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POURQUOI IL FAUT LIBÉRER PAUL ERIC KINGUE

POURQUOI IL FAUT LIBÉRER PAUL ERIC KINGUE

Paul Eric Kingue , le chemin vers la liberté

Un Etat ne doit  ni  négliger ni mépriser une décision onusienne. Des moyens de pression  existent et sont multiformes contre les gouvernements des pays qui ne respectent pas leurs engagements ou  violent  le droit international.

Dans son  avis n° 38/2014 du 29 août 2014 qui tient lieu de décision après des débats contradictoires entre l’Etat du Cameroun et Paul Eric Kingue, le Groupe de Travail de l‘Onu sur la détention arbitraire  a conclu que «l’arrestation et la détention de Paul Eric Kingue constituent  une détention arbitraire» et que  «le gouvernement est tenu de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à cette situation et d’accorder les réparations appropriées à la victime ». Le   Groupe  de Travail a été créé par la Commission des droits  de l’homme des Nations unies qui est   devenue en 2006 le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Réparer les torts causés

Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies est l’organe intergouvernemental principal des Nations unies sur toutes les questions relatives aux droits de l’homme. Cet  avis-recommandation des Nations Unies rejoint les positions des organisations internationales et Organisations non gouvernementales(Ong) spécialisées dans  la protection, la promotion  et la défense des droits de l’homme. Parallèlement à cette procédure, l’ancien maire de Njombé-Pendja Paul Eric Kingue a saisi le Comité des droits de l’homme des Nations Unies pour la réparation des torts qui lui ont été créés dans la première affaire pour laquelle  il était accusé d’avoir détourné la somme de Cfa 1. 400 000 frs, et au terme  de laquelle il a été acquitté purement et simplement pour faits non établis.

La plainte de Paul Eric Kingue à l’Onu exige de l’Etat camerounais une réparation de 7 milliards de francs Cfa. Concrètement, le Groupe de Travail des Nations Unies sur la détention arbitraire demande à l’Etat du Cameroun de  réparer les torts causés à Paul Eric Kingue du fait de sa  détention depuis février 2008. Ne voyant pas le bout du tunnel  dans des affaires qui lui ont donné le sentiment d’être victime d’une cabale  ou d’un acharnement judiciaire, Paul Eric Kingue  a saisi le Groupe de Travail de l’Onu sur la détention arbitraire le 12 novembre 2012. Membre de l’Assemblée générale de l’Onu et signataire de nombreuses conventions et traités dont le   pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Cameroun   est tenu de respecter les décisions rendues par les Nations Unies.

Respecter les décisions des organes onusiens

Responsable du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et ses protocoles facultatifs, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies est l’organe de surveillance du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Dans la nomenclature des décisions de l’Onu ou de chacun de ses organes, on peut citer les résolutions qui sont généralement contraignantes, surtout lorsqu’elles proviennent du Conseil de sécurité de l’Onu;  les injonctions assorties ou non de menaces et les décisions d’actions qui sont aussi contraignantes.  Enfin,  les recommandations et  les avis qui ne sont pas toutes contraignantes, mais qui ont une grande valeur sur les plans pédagogique et diplomatique.

C’est que  les  avis et les  recommandations laissent généralement une grande latitude aux parties concernées pour régler la question par elles-mêmes. Ils sont aussi  considérés comme  des conseils ou des exhortations à l’endroit des Etats concernés. Ce qui ne signifie  pas qu’un avis ou une recommandation n’ont aucune portée ! Les  avis et les  recommandations peuvent aussi être interprétés comme des décisions qu’il faut appliquer. En réalité, un Etat  ne doit  ni  négliger ni mépriser une décision onusienne. Car,  des moyens de pression existent et sont multiformes contre les gouvernements des pays  qui ne respectent pas leurs engagements ou  violent  le droit international. C’est pourquoi les traités internationaux qui sont signés et ratifiés  doivent être appliqués.

Réconcilier  la justice avec les justiciables

Un pays ou un groupe de pays peuvent être mis au ban des nations à cause de leurs agissements et pratiques contraires aux engagements  internationaux. Le Groupe de travail de l‘Onu avait pris position dans les affaires Thierry Michel Atangana et Pierre Désiré Engo qui ont  finalement recouvré leur liberté. La détention de Paul Eric Kingue a non seulement étalé les lacunes de la justice, mais surtout   terni l’image du Cameroun. La procédure dont décision a  été  rendue  par le Groupe de Travail de l’Onu sur la détention arbitraire   est en instance à la Cour Suprême. Reste à espérer   que cette dernière va d’abord et surtout dire le droit,  ensuite réconcilier  la justice avec elle-même et les justiciables et enfin aider le gouvernement à soigner l’image écornée du pays.

 

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