PRODUITS ARTISANAUX : LE CAMEROUN À LA CONQUÊTE DU MARCHÉ INTERNATIONAL

C’est l’objectif que le ministère des petites et moyennes Entreprises, de l’Economie et de l’Artisanat (minpmeesa) crée en décembre 2004, et l’Agence nationale des Normes et de la qualité (Anor) créée en septembre 2009, se sont mutuellement fixés.

Les deux institutions ont initié et organisé l’« atelier de validation du cahier de charge en vue de la normalisation de certains produits artisanaux », le 26 mars 2019. La salle de conférences du Centre international de l’Artisanat de Yaoundé (Ciay) a servi de cadre. L’atelier visait à apporter des suggestions constructives, à l’effet d’enrichir les termes de référence inclus dans le cahier de charge établi pour des produits concernés. Question pour des acteurs, d’apporter une plus-value dans la productivité et dans la compétitivité des produits made in Cameroon. « Le secteur de l’artisanat est très diversifié au Cameroun. Nous travaillons pour améliorer les conditions de vie des artisans camerounais», c’est en ces mots empreints d’assurance et de fierté, que le minpmeesa, Bassileken Achille III, a ouvert les travaux de Yaoundé. Le directeur général de l’Anor, Charles Booto a Ngon, a reconnu à son tour, que les artisans camerounais sont très talentueux et inventifs, qu’ils sont prêts à se vendre en Europe et partout.

Le prix à payer

Le minpmeesa et l’Anor ont pris l’engagement d’encadrer le secteur et le rendre plus attractif sur le plan international. Pour les deux institutions, il est nécessaire de passer à la phase de « normalisation ». En langage plus simple, de prendre en compte, la quantité, la qualité et l’origine de la matière première et la beauté dont les produits transformés exigent. A terme, il faut penser à les labelliser (leur donner un nom, une marque), voire les enregistrer et les reconnaitre à l’Organisation africaine de la Propriété intellectuelle (Oapi) basée à Yaoundé.

L’implication des autres administrations comme la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Elevage et des Forêts (Capef), la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat (Ccima), des organisations professionnelles des artisans des filière concernés (bois, textile et agroalimentaire), les entreprises artisanales, dans le processus qui a débuté au cours de l’atelier, illustrent parfaitement l’intérêt que le Gouvernement accorde à ce secteur à fort potentiel de croissance, qui pourrait être, si l’on le développe, une source de devise pour le Cameroun. La vision étant que les produits artisanaux, autant que d’autres productions marchandes, permettent à densifier les exportations du pays. Car en l’état actuel, le Cameroun importe plus qu’il exporte.

Les chiffres

Au vue de la qualité de l’organisation de l’atelier, avec les différents acteurs qui y ont activement pris part, de tout ce qui a été vu et entendu, la volonté politique est visible. Il faut maintenant la mettre en œuvre. « Nous allons passer aux choses concrètes. Rien ne sera plus comme avant. L’artisanat camerounais doit s’exporter et se vendre», a déclaré un participant, représentant de la Ccima. « Le minpmeesa se projette sur le futur et apporte sa touche personnelle. Il nous y associe. Il n’y a dont pas de raison que l’on échoue », a-t-il ajouté. Le ministre a demandé aux participants d’être rigoureux et objectifs sur ce qui a été mentionné dans le cahier de charge et soumis à leur appréciation. Surtout que le développement du secteur exige un certains nombres de règles : « de professionnalisme, de respect des normes et des techniques de fabrication des produits et de visibilité des artisans».

Selon les chiffres de l’Institut national de la Statistique (Ins), le Cameroun compte plus 70 000 artisans. D’après encore l’Ins, 80% de ces artisans exercent dans le secteur informel. Une situation qui est inquiétante pour le Cameroun. L’une des missions du minpmeesa est de renverser cette tendance. Dans son discours d’ouverture, Achille Bassilekin III, déclare que le Gouvernement à travers le minpmeesa, va continuer à prendre des mesures incitatives de migration du secteur informel au secteur formel.

L’atelier

La synthèse et l’adoption des recommandations, ainsi que la présentation du rapport général, ont été célébrées par les participants, avec le sentiment d’une mission bien remplie. Certains produits des filières bois, textile et agroalimentaire ont été choisis pour l’étape de la normalisation. Les organisations et les entreprises artisanales sont désormais fixées sur les filières porteuses et sur des opportunités qu’offrent celles-ci. A la clôture de l’atelier, le cahier de charge examiné de fond en comble, a été adopté. La balle est dans le camp des artisans.