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Polemique autour de la liberation de l’ex-ministre Titus Edzoa

Polemique autour de la liberation de l’ex-ministre Titus Edzoa

Suite à une remise de peines décidée par le président Paul Biya le 18 février, en marge des festivités du cinquantenaire de la réunification du Cameroun, l’ex- ministre et secrétaire général de la présidence Titus Edzoa est sorti de prison lundi, après 17 ans de détention. La libération de M. Edsoa suscite la polémique au sein de l’ opinion publique.

A 69 ans, Edzoa, qui fut pendant de longues années très proche de Paul Biya avant de tomber en disgrâce en 1997, un acte mal apprécié qui le poussa à se déclarer candidat à la succession du chef de l’Etat, purgeait depuis octobre 2012 une peine d’ emprisonnement de 20 ans après une première condamnation à 15 ans pour des accusations de détournement de deniers publics.

Il était détenu dans une prison d’exception, à savoir les locaux du Secrétariat d’Etat à la défense (SED) transformé depuis seulement 2013 en prison secondaire par une décision du ministre d’Etat en charge de la Justice, Garde des sceaux, Laurent Esso, avec son ancien bras droit Michel Thierry Atangana, 49 ans, qui jouit de la double nationalité camerounaise et française.

Atangana, ancien président du Comité de pilotage et de suivi des projets routiers nommé à l’initiative de celui-ci, qui ne cessait de clamer son innocence et se considérait comme une victime d’une machination politique visant l’ancien ministre de la Santé publique, s’est illustré par une intense opération de lobbying international allant jusqu’aux Nations Unies et abondamment relayée par la presse camerounaise.

De sorte que l’ entourage du Franco-camerounais attribue sa libération à l’action,accompagnée de pressions diplomatiques, portée par divers comités de soutien tant à Paris en France que sur place au Cameroun. Des allégations que le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary s’est empressé de démentir lors d’une rencontre à la presse convoquée d’urgence mardi soir à son cabinet.  Selon le ministre, « le président de la République a souhaité que la commémoration du cinquantenaire de la Réunification soit une occasion de communion et de fête pour tous les Cameroun où qu’ ils se trouvent. Pour la première fois en effet, la remise de peine concerne également les personnes condamnées pour détournement de deniers publics ».

Cet acte présidentiel de remise de peines est généralisé à un ensemble de détenus répartis en 13 catégories liées à diverses infractions.

A leur sortie de prison, Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana ont respectivement pris la direction de son domicile de Simbock, un quartier périphérique de Yaoundé, pour le premier et la résidence de l’ambassadeur de France pour le second, annoncé en partance pour Paris jeudi.

En dehors de ces deux cas, d’autres responsables de haut rang du pouvoir camerounais dont l’ex-Premier ministre Ephraim Inoni, les ex-ministres et secrétaires généraux de la présidence Jean- Marie Atangana Mebara et Marafa Hamidou Yaya et beaucoup d’autres anciens ministres et d’anciens généraux de sociétés d’Etat se trouvent en prison pour des accusations de détournement de deniers publics.

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