Protection des enfants dans les médias: haro sur les images indécentes

Un séminaire ouvert à l’intention des journalistes par le Conseil national de la communication lundi à Yaoundé.

La sonnette d’alarme est tirée par le Conseil national de la communication (CNC). L’instance veut mettre un terme à la diffusion d’images choquantes par les médias à longueur de journée, sans tenir compte des enfants. « Trop c’est trop. Cette initiative du CNC est à saluer. Les vidéogrammes obscènes diffusés sur la chaîne « Trace » par exemple sont à déplorer. N’en parlons plus des images des faits divers où on montre des personnes brûlées vives sans préparer le téléspectateur. En plus de cela, aucun film camerounais ne porte la mention interdit au moins de 10 ou 12 ans comme on le voit ailleurs. Résultat, nos enfants copient bêtement tout ce qu’ils visionnent sur le petit écran », relate Annie Ondja’a, parent et assistante sociale. « Les images des personnes mortes me donnent  toujours la nausée, et me provoquent des cauchemars. A la maison, il n’y a qu’un téléviseur et nous sommes obligés de regarder les films avec les adultes parce qu’ils ne nous donnent pas l’occasion de regarder les dessins animés », confie Gilles Tony Ada Ntsengue, député junior de la région du Centre, âgé de 13 ans et élève en 4e au Collège Jean Tabi. Un autre enfant d’ajouter que « lorsqu’on montre deux personnes qui s’embrassent, c’est chaque enfant qui ferme les yeux lorsque les parents emportés par le suspense oublient de zapper ». Ce sont là des clichés auxquels sont exposés les enfants dans la diffusion des programmes d’information et de divertissement sur les chaînes de télévision camerounaises.

Pour remédier à de telles dérives, le CNC organise depuis lundi à Yaoundé un séminaire national sur la protection de l’enfance dans les médias. A cette cérémonie placée sous le haut patronage du Premier ministre, chef du gouvernement, représenté par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, il a été question d’interpeller les professionnels des médias sur le choix de ce qui doit être diffusé à l’endroit des enfants. « Si rien n’est fait aujourd’hui, demain il sera trop tard. Protégeons nos enfants », a rappelé le vice- président du CNC, Peter Essoka. Le ministre Issa Tchiroma Bakary a invité les médias à plus de sensibilisation et d’information du public sur la protection des enfants. Selon lui, avec l’avènement de la Télévision numérique terrestre (TNT), il devient plus qu’important,  voire impératif pour les producteurs de prendre en compte les valeurs sociétales. Ceci afin d’éviter les effets pervers de la mondialisation, l’aliénation culturelle et les déviances morales.

Pour mieux outiller les participants, un bref aperçu des images diffusées dans les différentes chaînes au cours des journaux télévisés, documentaires, séries ont été projetées afin d’éveiller leur conscience. Car, c’est généralement en faisant une introspection qu’ils vont mieux intégrer la lourde mission de protection de l’enfance qui leur incombe désormais. Pendant deux jours, les participants venus des dix régions vont examiner et analyser les éléments qui leur permettront d’élaborer un guide stratégique des médias en vue de la protection des enfants au Cameroun.