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PLUS DE 50.000 ÉLÈVES VICTIMES DE L’INSÉCURITÉ

PLUS DE 50.000 ÉLÈVES VICTIMES DE L’INSÉCURITÉ

Des établissements scolaires ont reçu un appui financier pour rattraper le retard causé par l’insécurité.

Le secrétaire d’Etat aux Enseignements secondaires chargé de l’Enseignement normal, Mounouna Foutsou, a remis le 17 décembre 2014 au lycée classique et moderne de Maroua, du matériel scolaire et un appui financier à certains établissements des départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone et Chari touchés par l’insécurité. Le coup de pouce du gouvernement à l’endroit du lycée et le Cetic de Kolofata, le CES de Hilé-Alifa, le lycée de Fotokol, le lycée de Kerawa, le CES d’Achigachia, le lycée de Limani, le CES de Tolkomari, le CES de Zelevet et le lycée de Tourou, était constitué des paquets minimums et des appuis financiers.

L’objectif recherché à travers cette démarche est de permettre aux dix établissements bénéficiaires de la première série des appuis, de se rattraper dès le deuxième trimestre afin de leur éviter une année blanche. «Nous sommes venus en appui aux établissements pour favoriser un fonctionnement normal. Nous voulons également subvenir à certaines dépenses en compensation des frais exigibles car des parents ne peuvent plus payer les frais de scolarité de leurs enfants», a expliqué Mounouna Foutsou, secrétaire d’Etat aux Enseignements secondaires chargé de l’Enseignement normal.

Ce dernier s’est également rendu au camp des réfugiés de Minawaou où vivent plus de 20.000 réfugiés nigérians. Dans ce site, le gouvernement a créé récemment un lycée bilingue qui fonctionne à ce jour avec plus de 800 élèves. «Les élèves déplacés ont réussi à vite s’intégrer au milieu de leurs camarades qu’ils ont trouvés sur place. Il n’y a pas de discrimination entre les élèves et cela constitue pour nous un motif de satisfaction», s’est réjouis Mounouna Foutsou. Il a appelé les enseignants à plus d’ardeur et d’abnégation au travail, nonobstant les conditions difficiles de travail et surtout le climat d’insécurité qui sévit dans la région en ce moment, car selon lui «la guerre ne se gagnera que par une bonne éducation à la base».

INDIGNATION

Au cours de la cérémonie, les élèves et les enseignants ont critiqué le retard pris par le gouvernement dans sa réaction. En effet, celle-ci intervient à la fin du premier trimestre. «Après plus de trois mois, c’est maintenant que le gouvernement pense à venir en aide aux écoles touchées par l’insécurité. Avec un trimestre de retard, je ne sais pas comment les élèves pourront se rattraper», regrette un enseignant. «Ce geste va nous permettre de relancer les activités pédagogiques dans nos établissements respectifs. Mais je lance encore un appel de pied à l’endroit de la hiérarchie car ce geste est vraiment insuffisant», indique Christophe Indanka, proviseur du lycée de Kolofata.

On sait que dans les départements du Mayo-Tsanaga, du Mayo-Sava et du Logone et Chari, plusieurs écoles n’ont pas ouvert leurs portes à la rentrée scolaire le 8 septembre 2014, à cause du climat d’insécurité qui y règne. 118 établissements scolaires se trouvaient dans cette situation au 20 novembre 2014. En dépit donc des efforts consentis par les autorités administratives et les responsables des forces de sécurité, des milliers d’élèves restent toujours en marge du train scolaire.

Selon le délégué régional des Enseignements secondaires pour l’Extrême-Nord, Mahama Mahamat, sur un effectif de 166.283 élèves inscrits dans 332 établissements scolaires de la région, 56.501 sont touchés par l’insécurité dont 11.266 élèves dans le Logone et Chari, 13.314 dans le Mayo-Sava et 31.921 élèves dans le Mayo-Tsanaga. «La plupart des élèves des établissements en insécurité ont été déportés dans d’autres établissements où il y a moins de danger. Mais certains élèves dépourvus des moyens sont restés dans les villages. Leur effectif est de 1.330 élèves», renseigne Mahama Mahamat.

En ce qui concerne les enseignants, ils sont 5.614 en service à l’Extrême-Nord. Mais plus d’une centaine ont tout simplement refusé de regagner leurs postes de travail par peur. Trois enseignants ont été tués par les membres de Boko Haram depuis de l’année .

 

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