Petit Pays passe à la « Classe supérieure »

Son nouvel album présente une signature de rythmes mêlant parfois makossa et techno.

Petit Pays désormais Effatta, après 30 ans de carrière et un nombre incalculable d’albums, arrive encore à nous pousser à la surprise. Avec « Classe supérieure », son nouvel album, l’artiste qui sait comme personne se jouer du public et de la scène, ouvre l’opus avec un morceau éponyme, que l’on pourrait définir comme du makossa-techno. La musique de Petit Pays existe pour être dansée, qu’elle soit slow ou plus enlevée, mais cette alliance se prête à suffisance à son envie de faire bouger les foules. La techno est répandue outre continent, et le makossa a conquis bien des amateurs au Cameroun mais aussi dans le reste du monde. Ce makossa-techno peut donc se révéler comme un bon coup marketing, histoire de faciliter son exportation.

Sur ce nouveau produit, Petit Pays reste fidèle à son appétit d’ambiance sur des titres comme « Kribi » (ode à la cité balnéaire), mais il n’hésite pas à tomber tout doucement dans un univers plus calme. Le zouk prend alors ses droits pour parler d’amour, comme souvent. « Dans ma vie » ou « On m’avait dit », il chante pour une femme. Laquelle ? C’est là le grand mystère, car comme il le dit si bien lui-même, il est l’avocat défenseur des femmes, de toutes les femmes… Sur cet album de 12 titres, l’artiste joue les conseillers matrimoniaux, en donnant son avis sur les relations amoureuses. Pour lui, « Il faut pardonner », dit-il, « même si ce n’est pas facile ». La pochette de son nouveau bijou affiche également cette tolérance prônée par l’artiste. Lui qui se déclare de toutes les croyances se montre avec le Coran, un soutien à peine voilé à l’Islam.

Cet hommage prend tout son sens avec le morceau « Bakary ». S’il le débute en invitant les musulmans à le rejoindre sur la piste, la chanson prend des allures de biographie, celle d’un jeune homme à la recherche de son père, un certain Bakary donc, venu de Ngaoundéré fricoter avec sa mère et puis envolé ! Dans sa lancée pieuse, « Sango Yesus » est invoquée pour louer Dieu. Une fois la surprise passée avec l’originalité de « Classe supérieure », ce fameux makossa-techno servi d’entrée, on retombe très vite dans un makossa plus classique. Du Petit Pays, sans plus. Une cadence cool, mais entraînante, de celle qui a fait sa réputation. Quoi que l’on puisse lui reprocher ce long chapelet de personnalités citées tout au long des 12 morceaux, l’artiste ne s’écarte pas de sa politique : mettre le feu sur la piste de danse.