Port de Douala: pourquoi les containers en transit traînent

L’attente de la pose de Gps et des questions de sécurité avancées comme explications sur la place portuaire.
Le paradoxe a été relevé lors des travaux de la conférence tripartite des directeurs généraux des douanes du Cameroun, de la Rca et du Tchad ouverts le jeudi 20 août dernier à Douala. De nombreux containers déjà entièrement dédouanés traînent encore leur coque de métal dans l’enceinte du port de Douala. Selon des chiffres fournis par le concessionnaire du terminal à conteneurs, Douala International Terminal, il s’agit de 213 containers en transit pour la Rca et de 325 pour le Tchad.

« Les camions [qui portent les containers] sont bloqués ici parce qu’ils attendent la pose de Gps », confie une source autorisée au port. Le dispositif de géo-localisation est exclusivement destiné aux cargaisons en transit, précise notre source. « Ils permettent de s’assurer que les camions vont effectivement aux destinations communiquées », ajoute-t-elle. De fait, les droits de douane pour containers en transit sont peu élevés, « moins de 30.000 francs, et ils consistent essentiellement en l’acquittement de la redevance informatique », selon un responsable des douanes joint par CT. La tentation pourrait donc être grande de déclarer qu’un container va à Bangui, puis d’aller le décharger dans un bosquet en terre camerounaise, et de vendre son contenu sur le marché local à des prix ultra-compétitifs…

Les Gps sont donc posés sur les camions pour en assurer la traçabilité. Seulement, assure notre informateur de la place portuaire, le nombre (non communiqué) est limité. Les camions sur le départ doivent attendre que les véhicules utilisateurs précédents les ramènent. « Tant que les camions déjà pourvus ne reviennent pas, on ne peut pas faire partir les autres ». Du coup, ils sont bloqués sur place, les containers qu’ils portent avec.

Cela dit, à en croire le responsable des douanes susmentionné, la pratique du Gps dure « depuis plus de cinq ans » déjà. Elle ne saurait donc expliquer à elle seule le fait que des marchandises déjà entièrement dédouanées tardent à sortir du port. Pour le douanier approché par CT, c’est le problème de l’insécurité dans les pays de destination qui est la cause de cette situation. Même s’il n’écarte pas complètement la thèse liée au Gps. « Le retard est dû à l’insécurité (…) Ce n’est pas par rapport à la douane, mais davantage en raison de l’insécurité dans ces pays », déclare-t-il. Il faut espérer qu’avec la reprise du trafic sur le corridor Douala-Bangui (au moins) la situation se décante rapidement.