui a passé toute sa vie au nord Cameroun et est à la retraite, est retrouvé chez lui, à Ngaoundéré, nord Cameroun, étranglé dans son lit. Pas de vol. Son gardien et son chauffeur sont arrêtés. L’enquête stagne. Aucun procès n’aura jamais lieu. Il était en contact avec le chef de l’État camerounais. On pense aussi qu’il était en relation avec les services français.

En août 1992 deux religieuses françaises vivant à Djoum, dans le sud-est du Cameroun, sont retrouvées dans la brousse près de leur demeure, affreusement frappées à mort et violées. Rien n’a été volé chez elles. On accuse un jeune homme de leur entourage qui est arrêté. Il sera libéré par la suite mais cela a permis à Juppé, ministre français des Affaires étrangères d’affirmer que l’enquête était close. Aucun procès n’a jamais eu lieu.

Tous ces assassinats ont d’évidents point communs dans leur déroulement et dans leurs suites. Le pouvoir camerounais manque d’imagination mais pas d’efficacité dans l’impunité.

On ne le dira jamais assez, Jeune Afrique a jeté un pavé dans la marre. Ceci, en relatant les circonstances dans lesquelles Guerandi Mbara a été capturé par les services secrets camerounais puis acheminé au Cameroun  où, d’après le récit du magazine panafricain, il aurait été soit assassiné soit gardé au secret.


Le pouvoir camerounais a l’obligation d’apporter des éléments de réponse relativement à une affaire qui semble constituer la goutte d’eau de plus dans le verre remplie de crimes, massacres et autres coups tordus que le pouvoir en place au Cameroun accumule chaque jour un peu plus.

Mais qu’est-ce qui peut bien expliquer voire justifier le silence des autorités camerounaises sur l’affaire de l’enlèvement et l’assassinat de Guerandi Mbara ? Telle est la question de la semaine.

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