Prince René Dualla Manga Bell

Le Prince René Dualla Manga Bell est un Monarque Sawa-duala, appartenant au grand groupe Sawa et à la grande tribu bantou. Il est l’un des descendants direct de Ewal’a Mbedi ou Dwala Mbedi, l’ancêtre éponyme des Douala, qui ont donné leur nom à la ville et capitale économique du Cameroun et dont le duala est la langue de communication et officielle de tout le peuple Sawa. Il est issu d´une grande lignée de Rois Duala, la dynastie des King Bell dont il a su préserver l´héritage, l’honneur, la puissance, l’influence et le prestige, se posant toujours en grand defenseur des plus faibles et en gardien de la tradition ancestrale Sawa.

Il a régné durant 45 ans de 1966 à 2012 sur le Canton Bell, le Canton Njo et le Royaume Do’o Do’o qui regroupe les grandes chefferies Bonapriso, Bonadouma, Bonadumbe, Bonanjo, Bonaberi de nos jours, mais qui jusqu’à la scission en 1814 s’étendait sur toute la ville de douala et voyait son influence s’étendre sur toute la région du littoral, du Sud-Ouest camerounais en détenant tous les attributs du pouvoir mystico-traditionel Sawa.

Il a présidé à plusieurs reprises le Ngondo, rassemblement annuel culturel et traditionnel du peuple Sawa initié par King Akwa au 19ème siècle, en tant que Président Général dont la dernière fois en 2010. Il a institué le Tét’Ekombo, qui se déroule chaque année au parc des princes à Bali en hommage à l’anniversaire de la mort du Roi Rudolf Dualla Manga Bell, pendu le 8 août 1914 par l’administration coloniale allemande en revendiquant le respect du traité Germano-Duala interdisant les expropriations, les travaux forcés,… signé en 1884 par son grand-père King Ndoumb’a Lobe.

Il a traversé deux siècles de vitesse et de changements en sachant préserver sa culture et sa tradition tout en arrimant dans la modernité son peuple Sawa et son village d’origine Douala, devenu une ville cosmopolite de plus de 3 millions d’habitants, devenue la capitale économique du Cameroun et de l’Afrique centrale.

Le Prince Rene Doualla Manga Bell est ainsi devenu au fil des temps la figure emblématique du peuple Sawa et l’une des figures de proue de la chefferie traditionnelle camerounaise et africaine. Il est décédé en 2012, refusant dans ses dernières volontés d’être enterré à la pagode construite par son arrière-grand-père où sont enterrés tous les Rois Bell, de ce qui tient lieu de panthéon Sawa, mais dans son caveau familial.