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Prince Ndédi Eyango: « Ama Tutu Muna n’est pas plus camerounaise que moi « 

Prince Ndédi Eyango: « Ama Tutu Muna n’est pas plus camerounaise que moi  »

Le père de Ama Tutu Muna  fut député à l’Assemblée du Nigeria, puis Ministre des Travaux publics au gouvernement de ce pays. Vous pouvez le vérifier sur le Net. Travaillait-il là-bas comme Camerounais, Nigérian ou comme Britannique? Alors, quand on regarde ce parcours, on peut se dire que son père avait une autre nationalité. Mieux, au moment où naissaient les enfants Muna parmi lesquels Ama Tutu, ont-ils tous gardé la nationalité camerounaise ou nigériane »?

Le 03 novembre 2013, sur les hauteurs du mont Nkol-Nyada qui abrite le palais des congrès de Yaoundé, une clameur s’élève. Il est 4h du matin. L’élection du président du conseil d’administration de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) vient de s’achever. Les partisans de Ndedi Eyango, exultent leur candidat, avec 202 voix, est élu président du Conseil d’administration de cette société des droits d’auteur. Le perdant, Roméo Dika avait totalisé 126 voix.

La ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, a fait le déplacement, pour veiller au bon déroulement des votes. Après avoir rassuré tout le monde sur la tenue réglementaire du scrutin, le Minac a annoncé la fin de la récréation et demandé aux artistes de voter utile pour défendre leurs droits. C’est du moins ce que ceux-ci pensent avoir fait en choisissant Ndedi Eyango. Seulement, quelques jours plus tard, de nouveaux rebondissements apparaissent.

L’élection est déclarée illégale, le président du comité électoral préside par Jean Calvin Aba’a Oyono, par ailleurs président de la Commission permanente de contrôle des sociétés civiles et du droit d’auteur (CPMC) est viré pour «manquements graves à l’éthique et à la déontologie administrative dans ses fonctions». Les démons d’avant élection réapparaissent. Les suspicions autour de la nationalité de Ndedi brandies par ses détracteurs avant le scrutin refont surface.

Le tout nouveau Pca n’aura eu que quelques jours pour savourer sa victoire et préparer la transition à la Socam. Son conseil est déclaré illégal et l’agrément retiré a la société dont il vient d’hériter. Après de longues semaines de silence, «le prince des montagne» a décidé de s’ouvrir aux lecteurs de Mutations pour dire sa part de vérité. Sans tabous mais avec quelques réserves au sujet de sa citoyenneté américaine supposée, Ndedi Eyango, dreadlocks dressés courts, le visage figé et le ton convaincant, n’épargne aucun détail au sujet des tractations ayant mené à l’imbroglio actuel. L’occasion de permettre aux uns et aux autres de se faire une idée de la situation.

Depuis quelque temps, vous êtes couteaux tirés avec la Ministre des Arts et de la Culture au sujet de votre nationalité américaine. Est-ce vrai?

Jusqu’à présent je n’ai pas encore répondu à ce problème de nationalité. C’est un problème juridique et administratif. J’estime que ce genre de problème ne se discute pas dans les médias. Je déplore que ce soit là la voie choisie par notre Ministre et son conseil: les médias, avant d’attaquer ses actions en justice. Lorsque je serai face à la justice, je répondrai à la question. Le problème des artistes n’est pas celui de la nationalité. On a un problème de mauvaise gestion de nos droits, et de malversations. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les choses ne marchent pas. Ils ont réussi à déplacer le débat et à distraire l’opinion publique et les artistes. Au lieu de parler des problèmes des artistes, ils parlent d’autre chose.

La question devrait plutôt se poser si Ndedi Eyango est Camerounais, et je le suis de père et de mère né à Nkongsamba. Ndedi Eyango ce n’est pas un nom américain, mes chansons je ne les chante pas en anglais. Je valorise ma culture, mon identité, ma coutume, je suis héritier dans mon village et président du comité de développement de mon village.

Lors de votre conférence de presse, vous avez dit qu’Ama Tutu Muna n’est pas plus Camerounaise que vous. Que vouliez-vous dire?

Cela fait trente un ans que je chante, et plusieurs années que je fais dans la production chacun de nous a un bilan ce n’est pas parce que quelqu’un est Ministre depuis 7 ans qu’il croit qu’il a plus d’autorité que les autres. Son poste ne lui confère pas le droit d’être plus Camerounaise que l’autre. Sa nationalité, je ne la connais pas.

Mais aujourd’hui, les Camerounais s’identifient à moi plus qu’à Ama Tutu Muna. Je suis un homme de culture, les gens ont grandi à travers mes chansons et chacun peut s’identifier à travers le travail que je fais. J’emploie des Camerounais depuis plus de quinze ans. Je suis chef d’entreprise je ne gère pas un portefeuille ministériel, mais j’ai toujours participé à la construction de ce pays. Donc entre elle et moi, les Camerounais s’identifieraient à qui? Ce n’est pas évident que ce soit à elle.

Vous doutez de sa nationalité camerounaise

Le père de Ama Tutu Muna (Salomon Tandem Muna de regrettée mémoire, Ndlr) fut député à l’Assemblée du Nigeria, puis Ministre des Travaux publics au gouvernement de ce pays. Vous pouvez le vérifier sur le Net. Travaillait-il là-bas comme Camerounais, Nigérian ou comme Britannique? Alors, quand on regarde ce parcours, on peut se dire que son père avait une autre nationalité. Mieux, au moment où naissaient les enfants Muna parmi lesquels Ama Tutu, ont-ils tous gardé la nationalité camerounaise ou nigériane?

Vous faites-là une accusation grave!

Non, je m’interroge seulement.

L’artiste Ottou Marcelin a dit que vos problèmes ont commencé lorsque vous avez demandé l’audit de la Socam…

La Socam n’est pas en faillite, on ne l’a pas liquidée. Avant de passer à la nouvelle gestion, il faut faire l’audit et voir comment la société a été gérée. Ottou Marcelin a eu raison, mais je pense qu’il y a beaucoup d’autres raisons. Le rythme de notre travail d’ailleurs pour la première semaine était intense. Le personnel a lui-même témoigné que c’était la première fois qu’on voyait des gens travailler d’arrache-pied à la Socam.

A moins de trois semaines, on a pu ramener les délégués régionaux. Nous avons eu à discuter avec les entreprises comme Mtn, les Brasseries du Cameroun, le Pmuc. Ils encouragent le désordre. Il n’y a pas eu de transparence dans la gestion du droit d’auteur et je pense que ça fait partie des choses où certaines personnes ne souhaiteraient pas avoir quelqu’un de rigoureux et de regardant se pointer. Ama Tutu Muna protège des personnes qu’elle ne souhaiterait pas voir être interrogées dans le cadre de leur gestion.

Tout cela vous arrive parce que vous vous attaquez à vos amis d’hier qui sont au Ministère des Arts et de la Culture?

C’est exactement de cela qu’il s’agit! La Ministre m’a, à plusieurs reprises, suggéré de travailler avec certaines personnes qu’on ne peut pas cacher ici: il s’agit de Roméo Dika notamment. A plusieurs reprises, elle a tenté de m’imposer Roméo Dika bien avant les élections. Elle n’a jamais voulu me recevoir à son bureau. Elle n’a daigné me recevoir que lorsqu’elle a appris que j’étais en campagne et que j’occupais déjà le terrain.

C’est là qu’elle a demandé à me rencontrer pour me faire comprendre que Roméo Dika était incontournable, qu’il est expert en droit d’auteur, qu’il n’a, jamais volé, que je ne pouvais rien faire sans lui! Ce à quoi j’ai répliqué: «pourquoi donc ne pas en faire directement un Pca dont la Socam avait tant besoin?» Elle me dira à ma grande surprise et de manière contradictoire: «Non il trame des casseroles; par contre, vous vous êtes pur». Je lui ai dit: «Nous nous connaissons dans ce milieu. Roméo a toujours été accusé dans toutes les sociétés de gestion collective. Il est aujourd’hui suspendu du conseil d’administration de la Socam par l’ancien Pca Odile Ngaska. Il en a été radié!»

C’est la raison pour laquelle j’ai insisté qu’on fasse un audit à la Socam. Au terme de celui-ci, si des responsabilités sont établis, que des poursuites judiciaires soient engagées contre des personnes ayant distrait l’argent public. Evidemment, cela n’arrange pas grand monde. On voudrait voir à la tête de la Socam quelqu’un qui pourra tout accepter, et non celui qui va se battre pour que les artistes vivent digne¬ment du fruit de leurs œuvres. Moi je n’accepte pas de voir les artistes souffrir. Je suis donc l’homme à abattre.

Quelles sont les concessions que vous seriez disposé à faire pour une sortie de crise?

Faire asseoir tous les ayants droit, que nous décidions de donner une nouvelle vision de société de gestion collective. Je ne négocierai pas tant qu’aujourd’hui je constate que le comité mis en place, c’est les hommes de Roméo Dika; la commission de redressement, c’est les membres du conseil de Roméo Dika. Des gens qui ont été battus aux élections.

Lorsque vous regardez la composition de la commission de normalisation, vous trouvez le communicateur de Roméo Dika, Billy Show, Mme la ministre est déterminée à déstabiliser les artistes. Dans toutes nos discussions, il n’y a, à aucun instant où elle a le souci de la vie des artistes. Elle ne roule pas pour leur bien-être. Ce sera difficile de négocier. La seule chose qu’elle a à faire, c’est de revenir à de bons sentiments.

Vous en demandez trop à Mme la Ministre!

Il faut qu’elle comprenne que depuis 2007 qu’elle est là, elle a échoué sur tous les plans! Elle n’a de bilan que ses échecs. La Ministre de la Culture devrait s’occuper de la politique nationale de la culture; des salles de spectacle, des arts, des autres sociétés de gestion collective. Rien ne marche!

On a ouïe dire que ce qui fait problème ce sont les milliards annoncés de téléchargement est ce que vous n’arrivez pas comme un cheveu dans la soupe?

J’ai cette impression aussi. C’est surtout au cours de la campagne que j’ai été informé que je n’étais pas en candidat. Elle avait été plutôt mal informée par ses partenaires qui lui disaient qu’ils étaient populaires. Les artistes ont fait un choix qui a surpris la Ministre.

Lorsqu’on parle de négociations avec les compagnies de téléphonie mobile, c’est sous instruction de la Ministre; c’est écrit dans les rapports de négociations. Il faut que les ayants droit sachent par quelle alchimie on peut voir des pourcentages des uns et des autres alors qu’ils n’ont que 10% sur 100%. On devrait rendre compte.

J’ai cru à un moment donné que, ayant été élu, la Ministre se conformerait à la règle de la démocratie. Elle devrait comprendre qu’on doit Collaborer quel que soit ses sentiments vis à vis du nouveau président. Elle est libre d’avoir un protégé ou encore un partenaire d’affaires; mais lorsque la majorité des artistes a fait un choix, il faut le respecter avant même de prendre des décisions. Où met-on tous ces artistes qui ont voté pour Ndedi Eyango? A-t-on pensé à eux?

On prend des mauvaises décisions un 23 décembre, la veille de la naissance du Christ! Est-ce que nous avons encore la crainte de, Dieu? Au lieu de se concentrer pour aller à l’église célébrer la naissance du Christ, on prend des décisions qui déstabilisent les familles! S’il y a la justice des hommes, il y a également celle de Dieu. Les gens devraient avoir la crainte de Dieu quand ils posent des actes, parce que Dieu va trancher; chacun écrit son histoire à travers ses actes.

La Ministre vous aurait demandé 15 millions de francs pour vous attribuer l’agrément, au lieu de 500.000 Fcfa comme c’est prévu par les textes …

Je n’ai pas eu cette négociation avec elle. Peut-être qu’avec le temps, on fera le déballage. Je suis resté très silencieux depuis que cette cabale a commencé contre moi. Je me suis dit qu’ils reviendraient à de bons sentiments, comprendre que nous pouvons nous asseoir et se dire, revoyons les choses autrement, penser aux artistes. Mais avec le temps qui passe, on fabrique des histoires sur.ma personne; on dit que j’ai corrompu les suffrages. Cela signifie qu’on sous-estime ma personne, alors que les artistes savent ce que j’aurai eu à faire, puisqu’ils me font confiance. Ils me connaissent. Ce n’est pas Madame le Ministre qui va donner une autre image de ma personne aujourd’hui. Il me sera difficile de répondre à cette question de 15 millions.

Pourquoi vous vous obstinez à présider la Socam?

Ce sont les artistes qui me le demandent. En prenant la présidence, je vais donner une autre orientation. Je croyais que le Ministre avait besoin d’aide de quelqu’un de plus organisé; je me suis dit qu’il fallait d’abord qu’on restructure la Socam, et maintenant à travers la Socam, nous allons créer les autres rubriques pour organiser le secteur. Mon but était beaucoup plus de réorienter le métier et non de parler du droit d’auteur comme d’autres le disent. Parce que le droit d’auteur n’est pas la carrière d’un artiste. Il y a beaucoup d’autres choses qui doivent se passer pour qu’on parle du droit d’auteur. J’ai accepté cela quand les artistes m’ont approché, j’ai pensé qu’ils avaient besoin de quelqu’un d’honnête, de quelqu’un qui vit et comprend leur métier.

La piraterie appauvrit les artistes. Il n’existe pas des maisons de culture pour les spectacles…

C’est un problème qui me préoccupe. On ne peut pas parler du droit d’auteur sans parler de la production; tout part de la production quand il y a création, il y a production et quand on a du mal à produire dans notre pays, c’est parce que la piraterie a dominé notre marché. Ce que nous oublions, c’est que la piraterie ne concerne pas seulement les hommes de la culture; elle concerne aussi le Ministère du Commerce, c’est de la contrefaçon donc ça concerne le Ministère de la justice et nous on avait déjà pris des dispositions pour comprendre la piraterie d’une manière plus scientifique avec la collaboration des autres ministères notamment celui dû Commerce de le justice et celui de la culture parce que c’est tout le monde qui est perdant dans la piraterie, c’est-à-dire quand nous parlons des finances, de commerce alors ce volet avait déjà engagé.

Le Ministère du Commerce est prêt à nous accompagner dans ce combat. Malheureusement les choses sont telles qu’elles sont et aujourd’hui. Pour toute personne qui a passé du temps à, l’extérieur, il ne peut qu’apporter des choses au Cameroun. C’est ce que j’ai à faire: durant mon séjour aux Usa, j’ai ramené les devises, j’ai investi au Cameroun, j’emploie des compatriotes. Mon seul investissement aux Etats-Unis, c’est ma résidence qui est en location. Je suis aimé et apprécié à ma juste valeur.

On a des relations au niveau international je suis membre de la Sacem, membre du Bmi aux Usa. Donc il y a des relations qu’on doit utiliser pour aider le Cameroun et c’est le rôle de la diaspora. Plus tu es à l’extérieur, plus tu es attaché au Cameroun. Mon épouse travaillait pour le Département d’Etat américain. Je lui avais proposé de démissionner pour qu’on rentre au Cameroun, et que localement elle trouve un autre boulot afin de servir le Cameroun. Elle l’a fait. Est-ce qu’elle regrette aujourd’hui? Pas forcément parce que je lui dis toujours que je suis attaché à mes origines, je sais que j’apporte un peu à ce pays.

Vous avez été menacé d’être traduit en justice par Ama Tutu Muna…

Ce que nous avons fait c’est de saisir le Tribunal pour me plaindre que ce soit la loi 2000 il n’y a aucun texte qui soutient ce que la Ministre fait et ce qu’elle a toujours fait depuis qu’elle est là. Quand je suis arrivé elle était en guerre avec les membres du conseil d’administration d’Odile Ngaska. Elle n’a jamais pensé à les faire asseoir. Il n y a pas de droit d’auteur dans la culture. Depuis près d’un mois on ne parle que de Socam. On dirait que la culture au Cameroun ne se résume qu’à cela.

Il y a de réels problèmes, les artistes ne touchent pas leurs droits et quand ils existent, ils ne sont pas exacts c’est entre les amis. La Socam a huit mois d’arriérés de salaires. J’ai 31 ans de carrière: Si je savais que les choses étaient ainsi, je n’aurais pas posé ma candidature au poste de Pca. Je croyais que le ministère avait besoin d’aide. Je gagne ma vie autrement, je ne vis pas que de la musique. La décision du Ministre est illégale. Il y a l’argent pour payer les membres des comités qu’elle crée, mais pas un sous pour les droits d’artistes.

Madame la Ministre ne s’appuie donc sur personne?

C’est avec Roméo Dika qu’elle travaille. Elle a créé des problèmes à Sam Mbendé. Dans les comités de redressement, vous constaterez que ce sont les gens de Roméo Dika. Battu le 02 novembre dernier à l’élection du conseil d’administration de la Socam, il régente cependant tout avec Sam Fan Thomas; chacun perçoit 450 000 FCFA.

Reconnaissez-vous que votre élection était illégale?

Ç’est une mascarade et un mensonge! C’est la première fois de me présenter à une élection. J’étais novice, ils se sont trompés en croyant qu’en distribuant de l’argent au Palais des congrès, les artistes allaient voter pour Roméo Dika. Dans mon état-major, je connais des gens qui ont été approchés par le groupe de Roméo Dika pour leur donner de l’argent. Certains en ont pris 25.000, 50.000 et 100.000 Fcfa, et ont voté pour moi! Alors, quand on parle d’irrégularités, je me demande si après un rapport électoral mis sur pied, c’est au Ministre de se plaindre des irrégularités. Dans leur dossier de conférence de presse, il y a une plainte d’un certain Abanda qui est le bras droit de Romeo Dika qui ne devrait plus faire partie de la Socam.

Vous confirmez l’information de la mallette de 6 millions de Fcfa qui a circulé dans la salle le jour de l’élection?

J’en étais informé. Ma vice-présidente a pleuré. C’est d’ailleurs pourquoi Roméo Dika est sorti deuxième à la grande surprise de tous. D’ailleurs beaucoup d’artistes peuvent le témoigner car ce sont eux qui en parlaient. Je ne peux pas le prouver mais je sais que mes partisans ont été saisis.

Votre conseil d’administration a été déchu et des comités mis en place. Qu’en dites-vous?

Les artistes sont plus divisés que par le passé. Vous ne pouvez pas balayer du revers de la main un conseil d’administration et ignorer les personnes qui l’ont mis en place. Il y a eu 537 artistes avec les alliances qu’on a eu, environ 77% ont voté pour moi. On ne les consulte pas. On prend une dizaine de figures connues pour décider à la place des artistes camerounais. Je dis encore que la Minac n’a pas qualité d’invalider une élection étant donné que la Socam est une société civile de droit privé. Qu’à cela ne tienne, nous allons continuer à combattre et à travailler. Nous ne connaissons pas ses comités; nous sommes le conseil élu dans la légalité.

Ces comités ont été installés le 28 janvier dernier et s’il arrivait que ceux-ci viennent s’installer à la Socam?

Ce serait une mauvaise approche de venir forcer à rentrer à la Socam alors que cette société appartient aux artistes qui majoritairement, ont voté pour le conseil d’administration qui est sur pied. Je dis qu’elle n’est pas en train de nous aider. Malheureusement, certains qui ont leur carrière derrière eux se positionnent et sont prêts à fonctionner ainsi. Quand lors des concertations chacun se retrouve avec une enveloppe de 200.000 Fcfa, vous pouvez comprendre les raisons pour lesquelles ils changent de camp.

Vous ne céderez pas la place aux comités?

Mettez-vous à ma place. Si vous avez été élu par vos paires et quelqu’un décide d’invalider une élection. Je ne l’ai jamais entendu. Elle n’a pas qualité.

Etes-vous conscient de ce que cela peut entraîner?

Il faut bien que ça entraîne ce que ça peut entraîner nous irons jusqu’au bout en réclamant nos droits et la vérité. Nous avons été élus et n’acceptons pas que quelqu’un d’autre vienne fonctionner à notre place. Ce n’est pas à elle de venir mettre en place un comité de redressement; cela n’existe pas dans nos statuts et est inégal. Les artistes qui m’ont voté, il faudrait qu’ils aillent en assemblée générale pour retirer leur suffrage. Ce n’est pas à, Madame Ama Tutu Muna d’invalider mon élection. Je n’ai pas été nommé.

La seule chose qu’elle peut faire c’est de retirer l’agrément et la Socam. Un qui¬tus que cette société n’a pas depuis quelques temps. Donc c’est une association d’artistes qui est allée en assemblée. Le ministre n’a rien à faire la seule chose qui nous lie c’est l’agrément. A partir du moment où nous ne l’avons pas, pourquoi passe t- elle son temps à s’ingérer dans nos affaires?

Que pensez-vous du revirement de lsnebo?

Disons qu’il a certainement eu beaucoup de pressions et il y a des gens qui ne dépendent pas encore de leur conviction et sont encore influencées par les uns et les autres. Il faut reconnaître que le Ministère des Arts et de la Culture met beaucoup d’argent pour l’achat des consciences. Aussi, ce n’est pas tout le monde qui est ferme dans ses idées et qui a cette force d’esprit de lutter pour une cause. Si je voulais jouer à ce jeu et que je ne me faisais pas du souci pour les artistes je pouvais aussi virer mais je ne le ferais en aucun des cas.

C’est plus facile pour moi de partir du Cameroun mais je ne le ferais pas car il y a des personnes qui ont fondé des espoirs sur moi. Et si ces artistes qui m’ont élu viennent me voir pour me demander de laisser tomber cette lutte je le ferai mais tant qu’ils ne sont pas d’accord, je reste. Isnebo a fait un choix et je le respecte.

Avez-vous déjà subi de menaces physiques?

Je l’ai toujours vécu même avant l’élection. Je reçois des messages téléphoniques anonymes qui promettent de me détruire et ma famille avec. Il me demande de me retirer sinon ils vont faire ceci ou cela. Je reste vigilant en espérant que la situation va changer. J’ai écrit à la sûreté nationale et demandé d’être gardé et je n’ai jamais reçu de réponse.

Les avocats du Ministère des Arts et de la Culture qui vous traitent de faussaire, fraudeur et falsificateur. Ils ont annoncé des poursuites judiciaires contre vous.

Si j’ai falsifié des papiers, pourquoi parle t-on encore des autorités judiciaires? Me Tchoungang, conseil du Ministère du Minac qui est aussi reconnu pour être un vendeur d’illusions n’est pas un vrai avocat. Il est un prestigitateur théâtral. Il a fait partie des agitateurs qui ont crée les «villes mortes» et ont vendu les partons rouges aux Camerounais. Ils avaient distribué de l’argent pour désorganiser le pays. C’est le même avocat de Michel Thierry Atangana contre l’Etat du Cameroun.

J’attends, tout comme il n’est pas au Minac de parler de ma nationalité et d’Irène Gwenang des affaires judiciaires de ce Ministère, l’a si bien expliqué bien comme son Ministre l’a désavoué dans une chaine de télévision de la place. C’est le même Me Tchoungang qui, dans l’affaire Thierry Atangana, est contre l’Etat du Cameroun. Il va s’attaquer à Ndedi Eyango.

Jusqu’où êtes-vous prêt à mener ce combat?

Ce n’est pas un combat entre la Minac et moi. C’est un combat de justice des artistes. Je sais qu’ils vont commencer à distribuer de l’argent pour décourager ceux qui sont avec moi. Sam Mbendé a tenu jusqu’à près de six ans et il a raison. La justice de l’avenir lui a donné raison. Même comme Ama Tutu Muna est le seul membre du gouvernement qui refuse d’appliquer les décisions de la justice de son pays. L’Histoire tranchera.

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