Paul Erik Kingue libre

La Cour suprême du Cameroun a cassé jeudi les condamnations prononcées en instance contre l’ancien maire de la commune de Njombé-Penja. Il a été acquitté après sept années passées en prison

Une décision pour lui redonner la joie de vivre. La Haute juridiction du Cameroun a ordonné jeudi, 16 juillet, la mise en liberté de l’ancien maire de Njombé-Penja, commune située dans le département du Moungo, région du Littoral. Cet arrêt de la Cour suprême survient, pour Paul Erik Kingue, deux jours après la perte de son frère ainé et un peu plus de quatre ans après celle de son fils.

«J’ai perdu tout ce que j’avais de ma vie, en dehors de ma propre vie. C’est Dieu qui me maintient debout au regard des péripéties insupportables que j’ai connues», a –t-il déclaré hier à la presse, à la sortie de l’audience.

Paul Erik Kingue est néanmoins retourné en prison, attendant le certificat de levée d’écrou.

C’est donc la fin du calvaire pour celui qui aura passé un peu plus de sept années en prison, après des condamnations prononcées en instance et en appel. La Cour suprême était son dernier recours judiciaire.

Chronologie des faits
Arrêté le 28 février 2008, à la suite de ce qui avait été qualifié d’émeutes de la faim, le Tribunal de grande instance de Nkongsamba avait condamné le maire, le 19 janvier 2009, à six ans de prison ferme, et 800 millions de F CFA de dommages et intérêts à la Société des plantations du Haut-Penja.

Le 29 février 2012, Paul Eric Kingué avait de nouveau été condamné par le tribunal à une peine de prison à perpétuité pour un détournement présumé de deniers publics alors qu’il exerçait le mandat de maire de la commune de Njombé Penja.

En appel, le 26 mars 2012, la cour d’appel du Littoral avait réduit la réclusion perpétuelle à dix ans d’incarcération.

Le 29 août 2014, le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire de l’ONU émettait un avis qualifiant la détention de l’ancien maire de Njombé Penja d’arbitraire.

Le 21 mai 2015, les juges de la Cour suprême se prononcèrent en faveur de la relaxe du maire au motif que les deux procédures qui le maintenaient en détention étaient entachés de nombreuses irrégularités.

«L’acte que la Cour suprême vient de poser est l’arbre qui casse la forêt. Il ne faudrait pas que la Cour suprême s’érige en juridiction qui vient corriger les jugements que les instances inferieures auraient dû faire. Si c’est le cas, les dommages seront énormes. Je viens de passer huit ans en prison pour rien», a expliqué Paul Eric Kingue jeudi aux journalistes.