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Primes de joueurs: Les Lions Indomptables, le Mondial et la folie des grandeurs

Primes de joueurs: Les Lions Indomptables, le Mondial et la folie des grandeurs

La tanière comme une poudrière ! Le débat autour de ce que vont gagner les joueurs de la sélection nationale de football lors de la Coupe du monde continue de faire des vagues. Dialogue de sourds entre les pouvoirs publics et les ambassadeurs du Cameroun qui avancent des montants faramineux.

La mèche s’est allumée bien loin du Cameroun. Précisément à Walchsee où l’équipe nationale a démarré le stage préparatoire en vue de la Coupe du monde 2014 depuis le 21 mai dernier. Samuel Eto’o, Alexandre Song, Stéphane Mbia, Aurélien Chédjou, Dany Nounkeu, Landry Nguémo, Achille Webo, Nicolas Nkoulou et Enoh Eyong Takang au nom de l’ensemble de l’équipe se sont entretenus avec quelques responsables du gouvernement et de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Autour de la table des négociations, Joseph Owona, le président du Comité de normalisation, Adoum Garoua, le ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) ainsi que les responsables des services du premier ministre et ceux du ministère des Finances. Pierre d’achoppement de ce conclave, s’accorder sur le montant des primes à percevoir, lors du mondial brésilien.

Des sources internes nous informent que les joueurs auraient fait savoir aux autorités administratives réticentes qu’ils souhaiteraient, que les propositions faites lors du stage à Leiria au Portugal concernant les primes soient respectées ; Auquel cas, ils feront grève. Les quadruples champions d’Afrique de football avaient réclamé, lors de ce regroupement, de recevoir par joueur, 60 millions Fcfa de prime de participation au mondial et 3 millions Fcfa par match gagné au 1er tour. De quoi donner un ulcère d’estomac au camerounais lamda dont le Smic atteint à peine 30 000 Fcfa. Saisissant le prétexte du stage en Autriche, un groupe de joueurs emmené par le capitaine Samuel Eto’o apprend-on, a décidé de réclamer un sacré pactole aux pouvoirs publics. Et le match contre l’Allemagne dans cinq jours, a été ainsi ciblé pour son envergure.

Amalgame

En fait, comme primes de participation, le Pichichi et ses coéquipiers exigent 150 millions Fcfa chacun. Faute de quoi, aucun fauve ne descendra sur l’aire de jeu. Suffisant pour que le gouvernement qui n’avait déboursé qu’un tiers de ce montant lors de la campagne (foireuse) sud-africaine en 2010, pique une ire incontrôlable. Seulement, dans le staff des Lions, on dément formellement cette information, tentant de l’imputer aux détracteurs de la sélection fanion.

D’abord le Team press officer dont les « explications » sont loin d’être rassurantes. « Fondamentalement, il n’y a pas de problème. Il se trouve simplement qu’il y a un certain nombre d’aspects périphériques, il y a certains avantages qu’ont souvent les joueurs et qu’il faut régler. Nous allons communiquer sur cette question le moment venu. Peut-être lundi ou mardi », annonçait Raphaël Nkoa lors d’une conférence de presse le 24 mai dernier.
Lui qui ajoute que les primes promises par le gouvernement camerounais sont acceptées par tous les joueurs. Mais, relativise, « on ne doit pas aussi travestir les faits et je dois dire qu’il y a des préoccupations liées à un certain nombre d’avantages qui sont en pleine discussions. Nous n’avons pas les codes mais çà n’entame en rien la sérénité de l’équipe. (…) Il y a quelquefois de l’amalgame mais il n’y a pas de revendication sur les primes de participation ». Interrogé par nos confrères de mboafootball, Jean II Makoun, lui, confirme qu’il existe bel et bien un problème de primes. En attendant que le gouvernement tranche, le sujet continue de faire les gorges chaudes au sein du public fan des Lions qui voient déjà se dessiner sur le mur des Lions, le fantôme du Marrackechgate. Surtout à la veille d’une aussi prestigieuse compétition que le Mondial. A suivre.

Christian TCHAPMI

Jean II Makoun: «Il existe bel et bien un problème de primes»

Le sociétaire du Stade Rennais qui est l’un des plus anciens de la tanière avec Samuel Eto’o revient sur ce fameux problème de primes, sur l’ambiance dans le groupe et sur les conditions de travail en Autriche.

Depuis le début de ce stage, vos coéquipiers et tous les membres du staff louent l’ambiance qui règne dans le groupe. Est-ce que c’est vraiment la bonne ambiance dont tout le monde parle ?

Oui effectivement il règne une très bonne ambiance dans le groupe. Malgré le problème de primes dont on peut nier l’existence, l’ambiance est bon enfant. Chacun y met du sien et tout le monde est concentré sur l’objectif commun qui est de bien se préparer pour aborder dans les meilleures conditions possibles la Coupe du monde au Brésil. Tout le monde regarde dans la même direction et nous sommes vraiment content de ce qui se passe sur le terrain d’entraînement et aussi content de l’ambiance du groupe en général.

Ici à Walchsee vous êtes comme dans un camp retranché et j’aimerais savoir comment vous vous sentez dans ce petit village autrichien…

Ces conditions sont celles que nous avons en clubs lorsque nous préparons une nouvelle saison. Généralement on va dans un endroit retiré pour travailler dur, loin de toute distraction car on a besoin d’être concentrés. Je pense que pour préparer le début de saison avec son club ou pour préparer une compétition avec la sélection comme c’est le cas actuellement, les conditions sont idéales. Nous sommes au calme et les conditions de travail sont excellentes. Nous ne voyons pas de monde et cela nous permet de bien nous reposer après les saisons épuisantes que nous avons tous eues.

On vous a vu vous entraîner à l’écart du groupe depuis deux jours et aujourd’hui (25 mai Ndlr) vous faisiez du vélo. Est-ce que Jean II peut rassurer les Camerounais quant à son état de santé ?

Je dois dire que les deux premiers jours de stage, je me suis entraîné normalement et j’ai par la suite ressenti une petite douleur au niveau de la cheville. Et que ce soit pour moi ou pour tous mes autres coéquipiers, on ne veut pas prendre de risques. Du coup, quand quelqu’un ressent une douleur, il s’arrête immédiatement pour éviter les forfaits comme dans plusieurs pays où c’est carrément l’hécatombe. Les saisons ont été longues et difficiles, les organismes ont été rudement sollicités et il y a pas mal de personnes qui ont besoin de souffler encore un peu. Pour revenir à moi, je me remets vite et bien. J’ai fait du vélo et c’était d’ailleurs très difficile, mais c’était pour la bonne cause. Ça va me faire du bien et j’espère que d’ici le début de la semaine, je vais reprendre avec les entraînements collectifs. J’avais un problème au niveau de l’impact quand je touchais au ballon, je n’ai pas voulu prendre de risque et je pense que la coupure va me faire du bien. Je peux d’ailleurs rassurer tout le monde que je vais déjà beaucoup mieux et que la reprise de l’entraînement collectif c’est pour bientôt.

D’entrée de jeu vous avez parlé du problème de primes et nous aimerions savoir si les sommes avancées dans certains médias ont un quelconque rapport avec la réalité des faits ou s’agit-il simplement de fantasmes de journalistes ?

(Petit sourire en coin) C’est sûr qu’il y a une discussion au niveau des primes et on ne va pas se le cacher. Néanmoins, en ce qui concerne les chiffres, nous préférons les garder pour nous pour le moment, en attendant que ce soit officiel. Maintenant il y a beaucoup de chiffres qui ont été avancés dans la presse et nous sommes plutôt amusés. Nous ne voulons pas parler des chiffres et nous attendons de nous mettre d’accord, en espérant que ce sera vite le cas, avant d’en parler publiquement. A ce moment, nous vous donnerons les détails de tous les chiffres. Mais je reconnais qu’une discussion au sujet des primes existe bel et bien et elle est en cours.

Quand on a fait une saison éprouvante comme la vôtre, est-ce que c’est facile d’enchaîner avec ce stage sans être passé par le Cameroun, Yaoundé et Etoa Meki ?

(Large sourire) Depuis plusieurs semaines nous savions quel était le programme et nous savions qu’une fois la saison terminée, nous devions tous rappliquer ici. Pour des personnes comme moi qui adorons le Cameroun et qui avions besoin d’aller faire un tour au pays, c’est compliqué mais en même temps nous sommes en mission pour le compte de notre pays et ça c’est très important de se sacrifier pour remplir cette mission. Néanmoins, après le match contre l’Allemagne, nous allons rentrer au pays voir la famille et les amis. Nous pourrons passer du temps avec les personnes que nous aimons et c’est très important. Nous allons aussi communier avec notre très cher public et lui dire au revoir, tout en espérant que toutes leurs bénédictions nous accompagneront. Moi personnellement, ça me console et me ravit en même temps, de savoir que nous allons faire un petit tour au Cameroun. (Rires)

Mais l’on craint justement que cette coupure entre le stage et le début de la compétition soit un motif de relâchement pour certains joueurs. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Non, je ne pense pas comme ça car nous sommes des professionnels et nous sommes conscients des attentes des Camerounais. Je pense plutôt que cela va faire du bien aux uns et aux autres car nous travaillons dur ici, pratiquement deux fois par jour, et je pense que ce voyage au pays va faire du bien à tout le monde. Cela va permettre de voir la famille, dire bonjour à tous ses amis, embrasser ses enfants, recevoir les bénédictions du peuple et partir pour le Brésil le cœur léger. En tout cas moi je sais que ça va me faire du bien.

Source mboafootball.com

 

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