Philippe Camille Akoa, DG du Feicom face aux sénateurs

Le directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) est passé devant les représentants de la Chambre haute mardi 07 juillet 2015 dans le cadre d’un atelier d’échanges entre les deux institutions.

Une rencontre qui a permis aux Sénateurs de s’imprégner du fonctionnement et des réalisations du Feicom.
Eloquent, élégant, convainquant, précis, concis et rassurant. Voilà résumée l’attitude du directeur général du Feicom face aux sénateurs mardi 07 juillet 2015. Une journée historique pour M. Philippe Camille Akoa et son institution, dans la mesure où c’est la première fois qu’un directeur général d’une institution étatique passe devant les représentants de la Chambre haute du parlement.
Pourtant, le patron du Feicom a semblé être un habitué des lieux. Normal, tant sa structure, qui s’impose comme un acteur majeur du développement local au Cameroun, peut se targuer d’un bilan éloquent. Entre 2006 et 2015, le Feicom a financé 2046 projets au profit de 369 communes et communautés urbaines. Le tout pour un montant global de 145,483 milliards de FCFA.
Ces financements, dont 54 % ont été affectés à

la réalisation des infrastructures de services de base tels que l’approvisionnement en eau, l’électrification et l’éducation, ont été repartis de «façon équilibrée sur l’ensemble du territoire », martèle le DG. De même, poursuit M. Akoa, un montant de 519,144 milliards de FCFA a été redistribué au titre des centimes additionnel communaux et autres impôts soumis à la répartition entre 1998 et 2014, dont 339,334 milliards de FCFA après la réforme de 2006. Dans le même esprit, sur les 374 communes et communautés urbaines que compte le pays, le Feicom a doté 321 d’entre elles d’un hôtel de ville. Par ailleurs, 150 millions de FCFA sont destinés annuellement à la formation du personnel communal.
Pour poursuivre sa mission qui consiste à financer les projets communaux et intercommunaux, la centralisation et la redistribution des impôts communaux soumis à péréquation, le Feicom annonce l’acquisition imminente de 266 engins de génie civil. Ce matériel lui permettra «d’intensifier le développement des communes et communautés urbaines par la constructions d’infrastructures innovantes et adaptées aux besoins des populations », explique le DG.
Pour avoir une maîtrise parfaite de l’impact de ses réalisations sur les populations et identifier les besoins de ces derniers au sein des collectivités territoriales décentralisées (CTD), le Feicom mise sur des instruments innovants. C’est le cas de l’outil d’analyse des finances locales (Lora) et d’un indice de développement local (IDL), qui sont « de véritables baromètres permettant de connaître la situation des CTD et de mesurer les effets des différentes interventions sur l’amélioration de leur niveau de développement », martèle M. Akoa. Toutes ces initiatives et interventions ont permis à l’institution de connaître un rayonnement international. En témoigne l’intervention du Feicom au plus haut niveau dans l’organisation des forums qui s’intéressent à la décentralisation et au développement à l’instar du Riafcolocal, se félicite le DG.
Malgré ce bilan élogieux du Feicom, les sénateurs ont interpellé le DG sur la question de l’instauration d’une banque des communes. Qui a rappelé qu’une banque des communes ne saurait remplacer ou jouer le même rôle que le Feicom. Car le Feicom est par essence un «instrument de solidarité et d’équilibre au service des CTd ». L’échange s’est déroulé dans un climat très détendu. Les élus de la Chambre haute ont apprécié et encouragé le Feicom et son DG pour le travail abattu.