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Prise d’otages a Maroua: Cavaye Yéguié Djibril interpelle le Gouvernement

C’était lors de la plénière de clôture de la session ordinaire de mars à l’hémicycle du palais des verres de Ngoa-Ekélé hier.Les travaux de la première session ordinaire de l’année législative 2014 se sont achevés hier, jeudi 9 avril 2014 à l’hémicycle du palais des verres de Ngoa-Ekélé à Yaoundé. A l’occasion, le président de la chambre basse du parlement a fait allusion à l’enlèvement des trois missinaires près de Maroua dans la nuit du 4 au 5 avril dernier. Exhortant le gouvernement à tout mettre en jeu pour obtenir la libération de ces expatriés. Il a par la même occasion invité les députés à sensibiliser les populations sur le bien-fondé de la collaboration franche avec les forces de maintien de l’ordre. Cavaye Yéguié Djibril a aussi indiqué que ce meeting des élus du peuple a permis d’adopter sept lois émanant du gouvernement, de même qu’elle a donné l’occasion aux ministres de répondre aux préoccupations des députés lors des séances plénières des questions orales. Les députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ont saisi l’occasion de cette rencontre trimestrielle pour participer à un séminaire visant à sensibiliser les nouveaux élus sur les missions et les contours de celles- ci. Les relations qu’ils doivent entretenir avec leurs collègues du Sénat et même les membres du gouvernement ont également été à l’ordre du jour.
Mais la session de mars à l’Assemblée nationale aura été aussi ponctuée par un épisode triste. La mort de l’honorable Jean Claude Mpacko dont les obsèques auront lieu samedi 12 avril prochain. Avant cela, un hommage lui sera rendu au hall du palais des verres de Ngao-Ekélé ce jeudi matin. Cavaye Yéguié Djibril n’a pas oublié de rappeler que son collègue Roger Nkodo Ndang a été reconduit à la première vice-présidence du parlement africain lors d’un vote serré. Dans l’après midi, le Sénat a également clôturé les travaux de cette session au palais des congrès de Yaoundé.

Réactions

Joshua Oshi, député Sdf

Au niveau parlementaire le bilan est nul parce qu’il n’y a pas grand-chose qui a été fait. Il y a un projet de loi sur la révision du règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui était attendu et qui n’est malheureusement jamais arrivé. Il y a beaucoup d’autres choses sur lesquelles l’exécutif bougeait mais qui ne sont jamais arrivées au parlement. Cela signifie à mon sens que le bilan est nul. Maintenant au niveau du groupe parlementaire auquel j’appartiens, à savoir le Social democratic front (Sdf), nous avons introduit cinq propositions de loi dont une pour l’amélioration du système électoral en introduisant le bulletin unique, une autre sur la question de double nationalité. Parce que nous estimons qu’il ne faut plus refuser la nationalité camerounaise à nos compatriotes qui sont à l’étranger. Une proposition sur l’orientation de la décentralisation pour faire en sorte que les 14 villes qui sont aujourd’hui dirigées par des délégués du gouvernement le soient par des maires élus au sein du conseil de la communauté. Tous ces documents n’ont pas été à l’ordre du jour lors de cette session. Mais nous espérons qu’entre les deux sessions le secrétariat général présentera ces documents à la conférence des présidents pour qu’on puisse les étudier le moment venu.

Tomaino Ndam Njoya, député Udc

C’est une session qui a rempli ses missions parce que nous avons mis sur pied le bureau de l’Assemblée nationale. Nous avons également adopté sept lois et participé à des ateliers de formation d’éducation, de plaidoyer. Entre temps à l’Union démocratique du Cameroun (Udc), nous avons travaillé certaines propositions de loi entre responsables politiques. Aussitôt que le responsable politique va donner son ok, nous allons les soumettre à l’étude. Comme vous le savez bien, notre priorité c’est la révision du code électoral car les élus du peuple doivent être à l’écoute de la population qui réclame de plus en plus le toilettage de notre loi électorale. Il est donc de notre devoir de remplir cette obligation. Or nous avons constaté que cette session n’a pas soulevé cette préoccupation.

Robert Bapooh Lipot, député Upc

Par rapport aux attentes le bilan est un peu mitigé. Vous savez avec la communication nous n’avons pas le devoir de trahir la vérité. Nous sommes aujourd’hui dans un espace tellement transparent qu’il faudrait toujours avoir le courage de décrire l’environnement dans lequel nous avons travaillé. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une urgence qui s’impose aujourd’hui. Il faut absolument pour rendre opérationnelle l’institution qu’est l’Assemblée nationale, revoir le règlement intérieur. Parce que nous savons que plusieurs paramètres de ce règlement intérieur ne permettent pas de travailler sereinement et d’être plus opérationnel par rapport aux attentes des populations. Vous avez pour preuve ce qu’on appelle les questions orales qui laissent croire que si on maintient cette approche vous pouvez passer cinq ans c’est-à-dire un mandat à l’Assemblée nationale et poser deux questions. Encore faut-il que vous soyez élus parce que lorsque vous déposez une question orale, elle passe à la commission qui fait un tri que d’aucuns qualifient à tort ou à raison de censure. Donc, un cadre nouveau est là. Une Assemblée à deux chambres. Il faut nécessairement prendre en compte ce fait. Et partir de là pour donner la possibilité aux députés de représenter sereinement les populations.

Gaston Komba, député Rdpc

Parlant du bilan, je dirai que nous avons reçu un certains nombres de projets de loi portant ratification d’un certain nombre de conventions internationales. Mais surtout, nous avons eu deux textes importants dans le volet de la modernisation de notre économie, notamment le texte sur l’affacturage qui permet aujourd’hui aux petites entreprises d’avoir une avance de trésorerie sur la base de leurs factures qui ne sont pas encore payées à travers les banques. Nous avons eu un autre très important sur le plan économique qui est celui de la dématérialisation des valeurs mobilières au Cameroun qui permet d’avoir une bonne traçabilité de ce patrimoine-là et surtout d’avoir des identifiants qu’il faut afin que ceux –ci puissent s’acquitter de leur devoirs citoyens. Au regard de tout ceci, je peux dire que la session a été bien remplie. Mais il y a un petit goût d’inachevé car nous avions souhaité avoir le règlement intérieur en révision afin d’arrimer l’Assemblée nationale aux nouvelles exigences du parlement bicaméral et aux nouvelle prérogatives qui lui ont été données par le régime financier de l’Etat. Le succès est donc à 80% et nous espérons qu’en juin nous aurons à remplir ces attentes.

Joseph KANKEU, député Rdpc

C’est un bilan nettement positif parce que lorsque je venais ici à la session de mars, je ne m’attendais pas à recevoir et à examiner sept projets de loi émanant du gouvernement. Donc à mon avis, nous avons beaucoup travaillé parce que non seulement nous avons examiné et adopté ces sept projets de loi, mais nous avons aussi fait une formation pour les députés Rdpc le 13 mars au palais des congrès. Je puis vous dire que c’était une formation d’une importance capitale. Nous avons d’ailleurs souhaité que de telles formations se déroulent à chaque session sur des thèmes variés. Parce que nous n’arrivons pas ici avec un même confort intellectuel. A l’occasion, les missions des députés ont été rappelées. Au delà de tout ceci, le réseau « espérances jeunesse » qui est très dynamique ici au niveau de l’Assemblée nationale a organisé un certain nombre d’activités. Il sera d’ailleurs à Douala ce jeudi pour rencontrer le patronat camerounais, l’objectif étant d’échanger avec celui-ci pour voir comment on peut faciliter l’insertion des jeunes dans le tissu professionnel et leur permettre d’avoir un avenir car l’un des plus grands problèmes de tous les Etats c’est le chômage. Les seuls évènements malheureux ont été le décès de notre collègue Jean Claude Mpako qui est député du Moungo-Sud et l’enlèvement de trois religieux dans la région de l’Extrême – Nord du pays. Nous pensons qu’il faut trouver de grands remèdes à ce fléau car comme vous le savez, on dit que la Région de l’Extrême-Nord est la plus belle du Cameroun. Mais si on ne peut plus la visiter à cause de l’insécurité, le tourisme va en prendre un coup très dur.