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PEUR AU CAMEROUN… LE RÉGIME AU POUVOIR PANIQUE

PEUR AU CAMEROUN… LE RÉGIME AU POUVOIR PANIQUE

Depuis que la rue est parvenue à faire tomber le régime de l’ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, au soir du 30 octobre 2014 après quatre jours de manifestation, les autres présidents africains qui voulaient s’’éterniser au pouvoir prennent peur. Au Cameroun, l’’armée est sur le qui-vive pour pallier à toute éventualité.

EN FIN DE SEMAINE dernière, des signes avant coureurs indiquaient que le régime au pouvoir avait pris des mesures sécuritaires discrètes pour étouffer toute tentative d’irrigation possible du vent de la révolution populaire du Faso. Plus que d’habitude, dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre 2014, les patrouilles motorisées de la police avaient fait la ronde toute la nuit. Et dès vendredi, certains grands axes de la ville de Douala (Ndokoti, Bepanda Omnisport,  Ecole publique, Carrefour Mandela, Pk 14,…) étaient occupés par un dispositif sécuritaire, marqué par la présence des véhicules de la police et la dispersion des policiers aussi bien en tenue qu’en civil.

Tous les regroupements de discussions étaient infiltrés par des agents du renseignement et encadrés par les éléments de police qui ne cachaient pas qu’ils n’accepteraient pas des débordements. Parce que ces discussions des moto-taximen et des sauveteurs auxquels viennent s’ajouter les badauds portent souvent sur des sujets à caractère politiques, sportives, et même économiques pour virer à des joutes verbales voire à des échauffourées.

Des échauffourées qui se terminent même dans du bain de sang à la suite de la bagarre de deux ou plusieurs protagonistes. Des incidents pour lesquels on ne voit pas souvent la police s’empresser à intervenir. Même lorsque le poste de police est à proximité ou même lorsque les policiers sont appels sur leur numéro vert. Mais depuis, week-end dernier, les forces de maintien de l’ordre sont sur les dents. Ils écument tous les endroits chauds et quadrille par des passages réguliers toutes la voirie urbaine et même les rue secondaire afin de marquer par leur présence dissuasive. Un dispositif comme les populations aimeraient se sentir régulièrement en sécurité.

Même les fichiers clients des hôtels, sont rigoureusement scruter pour identifier tous ceux qui entre et sortent du Cameroun. Dans la journée et encore plus dans la nuit, des lieux stratégiques de la cité sont sécurisés par des présences fixes et des passages à un rythme réguliers des patrouilles motorisées des forces de maintien de l’ordre. C’est dans ce contexte que la cérémonie de projection de l’avant-première du documentaire « Enfants Volés au Cameroun : Le Scandale d’Etat », le Collectif « Sos enfants volés » avec le soutien de l’organisation de la société civile « Cameroun ô Bosso » avec laquelle se déploie sur le terrain de la citoyenneté la présidente du parti d’opposition Cpp, Kah Walla a dégénéré à une rixe entre les éléments de la gendarmerie nationale et les membres de cette organisation de la société civile, samedi 1er novembre 2014. En effet, l’événement était prévu se tenir au restaurant Cabaret «La Chaumière» à Bonapriso à partir de 16 heures en présence des autorités administratives, religieuses, traditionnelles, des experts en droit de l’homme, des leaders politiques, des leaders des organisations de la société civile et toutes les personnes intéressées par cette problématique.

Mais alors, trois heures plus tôt, lorsque les membres du Collectif «SOS Enfants Volés» sont arrivés sur les lieux pour aménager la salle, ils se sont fait apostropher par des éléments de la gendarmerie nationale en civil qui avaient quadrillé aussi bien l’intérieur du restaurant que l’extérieur sur un rayon de 250 mètres. Ne s’étant pas présentés comme homme en tenue, cette intervention va dégénérer en joute verbale entre les membres de du Collectif et les autres clients qui croyaient avoir à faire à des clients imbus de leur personne.

La situation va s’envenimer au point où Sam Baka, le propriétaire du Restaurant va partir de son bureau pour venir intervenir, de même Kah Walla va être appelé en rescousse. C’est alors que va s’en suivre un échange houleux entre les dirigeants du Collectif et qui sont par ailleurs aussi du Cpp et le capitaine Mbarga de cette unité de la gendarmerie nationale qu’on dit être des déménageurs, spécialisé pour apporter une riposte à la violence urbaine.

Trois journalistes molestés et interpellés

Il était reproché à Kah Walla de n’avoir pas obtenu l’autorisation pour organiser cette réunion. Surtout que dans le sillage du soulèvement populaire des Burkinabés pour s’opposer à la modification de la constitution par le président sortant Blaise Compaoré afin de s’éterniser au pouvoir, exercice que le président Paul Biya avait réussi en 2008, le préfet du Wouri a pris un arrêté interdisant les réunions et les regroupements sur la place publique. Pourtant, elle n’a cessé de clamer qu’elle n’en avait pas besoin, puisque les autorités y sont conviées.

Au bilan, ce trois journalistes Marcel Itiga, responsable de la communication du Synafoc, Pierre Arnaud Ntchapda, journaliste du service des sports du quotidien Le jour et Mathieu Nathanaël Njog, Rédacteur en chef de l’hebdomadaire Aurore Plus et Membre du Bureau exécutif national du Snjc qui s’y sont retrouvés pour une réunion sportive, avant de sa voir agresser et molester par les éléments de cette unité de la gendarmerie qui ont agit comme des mouton de panurge, au mépris du respect des droits de l’Homme, avant de les mettre en état d’interpellation à l’arrière d’une pick-up comme des bandits de grand chemin.

Ce n’est qu’après plusieurs heures qu’ils ont été mis en liberté. Des dégâts collatéraux dans un événement pour lequel ils n’étaient même pas venus couvrir. Preuve s’il en était encore que le régime au pouvoir a pris grandement peur d’une éventuelle contagion. Surtout que la question semble de plus en plus passionnées les camerounais qui la retourne dans toutes les formes pour comprendre pourquoi les Burkinabés ont réussi et pas les camerounais lors des événements de la faim de fin février 2008. Pour parer toute irrigation, les forces armées et police ont été placés en état d’alerte pour empêcher que l’insurrection qui a conduit à la chute du régime Compaoré ne contamine le Cameroun.

Comme l’a été il y a quelques années le printemps arabe qui a souffle sur la majeur partie des pays du Maghreb et une partie du moyen orient, faisant chuter les régimes qui avaient fini par se muer en chefferie traditionnelle voire des monarchie. Il ne fait pas de doute que la leçon envoyée par les Burkinabés va faire bientôt école aussi bien auprès des hommes du pouvoir que de leurs citoyens. En tout cas, au bénin, Yayi Boni a vite fait de capituler en annihilant toute volonté de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir comme cela se susurrait. Voulant ainsi ternir des années de culture démocratique qui ne cese d’être cité en exemple en Afrique.

 

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