Photographe: les « benskinners » à l’affiche

Le photographe Rodrigue Mbock a présenté le 8 septembre dernier à l’Institut Français du Cameroun, des clichés sur les motos-taximen.

S’il vous arrive de rouler avec une moto, n’oubliez surtout pas votre casque. Les photos exposées le 8 septembre dernier à l’Institut français du Cameroun par Rodrigue Mbock ont des allures plutôt didactiques. Des images marquantes où l’imaginaire côtoie le réel. Une rencontre non- conventionnelle prenant des tournures littéraires souvent poétiques. Fidèle à ses recherches esthétiques usuelles, le photographe se nourrit en général de thèmes sociaux forts. Rodrigue Mbock entend explorer ici l’univers de ceux qu’il qualifie de « héros » : « Les benskinners ». Les photographies parlent d’une réalité comme on la vit au quotidien, ancrée dans les mœurs  camerounaises. Le moto-taximan constitue une solution de subsistance pour de nombreux chômeurs, jeunes et moins jeunes. Il brave intempéries, risques et toutes sortes de dangers pour subvenir aux besoins des sien.

Entre satire et célébration, le photographe dévoile en images des histoires vécues dans la société au travers de son objectif et de la magie de la retouche photo. Une touche à la fois insolite et teintée de mélancolie. On voit, par exemple, l’image d’un moto-taximan qui ne porte pas de casque, s’exposant alors aux dangers de la route. Sur une autre image, une jeune fille rêveuse traverse maladroitement la route. Pour Jean Marie Okouda, étudiant en sociologie à l’université de Yaoundé I, venu comme plusieurs autres profanes et professionnels du domaine, admirer le travail de Rodrigue Mbock, « ces photos conscientisent et passent des messages ».

Le résultat de ces photos, Rodrigue Mbock n’aurait pu l’atteindre sans le soutien d’autres photographes comme Landry Mbassi, des écrivains comme Didier Noumb Noumb. C’est de Stéphanie Schneider, écrivaine allemande dont est partie l’idée de cette expo-photo sur les motos-taxis. Ceci, grâce au voyage qu’elle a effectué au Cameroun tout récemment. « Après avoir rencontré ces hommes, j’ai voulu témoigner de leurs paroles. Ces photos expriment des sensations instantanées, des émotions sous cette forme brève, en une seule respiration, les mots invitent à la réflexion », déclare-t-elle. Des initiatives à encourager, même si le public a encore faim. Et puisque l’artiste est parti sur une lancée de ces « héros » du quotidien, « pourquoi ne pas parler de Bayam-sellam qui se battent nuit et jour pour survivre », ont lancé quelques invités.