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Pouvoir d’achat: Les manuels scolaires restent peu accessibles aux parents

Pouvoir d’achat: Les manuels scolaires restent peu accessibles aux parents

De plus en plus les parents d’élèves optent pour l’achat des livres qu’ils jugent indispensables pour leurs enfants fautes de moyens.

Le Quotidien de l’Economie paru le mardi 29 août 2017, relève que selon des études récentes faites au sujet de la capacité des parents d’élèves à doter leurs enfants en manuels scolaires, il ressort que très peu sont, hélas, capables d’acheter l’essentiel des livres inscrits au programme. Le rapport de l’association Education Pour Tous (EPT) rendu public en 2014 renseigne que, généralement, 12 élèves d’une même classe utilisent le  même ouvrage. Toute chose qui oblige certains enseignants à consacrer de précieuses heures de cours au recopiage des textes au tableau. Une situation récurrente dans les écoles primaires, comme le confirment ces données de la Banque mondiale qui indiquent qu’entre 1996 et 1997, seulement 16% et 28% d’élèves du primaire possédaient respectivement des manuels et fournitures scolaires.

Une situation qui s’explique davantage par le très faible appui de l’Etat, la baisse d’année en année du pouvoir d’achat des parents, l’abondance des ouvrages au programme, les pénuries ou encore le très peu de sérieux qu’affichent certains éditeurs. Approchés ces derniers jours dans la capitale économique, plusieurs parents d’élèves attestent évidemment qu’ils sont de plus en plus incapables d’acheter la plupart des livres aux enfants, à la rentrée scolaire. «J’ai fait le tour des librairies ce lundi matin, et qu’elle n’a pas été ma surprise ? Les livres sont non seulement très nombreux par matières, mais en plus ils sont chers.  Pour mon fils, qui passe en seconde, j’ai, calculette en main, constaté que pour acheter tous ses livres, il ne me faut pas moins de 60 000 FCFA. C’est trop pour un enfant de la seconde. Car, il y a dix ans, je n’avais besoin que de la moitié de cette somme pour acheter tous les livres de la même classe. Idem, pour les enfants qui vont en terminale. Et ça, c’est sans compter les cahiers, les habits, les chaussures, les tenues de sports et de classe. Non, c’est trop fort pour nous les parents. Surtout que le salaire, lui, n’a pas bougé depuis de nombreuses années», déclare  Sabine Biboum, commerçante.

Professeur des Lycées et collèges, Pierre T, qui ne souhaite pas que l’on révèle son identité, estime, pour sa part,  qu’il y a trop de livres au programme. «A notre époque, des matières comme le français n’avait qu’un seul livre, les mathématiques n’avaient pas plusieurs livres. Pourtant, c’est ce qu’on constate au niveau du primaire. Par ailleurs, il faut reconnaître que les prix des livres sont beaucoup élevés aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Même nous,  qui sommes enseignants, peinons à acheter tous les livres aux enfants», confie-t-il.

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