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PAUL BIYA A T-IL MINIMISÉ LA RENCONTRE D’ ADDIS-ABEBA ?

PAUL BIYA A T-IL MINIMISÉ LA RENCONTRE D’ ADDIS-ABEBA ?

Alors que Paul Biya du Cameroun venait d’appeler à la mobilisation «globale» contre la secte islamiste Boko Haram, il s’est illustré par son absence à Addis Abeba à la rencontre continentale entre les chefs d’Etat Africains des 30 et 31 janvier 2015

Les enjeux de l’heure  semblaient obliger le dirigeant camerounais à assister à cette rencontre, même s’il est vrai qu’il a toujours envoyé ses sbires ou mieux encore adopté la politique de la chaise vide.

En plus, le contexte africain marqué par les crises aux portes du Cameroun, au Cameroun, au Nigeria, Niger, Mali etc. devraient permettre au chef de l’État de briller par sa présence et de mettre en valeur son « leadership » à reconquérir.

Comme il avait déjà fait lors des obsèques de Nelson Mandela. En effet, le ministre des relations extérieures Pierre Moukoko Mbonjo avait également représenté le chef de l’Etat le 10 Décembre 2013 à Soweto lors des obsèques rendus par la planète entière à Nelson Mandela. Plus de 90 chefs d’Etat étaient présents. Celui du Cameroun a trouvé mieux d’envoyer un représentant. C’est vrai que c’était une présence symbolique sans enjeux particuliers. Quelques temps après, au plus fort de la crise en Centrafrique, le président du Cameroun a encore snobé ses pairs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) le 09 Janvier 2014 lors du sommet sur la crise en Centrafrique. Il y était question de réfléchir sur les voies de sortie de la crise qui ébranle la République centrafricaine depuis le coup d’Etat perpétré par les rebelles de la Séléka conduits par Michel Djotodia.

Quelques semaines plus tard, alors que la présidente de transition du même pays, Cathérine Samba Panza prêtait serment, le chef de l’Etat camerounais s’est une fois de plus fait représenté par le premier ministre, Philémon Yang.

C’est une absence remarquée qu’on observe de plus en plus.

Certains diront peut-être que c’est le premier ministre, c’est le ministre de des relations extérieures et donc c’est toujours le Cameroun. Mais ils se trompent car la diplomatie personnelle compte en ces temps de mondialisation.

Lorsque le chef de l’Etat est absent, on ne peut pas considérer les points de vue de ses représentants au même titre que les siens. Aussi, compte tenu des enjeux de telles rencontres, des objectifs du Cameroun de se positionner en tant que leader politique et économique de la sous-région Afrique Centrale, il est important pour Paul Biya d’être souvent présent et de faire entendre la voix du Cameroun à ces sommets.

D’autres personnes diront qu’il est fatigué (à cause de ses 82 ans donc 30 ans au pouvoir et plus de 50 ans dans la haute administration)  mais pourquoi dès que la France convoque un sommet, il court pour assister?  Dès qu’il est invité en Europe, il répond rapidement à l’invitation. Il y a dissonance.

Nous vivons une époque où il faut être rapide, compétitif mais également prendre les devant de la scène et les initiatives pour évoluer. Pendant que le président camerounais envoie des représentants, ses homologues du Gabon, du Tchad, du Congo… se déplacent pour faire entendre la voix de leur pays à des rencontres internationales. Pour être leader d’une sous-région, il ne faut pas seulement s’enorgueillir des atouts naturels que nous possédons. Mais il faut surtout poser des actions, prendre des initiatives, être au devant de scène. Dans l’optique de traduire ces atouts naturels (populations, position, superficie…) en réels facteurs de leadership dans la sous-région, il est nécessaire que Paul Biya soit  plus présent et concerné par les questions africaines.

Pour le 24ième sommet de l’Union Africaine qui s’est tenu vendredi 30 et samedi 31 janvier 2015 à Addis Abeba, « L’Union africaine a demandé au conseil de sécurité des Nations unies de voter une résolution  et appelé la communauté internationale à contribuer financièrement à cet effort pour mettre fin au phénomène de Boko Haram en Afrique. Cette demande a été validée lors du Sommet pendant que l’un des pays grandement touché par ce phénomène est absent.

Paul Biya a t-il minimisé la  rencontre d’Addis-Abeba ? Telle est la question de la semaine

 

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