Peste porcine: 108 porcs abattus à Lagdo dans le nord Cameroun

Une épidémie de peste porcine déclarée dans la Bénoué. L’opération s’est déroulée au centre Zootechnique et vétérinaire de l’arrondissement de Lagdo, précisément dans la localité de Katé, le 8 juillet dernier.

108 porcs ont été abattus et incinérés sous la direction de la déléguée départementale de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales de la Bénoué, le Dr Françoise Bouba Erayavaï. Cette opération fait suite à la déclaration d’une épidémie de peste porcine africaine. La maladie a été déclarée dans le département de la Bénoué, depuis le 16 mai 2016. 237online.com Depuis lors, les autorités sanitaires et vétérinaires ont décidé de prendre toutes mesures nécessaires pour barrer la voie à la maladie. «Pour l’instant, la solution efficace, c’est l’abattage. C’est un virus très résistant à la chaleur. Nous avons déjà sensibilisé les populations sur les conséquences que cette maladie peut entrainer, mais beaucoup s’entêtent toujours», souligne le Dr Françoise Bouba Erayavaï. Au cours de l’opération d’abattage des porcs de Katé, certains éleveurs ont tenté de récupérer de la viande des carcasses. Il a fallu que la déléguée départementale et les

autorités prennent des mesures sévères pour que toute l’opération se déroule sans problème. Déjà au cours du mois de mai, une opération similaire d’abattage des porcs avait eu lieu à Gouna, toujours dans le département de la Bénoué. Ce sont une centaine de porcs qui avaient ainsi été abattus. Pour réduire la propagation de la maladie dans la région, la mesure d’interdiction de la circulation des porcs d’une région à l’autre, qui avait déjà été prise en 2010 lors d’une précédente crise, a été maintenue. Pour les autorités, il s’agit de réduire au maximum les risques de contamination entre animaux et entre les porcs et les consommateurs de cette viande. Une question reste cependant sans réponse. Celle de l’indemnisation des éleveurs. En 2010 lorsque l’épidémie de la peste porcine avait été déclarée dans la région, les autorités avaient fait abattre plus de 400 porcs. Le ministre de l’Elevage, des pêches et des Industries animales avait réussi à obtenir des fonds pour indemniser les éleveurs dont les cheptels avaient été touchés par la peste. A cet effet, une somme de 34 millions avait été mise à la disposition du collectif des éleveurs de porcs de la région. «L’argent avait été mis à leur disposition. Mais au moment du partage, les conflits de leadership ont surgi, ce qui a créé un désordre. Le problème des indemnisations aussi, c’est que c’est une évidence. Pour vous indemniser, c’est normalement le chef de l’Etat qui doit prendre une décision. Le ministère essaie parfois de trouver des solutions quand c’est possible. Les abattages visent d’abord à préserver la santé et la sécurité des éleveurs et des populations», précise Dr Françoise Bouba Erayavaï. «L’Etat continue d’abattre nos bêtes. Pendant ce temps, nous nous appauvrissons. C’est son devoir de trouver des solutions pour nous sortir de ce pétrin. En 2010, on a déclaré la peste porcine africaine et on a profité pour abattre nos bêtes. Du même coup, on nous interdit de commercialiser les viandes de porc et le porc en direction des régions du Sud. Jusqu’aujourd’hui, nous sommes sérieusement pénalisés par cette mesure. Si on ne peut pas nous indemniser, qu’on nous laisse au moins vendre notre marchandise; c’est de ça que nous vivons», fulmine Sylvain Momo, éleveur de porcs à Ngong.