Quand les inondations empêchent la progression de Boko Haram

Quand les inondations empêchent la progression de Boko Haram

La progression de la secte islamiste dans la zone du Lac Tchad qu’elle souhaite ériger en sanctuaire pourrait être bloquée par des aléas climatiques : les inondations. Alors que les pluies sont encore rares, les rares gouttes qui tombent rendent déjà, dans la zone, les mouvements de la secte difficiles. Leurs véhicules pick-up 4X4 ne s’aventurent plus en certains endroits de crainte qu’ils n’y s’embourbent. De même, les motos, fer de lance de leur doctrine militaire basée essentiellement sur la mobilité, ont bien du mal à circuler.

«Lorsque les grandes pluies vont tomber, Boko Haram va abandonner d’elle-même certains villages frontaliers où il mène d’incessantes incursions», estime un habitant de Darak. Sauf à livrer une bataille de positions pour laquelle ses éléments ne peuvent faire le poids face à la puissance de l’armée. En attendant, les éléments de la secte continuent de semer la désolation dans certains villages de l’arrondissement de Darak, notamment ceux rétrocédés au Cameroun par le Nigeria après l’arrêt de la Cour international de justice de la Haye au terme de l’affaire Bakassi.

C’est ainsi que le 1er août 2014, dans le village dénommé Ndjibounika, non loin de Darak, ils ont rassemblé toute la population au sortir de la grande prière du jour, et se sont mis à prêcher. Dans la foule venue à la convocation, se trouvaient deux chrétiens qui ont été tués sur place devant tout le monde. «Ils essaient de semer la discorde entre les religions. Ici, nous vivons dans la tolérance car les populations sont de diverses nationalités. Malgré les agissements de ces gens, nous allons continuer à entretenir l’harmonie entre les populations», explique Issiakou, commerçant de poissons à Darak.

Selon des sources locales, les pluies pourraient aussi perturber les opérations de l’armée dans l’arrondissement de Hilé Alifa où des ratissages sont attendus après les dernières batailles du 24 et 25 juillet 2014. En attendant, plusieurs villages désertés par les populations ont déjà les pieds dans l’eau.

camernews-Innondation-Cam

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