Paul Biya veut modifier la Constitution

Paul Biya veut modifier la Constitution

En trame de fond, la création d’un poste de vice-président ; renvoyer l’ascenseur aux anglophones. Mais il reste dubitatif sur la perche à tendre au Grand Nord, s’il n’aura pas de conséquences fâcheuses. Mais aussi, la remise en scelle du Littoral est dans la grande réflexion des exégètes.

I- Modification de la Constitution

LE CHEF DE L’ETAT, Paul Biya aura 81 ans le mois prochain. Même s’il est encore en place pour quelque années, jusqu’en 218, il commence déjà à préparer sa succession. Depuis qu’il est à Mvomeka’a son village natal, le 10 janvier, il y réfléchit, il y a travaillé assidument. Paul Biya va convoquer le parlement en séance extraordinaire avec un seul point à l’ordre du jour : la modification de la Constitution. Il va déposer un projet de loi pour modifier la Constitution : création d’un poste de vice-président et suppression du poste de Premier ministre. Après les débats et l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, ce texte sera transmis au Sénat pour vote. Et après ce sera sa promulgation par décret présidentiel.

A l’Assemblée nationale le projet passera comme lettre à la poste, le Rdpc la formation dont le président Biya est président a une majorité écrasante de 148 députés sur les 180 que compte l’Auguste chambre. Les 32 sièges restants étant répartis de la manière suivante : Sdf : 17 (et un décédé) sièges ; Undp : 5 sièges ; Udc : 4 sièges ; Upc : 3 sièges ; Mdr : 1 siège et Mrc : 1 siège. Au niveau du Sénat, il n’y aura aucun problème : le Rdpc domine de la tête et es épaules la Chambre haute. Le Rdpc y compte 82 sénateurs contre 14 pour le Sdf, 1 pour le Mdr, 1 pour l’Undp, pour le Fsnc et 1 pour l’Andp.

Comme nous l’avions dit plus haut, Paul Biya pense déjà à sa succession. Et pour éviter le désordre dans les rangs de son parti – parce que les gens vont se bousculer à l’horizon 2018 – il préfère prendre les devants. Ce vice-président bien évidemment sera du Rdpc. Voici ce qui pourrait se passer : – Si Paul Biya quitte le pouvoir avant le terme de son mandat, le vice-président pourrait le remplacer. Paul Biya adopte là le système nigérian ou américain. – S’il reste au pouvoir jusqu’en 2018, il se présentera à la présidentielle avec un vice-président dans un même ticket comme dans le système américain ou nigérian. Une fois élu ; il pourrait démissionner et laisser la place à son vice-président.

Mais seulement, maintenant que le multipartisme st revenu au Cameroun, la Constitution ne peut pas porter un article relatif à une succession constitutionnelle come c’était le cas du parti unique sous Ahmadou Ahidjo où Paul Biya, Premier ministre était son successeur constitutionnel. Au Nigeria, Umaru Musa Yar’Adua était président, Jonathan Goodluck Ebele était vice-président. A la mort de Yar’Adua, Goodluck Ebele l’a remplacé, automatiquement et a organisé la présidentielle par la suite.

II- La cogitation: Le temps des Anglophones?

C’est possible ! Pour certains pays anglosaxons ce ne serait pas une mauvaise chose si un Anglophone des régions du Sud-Ouest ou du Nord-Ouest remplaçait Paul Biya à la tête du pays. C’est le cas des Etats-Unis d’Amérique. C’est ce que pensent la plupart des Anglophones du Cameroun après plus de 50 ans de règne francophone depuis l’indépendance du Cameroun. Si un Anglophone doit occuper le poste de vice-président, ça pourrait être un Anglophone du Sud-Ouest que du Nord-Ouest. Ça pourrait être un Bakweri, ethnie dont est issu l’ancien Premier ministre Peter Mafany Musonge, tout comme Ephraim Inoni, Dorothy Njeuma et que Paul Biya aime bien. Ça pourrait bien être aussi un Banyangui, l(ethnie de Peter Agbor Tabi du département de la Manyu, toujours dans le Sud-Ouest. Une ethnie dans laquelle il y a beaucoup de diplômé de l’enseignement supérieur.

Un Anglophone, surtout du Sud-Ouest apporterait le calme au Cameroun au lieu d’un Fang/Béti ou d’un originaire du Grand Nord qui remplacerait Paul Biya. Cela pourrait apporter la guerre civile au Cameroun. Un Anglophone a l’avantage qu’il ralliera tous les originaires du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Il fera l’affaire des Beti/Fang qui verraient d’un mauvais oeil qu’un « Haoussa » revienne au pouvoir avec risque de revanche. Cela arrangerait également le Grand Nord qu’un Fang/Béti ne prenne pas la succession de Paul Biya. Cela, le Grand Nord n’est prêt de l’accepter. Amadou Ali, vice-Premier ministre en charge des Relations avec les Assemblées l’a toujours. Cela arrangerait le Littoral et les Bamiléké qu’un Anglophone remplace Paul Biya plutôt qu’un Fang/Beti ou un originaire du Grand Nord.

Le retour du Grand Nord?

Selon nous, l’axe Nord-Sud ne doit plus exister, car chaque région du Cameroun est appelé à diriger le Cameroun. Tous les enfants du Cameroun sont égaux en droits et en devoirs. Il n’est pas normal que le pouvoir retourne au Grand Nord. Les Amadou Ali et autres Cavayé Yéguié, président de l’Assemblée nationale n’attendent que cela. Paul Biya est un gros malin, il peut mettre comme vice-président quelqu’un du Grand Nord mais uniquement de la région de l’Adamaoua. Il peut en effet mettre comme vice-président un Gbaya, un Vouté, ethnie de René Emmanuel Sadi mais qui lui est originaire du Centre. Hamadjoda Adjoudji, l’ancien ministre de l’Elevage est de la même ethnie et originaire du département du Mayo-Banyo, région de l’Adamaoua. Le Grand-Nord est donc une mauvaise carte qui pourrait réveiller des vieux démons.

Et les Bamiléké dans tout celà?

Ils sont purement et simplement écartés de la succession de Paul Biya. Le chef de l’Etat est un homme d’une rare intelligence – c’est aujourd’hui que les gens comprennent pourquoi il a nommé Marcel Niat Njifenji comme président du Sénat. C’était pour écarter les Bamiléké de sa succession. Les Bamiléké ayant déjà le pouvoir économique, cela est vu d’un mauvais oeil par les autres camerounais qu’ils prennent le palais d’Etoudi.

Le Littoral peut-il faire l’affaire ?

 

La région du Littoral ne manque pas d’individualités, de personnalités capables d’assumer cette haute charge qu’est la présidence de la République. Mais qui choisir ? Quelqu’un d’une petite ethnie : un Duala, un Bakoko, un Pongo, un Ewodi, etc.

Et le Centre ?

On parle de René Sadi, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation qui n’est pas Beti, mais estce que cela va arranger le Grand Nord ? Pas si sûr. Il y a une grande interrogation : le vice-président devrait-il être Anglophone ou musulman ?

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