PROJET SUCRIER DE L’EST : « LE MINISTRE BONDÉ EXIGE SA PART »

PROJET SUCRIER DE L’EST : « LE MINISTRE BONDÉ EXIGE SA PART »

Le promoteur du projet sucrier de l’Est-Cameroun rompt le silence et jette une lumière crue sur les manœuvres du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique et d’autres membres du gouvernement pour torpiller le projet à défaut de se l’approprier.

DIEUDONNÉ DONG THRY DONG, «Le ministre Bondé exige gratuitement 25 % des actions d’une valeur de 3,75 milliards »

Le 20 novembre 2014, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Emmanuel Bondé, qui avait déjà résilié en avril le protocole d’accord vous liant à L’Etat a publié d’un appel à manifestation d’intérêt pour la «sélection d’un investisseur privé, en vue de la création et de l’exploitation d’un complexe agroindustriel sucrier dans l’interzone Bertoua-Batouri dans la région de l’Est ». Un projet qui devait en principe être réalisé par vous. Doit-on comprendre que Justin Sugar Mills a définitivement jeté l’éponge?
Merci de me donner la parole pour une fois. Je serai clair, concis, véridique et sans flatterie. Peut-être choquant! Au nom de Justin Sugar Mills S.A. Cameroun, je tiens à exprimer mon indignation face aux déclarations aussi bien désespérées que peu considérées de monsieur Emmanuel Bondé, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique à travers son appel à manifestation d’intérêt pour la sélection d’un investisseur privé. Je suis citoyen camerounais, originaire de la Région de l’Est, j’ai commencé à investir dans mon pays. Alors je reste et Justin Sugar Mills poursuivra comme prévu le projet du complexe agro-industriel sucrier dans l’interzone Bertoua-Batouri.L’administration étant écrite, l’Etat du Cameroun ne nous a jamais signifié la résiliation du protocole d’accord du 13 avril 2012 qui nous confère d’ailleurs l’exclusivité pour la réalisation du projet sucrier dans la Région de l’Est sur une période de 10 ans. Nous exigeons donc la cessation des troubles par le ministre Emmanuel Bondé au nom de l’Etat et la poursuite par Justin Sugar Mills de ses activités dans le respect de l’agrément.

Pour justifier son choix de résilier le protocole d’accord avec Justin Sugar Mills, le ministre s’est appuyé sur «des dysfonctionnements (relevés par le cabinet international d’audit Ernst & Young) dans l’application dudit protocole d’accord, de même que dans la réalisation du projet, qui n’ont pas permis une mise en oeuvre effective et adéquate de celui-ci». Avez-vous pris connaissance du rapport du cabinet d’audit ?
Justin Sugar Mills Cameroun, une société anonyme privée, n’a pas d’accord de collaboration avec le cabinet Ernest & Young. A cet effet, ce cabinet ne peut se prévaloir de disposer des éléments comptables réels pour effectuer un véritable audit dans notre structure. En plus, ce cabinet ne s’était jamais rapproché de moi, administrateur de JSM, pour obtenir les éléments requis. En conclusion, leur rapport ne nous intéresse point. Déjà en 2013, le ministre Bondé avait présenté au Premier ministre, M. Philemon Yang, et aux membres du gouvernement, comme à son habitude pour m’accuser, un audit falsifié au nom du cabinet KPMG qui heureusement ne le reconnaissait pas et l’avait qualifié de faux.

Qu’est-ce qui explique les dysfonctionnements dans l’application du protocole d’accord et le retard observé dans la mise en oeuvre du projet ?
Déjà, le protocole d’accord engage les 2 parties signataires. Je répondrai d’abord à la 2eme partie de votre question pour préciser que le retard dans la mise en oeuvre de notre projet provient du fait que le ministre de l’Industrie, au nom de l’Etat camerounais, s’évertue à intimider et noircir JSM auprès des banques locales et internationales intéressées par notre projet contrairement aux engagements définis par le Cameroun. Le ministre Bondé avait juré et promis d’ailleurs durant une réunion officielle que le projet Justin Sugar Mills ne verra jamais le jour tant qu’il restera ministre de l’Industrie. Nous détenons des preuves écrites.

Alors nous attendons qu’un jour les choses s’améliorent. D’ailleurs, certains projets industriels d’envergure dont les promoteurs étrangers avaient été officiellement reçus par le président de la République subissent les assauts semblables du ministre de l’Industrie et ceux-ci craignent de dénoncer son attitude. S’agissant du premier volet de cette question, le premier dysfonctionnement dans l’application du protocole d’accord est le fait que M. Emmanuel Bondé, le ministre des Mines et de l’Industrie, m’impose le recrutement de sa femme, Mme Marthe Bondé, au poste de directrice générale de Justin Sugar Mills S.A Cameroun avec un salaire mensuel de 10 millions FCFA et les avantages appropriés, proposition que je décline et l’engage plutôt comme directrice de l’environnement et du développement social avec un salaire mensuel de 1 000 000 FCFA en attendant.

Celle-ci démissionne donc de la CNPS où elle aurait travaillé pendant plus de 20 ans et nous rejoint. Le deuxième dysfonctionnement concerne l’utilisation du montant de 562 500 000 FCFA représentant le quart des prises de participations des 11 communes que nous verse le FEICOM. Le ministre nous exige, avec son neveu, actuel directeur de l’Industrie, M. Martin Mindjos, une commission de 80 millions FCFA pour s’acheter un véhicule de marque Prado. Evidemment je rejette cette proposition. Je ne comprenais rien à la requête du ministre Bondé car le directeur général du Feicom et son personnel, le Premier ministre, le Minatd M. Sadi, les maires ainsi que M. Janvier Mongui Sossomba, président de la Chambre d’agriculture qui s’étaient directement impliqués pour que le paiement soit expéditif et les formalités conformes, n’avaient rien exigé du tout et souhaitaient juste que le projet voit jour.

Le troisième dysfonctionnement était le fait d‘avoir écarté la SNI comme représentant de l’Etat ainsi que les 22 autres communes sur 33 de la région de l’Est de la liste des actionnaires de Justin Sugar Mills. Car certains maires n’étaient pas soit disant soutenus dans le comite central. Cela a plutôt provoqué des mécontentements. Le quatrième dysfonctionnement fut l’exigence de M. le ministre de l’Industrie de transférer le siège social de Justin Sugar Mills de la ville de Bertoua à son propre domicile situé à Batouri qu’il nous imposait de louer à 1 500 000 FCFA par mois. Encore une fois j’avais décliné cette offre. Car voyez-vous, avant sa nomination le 9 décembre 2011 au ministère des Mines et de l’Industrie, Justin Sugar Mills avait investi pendant 2 années dans des plantations expérimentales à Grand Boulaye (département du Lom et Djerem). Aussitôt nommé à l’Industrie, le ministre Bondé exige que le projet soit transféré du site initial à son village natal Mbang situé dans le département de la Kadey, je décline son offre et propose plutôt d’installer la structure entre les 2 départements dans l’interzone Bertoua-Batouri ou nous décidons d’acquérir des terres.

Le cinquième dysfonctionnement, le plus pertinent, est l’implication trop personnelle et individuelle du ministre qui avait décidé de nommer son neveu Martin Mindjos au poste de directeur de l’Industrie dans le but de présider le comité interministériel de pilotage du projet Justin Sugar Mills et nous assister à la réalisation du projet. Tout au contraire, sa nomination fut plutôt un stratagème pour nous «guider» dans la gestion des fonds à verser par l’Etat. Après de longues démarches et procédures auprès du secrétaire général et du ministre des Finances, ce dernier sur insistance du ministre de l’Industrie décide finalement de nous verser un montant de 2,25 milliards FCFA. C’est alors que le ministre Bondé m’invite et me demande de respecter les instructions de son neveu M. Mindjos Martin, directeur de l’Industrie. Ce dernier me propose de m’engager irrévocablement à verser à leur groupe de démarcheurs un montant de 500 millions CFA sur les 2,25 milliards sur instruction du ministre Bondé son oncle. Je décline l’offre de paiement et décide de retourner à Londres. Ainsi, nous avons préféré refuser le paiement de retro-commissions et abandonner l’argent des Finances. Les dysfonctionnements avec preuves à l’appui sont si nombreux que je ne me mettrai pas à tous les énumérer ici.

A présent que vous êtes définitivement écarté du projet, que comptez-vous faire ?
Je ne considère pas Justin Sugar Mills écarté du projet. D’ailleurs notre personnel continue à travailler sur le site depuis le mot d’ordre du ministre du 26 Juin 2014 et nous ne bougerons pas d’un pouce. A ce jour, nous avons bouclé 90 % du financement de notre projet bien que les banques locales soient encore sous les pressions et l’influence politique du ministre de l’Industrie. A ma connaissance, l’administration est purement écrite.

L’accord exclusif conclu le 13 Avril 2012 avec Justin Sugar Mills S.A. est valide pour une période de 10 ans. Notre société a effectué des investissements très importants sur le site dont nous détenons en partie les titres fonciers et continuons à recevoir le soutien de plusieurs fournisseurs et partenaires locaux qui se sont endettés lourdement pour notre projet sucrier. L’appel à manifestation lancé le 20 novembre 2014 pour sélectionner un soi-disant investisseur privé devant copier notre projet de complexe agroindustriel sucrier à l’interzone Bertoua-Batouri, Région de l’Est, n’engage que M. Emmanuel Bondé, le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique du Cameroun et sa clique en fonction de leur agenda personnel.

Justin Sugar Mills SA, société privée à but communautaire dédiée à la lutte contre la pauvreté, refuse d’être liée, associée ou de prendre part à la corruption ou au blanchiment d’argent avec un quelconque membre du gouvernement. Je défie, à cet effet, M. Emmanuel Bondé, ministre de l’Industrie et des Mines de la République du Cameroun, d’avoir la capacité et le courage de venir déloger Justin Sugar Mills S.A sur nos propres terres car nous l’attendons de pied ferme depuis le 26 Juin 2014 date à laquelle il prétendait nous interdire l’accès au site. En plus, M. Emmanuel Bondé n’est pas ministre des terres. Dans chaque Région, il y a un gouverneur, un préfet et un souspréfet en plus de l’armée que je sache. Si jamais l’Etat du Cameroun tenait à nous dessaisir de nos terres, il l’aurait fait en 5 minutes.

Dans ce cas ce sera une expropriation forcée pas conforme à la loi. Nous subissons en silence depuis deux ans les intimidations du ministre de l’Industrie en espérant un dernier sursaut de sagesse, d’honneur et de grandeur. Hélas, il continue à s’agiter et cherche toujours à nous enfoncer. Maintenant ca suffit! Notre usine aurait dû démarrer en 2014, des milliers de Camerounais auraient pu trouver des emplois stables et nous aurions à ce jour réussi à former près de 500 nouveaux capitaines d’industrie millionnaires dans la région. Car nous avons l’intelligence de le faire, la capacité d’exécution, les moyens de notre vision. Toute entreprise désireuse de s’engager sur notre zone le fait à ses risques et périls et rendra compte car aucun soi-disant investisseur n’héritera des 32 000 hectares de terres appartenant à Justin Sugar Mills S.A. dans notre propre pays et notre région d’origine de l’interzone Bertoua-Batouri. Le Cameroun regorgeant de terres arables sur toute son étendue, nous invitons donc ces prétendus investisseurs d’aller voir ailleurs.

D’après vous quelles sont les raisons de votre mise à l’écart de ce projet ?
Les raisons sont simplement d’ordres égoïste, personnel et de complexe à propos de leadership politique dans la région de l’Est qui ne m’intéressent pas du tout. Je suis investisseur pas politicien ni membre d’un quelconque parti politique. Il y a aussi un problème de cooptation: voilà qu’un matin je reçois très tôt à mon domicile, la visite d’un inconnu, un certain Claude Juimo Monthé, président honoraire de la Chambre de commerce du Cameroun qui propose des alliances conditionnées, menace et m’intimide avec des titres. Il cite des noms de personnes haut placées et promet des surprises désagréables.

Il m’apprend qu’il reste incontournable au Cameroun. Comite central parci et bureau politique par-là. Je ne comprenais rien à tout ce charabia. Je reste poli et ne cède pas. Devrait-on vraiment faire partie des réseaux pernicieux, des cercles mystiques ou philosophiques pour évoluer au Cameroun? Que signifie «il faut être avec nous» alors que sous d’autres cieux évolutifs, on prône la culture de la mondialisation et de globalisation? Il y a également l’intérêt personnel, la corruption et le blanchiment d’argent. Déjà à l’époque, le ministre Emmanuel Bondé m’avait invité à son domicile privé et exigeait que je lui cède gratuitement 25 % des actions de Justin Sugar Mills (soit au nom de sa femme ou de son fils) représentant une valeur de 3,75 milliards FCFA sinon le projet aura des difficultés à démarrer tant que lui et certains de ses collègues resteront ministres au Cameroun.

Il promettait de partager ces parts à certains membres du gouvernement qui m’aideront à faciliter tant la participation de l’Etat dans notre entreprise que les formalités administratives. Comme d’habitude, j’avais rejeté cette proposition et lui offrait plutôt 1 % symbolique au nom de la structure de micro-finance de sa femme (MC2 Batouri). Il était mécontent et me demandait de réfléchir encore, le temps pour lui de nous aider à faire débloquer les 2,25 milliards FCFA. Je parlerai aussi de récupération et détournement du projet Justin Sugar Mills. Plus tard je constate que le ministre Bondé s’évertuait désespérément à récupérer notre projet. Sa femme avait fait traduire en français notre étude de faisabilité (600 pages) en complicité avec un de nos ex-employés, Dong Blaise Pascal, se faisant passer à l’occasion pour mon petit-frère. Tous deux se mettront donc à effrayer et à décourager nos techniciens expatriés présents sur le site qui du coup exigeaient à rentrer dans leurs pays d’origine. Le 11 février 2013, j’arrive par surprise au Cameroun en provenance de Londres et je découvre la supercherie.

Apres de légères investigations, je réunis les preuves, convoque un conseil d’administration le 25 février 2013 et décide donc de licencier la femme du ministre Bondé et son complice Dong Blaise Pascal. Du coup je subis à nouveau des menaces de mort, d’empoisonnement, d’arrestation, les intimidations de la famille Bondé et sa clique. Je fais appel à l’ambassadeur d’Angleterre à Yaoundé qui était en déplacement et m’adresse directement à l’ambassade américaine qui me reçoit et essaie de négocier avec les officiels du Cameroun. Notre objectif étant la création d’emplois, de la richesse et un outil pour le développement rural rapide des communautés auto-suffisantes dans le pays, nous nous sentons forts et ne baisserons jamais les bras. D’ailleurs aucun projet sucrier ne verra paisiblement le jour dans notre région sur les cendres de Justin Sugar Mills S.A.

Justin Sugar Mills croit avoir décelé un désaccord entre le Premier ministre et le ministre en charge des Mines concernant cette affaire. Car d’après M. Jeroen Geut, votre directeur financier, le jour où le ministre de l’Industrie annonçait la résiliation du protocole d’accord avec Justin Sugar Mills, le Premier ministre rencontrait des responsables de votre société et « réaffirmait le soutien total de l’Etat du Cameroun » à votre projet. Comment expliquez-vous cela ?
Je ne suis pas mieux placé pour confirmer une mésentente entre les membres du gouvernement. Nous savons le soutien  que le Premier ministre apporte à notre projet. Celui-ci avait personnellement recommandé des investisseurs étrangers qui étaient arrivés à deux reprises au Cameroun pour financer notre projet et M. Mindjos Momeny Martin, le directeur de l’Industrie, les avait intimidés. Ces investisseurs avaient précipitamment quitté le Cameroun de peur de se faire arrêter.

M.Geut affirme clairement « qu’un lobby aux intérêts purement personnels s’évertue depuis des années à s’accaparer sans succès» votre projet à Batouri. De quel lobby s’agit-il ?
Le lobby qui cherche à récupérer notre projet sucrier est principalement composé de M. Emmanuel Bondé, ministre de l’Industrie et des Mines ; M. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire ; M. Kumar, le consul honoraire de l’Inde à Douala ; M. Gombo, maire de Batouri, et certains autres membres du gouvernement dont je vous ferai parvenir les noms le moment venu, après vérifications. Pour sûr, nous sommes au courant de la création de la société Sunrise Sugar S.A. de Mme Marthe Bondé avec son partenaire Dong Blaise Pascal un ancien de Justin Sugar Mills. Ils ont simplement traduit notre étude de faisabilité en français et changer de nom en maintenant les mêmes chiffres et se sont rapprochés de nos premiers partenaires techniques étrangers. Ils ont dispatché des emails de dénigrement dans le monde entier pour discréditer notre entreprise. En conclusion, l’appel à manifestation lancé le 20 novembre 2014 par le ministre de l’Industrie est dédié à céder notre projet à un partenaire étranger qui prendra en compte leurs propres intérêts à travers la société Sunrise Sugar S.A. de Mme Bondé.

De quels éléments disposez-vous pour soutenir vos accusations de corruption ?
A propos du Cameroun, j’entendais dire qu’il y avait une exagération maladive de corruption à tous les niveaux. Mais à ma grande surprise, j’ai pu observer seulement quelques cas de corruption. Dans mon cas, en dehors du ministre de l’Industrie et des Mines, M. Emmanuel Bondé qui exigeait 25 % de parts de Justin Sugar Mills d’une valeur de 3,75 milliards FCFA gratuitement au nom de sa femme et de son fils, je peux assurer que les membres de gouvernement au Cameroun ne m’avaient jamais rien demandé et tous nos dossiers passaient d’un service administratif à un autre sans difficulté. La plupart des ministres et des fonctionnaires soutenaient notre projet, seulement avec l’influence du ministre de l’Industrie, ils s’abstiennent de nous soutenir depuis un temps.

Combien aviez-vous déjà investi sur le site du projet avant la décision du ministre de résilier le protocole d’accord?
D’après nos bilans de 2012-13-14 et les engagements consommés, pertes encourues et agios financiers, nous estimons nos dépenses à plusieurs milliards de FCFA.

Le directeur financier de Justin Sugar Mills Cameroon SA indiquait en août dernier qu’une partie du terrain abritant le projet avait été régulièrement acquise et que la société détenait des titres fonciers. Or, le ministre Bondé a précisé que le site affecté au projet a été «immédiatement » repris par l’Etat, avec interdiction à la société Justin Sugar Mills d’y accéder. Quand et comment avez-vous obtenu des titres fonciers ? Et comment allez-vous procéder dès lors ?
Effectivement, nous détenons des titres fonciers pour l’usine régulièrement délivrés en 2013 par le ministère des Domaines du Cameroun du site désigné par l’Etat lors du changement de département. Quant à la deuxième partie des terres, le président de la République aurait personnellement instruit le ministre des Domaines de nous les concéder sur une durée de 99 ans. Nous conservons jalousement nos 32 000 hectares de terres et nul ne s’en appropriera.

Quelle comparaison faites-vous entre le Cameroun et les autres pays africains comme la RD Congo ou la Tanzanie dans lesquels vous investissez ?
Je peux confirmer que le Cameroun possède un des meilleurs codes d’investissement aujourd’hui en Afrique, seul l’environnement des affaires laisse à désirer. Je souhaite que l’Etat fasse confiance à ses citoyens comme le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Egypte, etc. au lieu d’accorder la priorité uniquement aux investisseurs étrangers. A ce jour Justin Sugar est une petite marque mondialement reconnue dans le domaine du sucre. Nous venons d’acquérir le 5 novembre 2014 une usine de production de sucre et d’éthanol au Brésil dans la région de Sao Paulo dont la campagne de production débutera en mars 2015. L’achat d’une deuxième usine un peu plus grande toujours au Brésil est en voie de bouclage dans quelque mois.

Je réitère que nous ne faisons pas de politique, nous voulons juste planter la canne et changer en bien la vie de nos familles. Les investisseurs étrangers ne viendront jamais développer notre pays, plutôt faire des affaires, nous devons par conséquent croire en nos capacités et changer nous mêmes notre pays sans pour autant se substituer au rôle que joue l’Etat. Tout au plus soulager l’Etat. A M. Bondé je dirais : M. le ministre, grand frère, à l’aube de votre retraite, Que Dieu vous éclaire de sa sagesse et vous guide sur la bonne voie, il est encore temps de se rattraper. C’est révolu l’époque où vous alliez dans les villages battre campagne et séduire nos familles avec un billet neuf de 500 FCFA, un tricot et les casiers de bière. L’Est doit changer, nous ses fils devront montrer l’exemple et accompagner l’Etat. Malgré ses richesses, nous restons la dernière région du Cameroun parce qu’en 20 ans comme membre de gouvernement en plus ministre des routes, vous n’avez toujours pas réussi à nous offrir la voie nationale (Bertoua-Batouri qui mène dans votre village) sans oublier Kentzou-Yokadouma-Moloundou.

Vous m’interdisez d’investir dans ma région, ou voulez-vous que j’aille donc m’installer? Au moins, je garderai mes dividendes dans notre pays et je les partagerai avec toutes nos familles qui ne cessent de réclamer le transfert de crédit et d’argent tout au long de l’année. Je vous mets en garde encore qu’aucun projet sucrier ne prendra corps dans l’interzone Bertoua-Batouri sur les cendres de Justin Sugar Mills. Et je me permets de prendre à témoin le peuple camerounais tout entier car nous rendrons tous compte demain. Nous ne sommes plus une génération d’affamés comme ce fut le cas dans le passé.

 

 

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