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Primes des Lionnes indomptables : Paul Biya obligé d’encourager l’incivisme fiscal

Primes des Lionnes indomptables : Paul Biya obligé d’encourager l’incivisme fiscal

Le Chef de l’Etat a ordonné le paiement des primes des Lionnes sans prélèvement des impôts.

Depuis cette nuit du 26 juin 2015, les Lionnes ont cessé d’être prisonnières des primes qu’elles réclament au gouvernement depuis leur retour triomphal le 24 juin, de la Coupe du monde, Canada 2015. Elles ont quitté leur antre du Mont Fébé hôtel, après avoir perçu leurs primes. La totalité des 21 millions FCfa, soit 15 millions chacune de primes de participation, et six millions pour les deux matchs gagnés.

Selon des sources concordantes, Paul Biya, le président de la République, a décidé hier, après avoir été informé par des sources non officielles, apprend-on du journal La nouvelle expression, de faire payer lesdites primes sans retrancher les 16% représentant les impôts et taxes. Ce qui a été la pomme de discorde entre les joueuses et les dirigeants du sport. Les joueuses ont clairement indiqué qu’elles ne prendraient pas lesdites primes tant qu’elles ne sont pas payées en intégralité.

«La loi n’est pas rétrospective ; elles ont joué en 2015. La loi doit être appliquée au moment M. Et je n’ai pas vu d’exception», a soutenu un cadre financier du ministère des Sports, au plus fort de la crise. Mais mentionne «sous réserve de l’appréciation de la Haute hiérarchie». Et mieux que là, c’est la «Très haute hiérarchie», selon les appellations usuelles dans l’administration publique camerounaise. Paul Biya a donc décidé de trancher en faveur des Lionnes. Au grand dam de Joseph Owona, le président du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), et Adoum Garoua, le ministre des Sports et de l”ducation physique (Minsep) qui étaient arcboutés sur le respect de la loi.

Le piège de l’impréparation, et le chantage des opprimées

Le piège dans lequel sont tombés les dirigeants du football camerounais, c’est de n’avoir pas voulu respecter le décret qui réglemente la gestion des équipes nationales du Cameroun. Ce texte signé en septembre 2014, a prévu que la question des primes soit gérée six mois avant les compétitions d’envergure de la Coupe du monde ou de la Coupe d’Afrique. Plutôt que de se pencher sur ce point, les patrons du football camerounais ont d’abord abandonné la sélection aux seules mains d’Enow Ngachu qui s’est retranché au Centre technique de la Fécafoot, avant que la Confédération africaine de football (Caf) consente à lui rouvrir les porte de son Centre d’Excellence, à elle fermées pour des soucis d’ardoise impayée.

Pris par le temps, la Fécafoot et le Minsep étaient obligés de laisser la sélection aller en compétition, sans avoir résolu la question que les joueuses posaient. Pour se retrouver dans la même situation que celle du Championnat d’Afrique des nations (Can) 2014. Une fois de plus, les joueuses ont procédé par le chantage. Et Paul Biya qui ne s’est pas souvent préoccupé de cette autre équipe qui reste la seule à porter haut l’étendard du football camerounais depuis cinq ans, a faibli, pour accepter d’encourager l’incivisme fiscal.

 

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