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Paul Biya sacrifie les retraités

Paul Biya sacrifie les retraités

I- Les retraités réclament aussi une revalorisation

LES PERSONNES âgées accusent le gouvernement de discrimination notoire. Elles s’offusquent que le président de la République, Paul Biya tout comme ses collaborateurs ignorent royalement cette catégorie sociale la plus vulnérable. Le constat a encore été patent avec le décret portant revalorisation de 5% du  salaire des agents civils et militaires de l’Etat. L’une des mesures d’accompagnement prise pour étouffer la grogne sociale qui couve depuis le communiqué du Secrétaire général des Services du Premier Ministre, Louis Paul Motaze du 30 juin 2014 annonçant dès le lendemain 1er juillet de la hausse effective du prix des hydrocarbures (carburant et gaz domestique).

Il s’en est suivi après la décision  de cette hausse du tarif du transport urbain (Taxi) de 200 Fcfa à 250 Fcfa en journée de 5h à 22h et de 250 Fcfa à 300 Fcfa. Soit respectivement une revalorisation de 25% et 50% qui a aussitôt été répercutée sur le tarif du transport interurbain des personnes et des marchandises. Des transporteurs qui bénéficient en plus de deux ordonnances prises par le président Paul Biya portant sur la réduction de 50% du montant des taxes que sont :

  • l’impôt libératoire,
  • la taxe de stationnement,
  • et la taxe à l’essieu.

Même s’il est précisé que cette dernière sera applicable de manière graduée, précisent les textes suscités.

Une décision disproportionnelle, puisqu’elle fait bénéficier aux transporteurs près de 50% de la plus value contre une revalorisation de 5% du salaire des fonctionnaires qui ne peut pas couvrir les effets induits de cette double hausse des hydrocarbures et du transport en commun des personnes et des marchandises. Cette part belle fait croire à une absence des économistes auprès du président de la République, et témoigne de la précipitation avec laquelle ces décisions ont été prises. Depuis lors, il sourde un mouvement d’humeur national si on s’en tient aux dépôts de préavis de grèves auprès du Chef du gouvernement par toutes les centrales syndicales.

Et qui viennent de remettre leur menace au gré du jour en annonçant le report de cette grève pour le 28 juillet. Mais aussi aux organisations de la société civile qui appellent à des manifestations pacifiques comme le Manidem qui demande aux camerounais de porter une tenue noire tous les mardis et à une rébellion des usagers à la pompe en refusant après consommation de payer les 80 Fcfa sur le litre du Super, 60 Fcfa sur le litre du Gasoil et 500 Fcfa pour l’achat du gaz domestique. Et accepter que collectivement tous les camerounais soient envoyés dans les prisons. Ce qui ferait exploser la surpopulation carcérale de nos prisons.

On n’oublie pas le Rjc qui appelle au boycott de la rentrée scolaire. Tout ceci parce que les citoyens camerounais trouvent asphyxiant toutes ces hausses. Et bientôt ce sera le tour du panier de la ménagère de prendre un coup d’amaigrissement. Ce qui entrainerait par ricochet une malnutrition et le mécontentement pourrait devenir obèse. Si les personnes actives et rémunérées continuent à exprimer leur désarroi, que dire des personnes âgées qui ne sont pour la plupart plus actives et même pour plus de la moitié n’ont aucun revenu.

C’est la désolation de savoir que les autorités gouvernementales de ce pays qui sont quasiment toutes des personnes âgées, et retraitées, mais à qui la faveur d’un décret permet d’être encore d’être en activité et d’occuper les hautes fonctions de ce pays, continuent de se comporter comme des extraterrestres qui n’auront jamais à assumer leur statut de retraités ou de personnes âgées. Ce d’autant plus que sous d’autres ceux, cette couche très vulnérable de la population fait partie des priorités des politiques publiques. Ce qui n’est pas le cas au Cameroun. Les personnes âgées soutiennent que sur près de 100 000 retraités (auxquels il faut ajouter les derniers 25 000 déflatés de la fonction publique) recensés à la Cnps et qui perçoivent la pension retraite sur plus de 300 000 que compte le Cameroun, le régime du renouveau au pouvoir depuis 1984 n’a jamais véritablement rien fait pour elles.

II- Les personnes âgées victimes expiatoires du Renouveau

Les personnes retraitées déplorent le fait que les montants des pensions retraites à eux alloués ont connu une légère et dernière hausse en août 1985. Depuis lors plus rien. Pourtant, au bas de cette échelle, il y a des retraitées qui perçoivent une pension d’un montant de 8 500 Fcfa par mois et sont obligés d’attendre le trimestre pour aller au guichet pour entre en possession de leur pitance. Souvent avec laquelle, ils doivent gérer un foyer où sont logés encore leurs enfants adultes et souvent avec femmes et petitsenfants parce que, certes diplômés, mais n’arrivent toujours pas à trouver d’emploi.

C’est cette couche de la société qui encaisse de plein fouet les vicissitudes de la vie et surtout les répercussions des vacillements économiques du pays. Surtout en pareille période où les prestations de premières nécessités comme les tarifs du transport en commun a été revu à la hausse et que le produits de grande consommation et qui influent sur le prix des produits de première nécessité comme les hydrocarbures ont vu leurs tarifs revus à la hausse. Curieusement, les personnes retraitées même ceux issues des sociétés publiques ou parapubliques ne sont toujours pas concernées par les différentes revalorisations des rémunérations des agents de l’Etat. Elles attendent impatiemment que comme les concertations qui portent sur la revalorisation du Smig, celle des prestations sociales des retraitées trouvent aussi une préoccupation aux yeux du gouvernement.

Les personnes âgées se plaignent de ce que «les pensions de retraite, les allocations et les rentes du troisième trimestre que certains d’entre eux touchent curieusement n’ont jamais bénéficié de la revalorisation des salaires des agents militaires et civils aussi bien de 15% décidés en 2008 et des derniers 5% décidés ce début du mois de juillet 2014 par le Chef de l’Etat. Pourtant elles font face comme, sinon pire que, les citoyens ordinaires du coût de la vie et surtout de ces différentes augmentation suscitées». A cet effet, la Mutuelle des personnes âgées du Cameroun (Mupac) ne cache pas son étonnement qu’elles soient victimes expiatoire du régime du Renouveau qui brillent par l’asservissement des personnes âgées. Pourtant, ce sont des vieillards qui gouvernement le Cameroun puisque ce sont tous des personnes de plus de 50 ans qui ont la charge de diriger ce pays et qui ne font rien pour répondre à l’appel et aux attentes de leur congénères que sont les personnes âgées.

Pour seule explication, des dirigeants de la Mupac estiment que comme les célèbres prisonniers de la République qui n’ont rien fait pour améliorer les milieux carcérale camerounais, lorsqu’ils étaient aux affaires, ils vont se confronter à la réalité lorsqu’ils ne seront plus aux affaires. C’est alors qu’ils auront du remord et prendront conscience de tout le mal causé à leurs congénères. Puisque malgré que sur le papier le ministère du Travail a aussi la responsabilité de la sécurité sociale, le Cameroun continue de croupir dans un système de prévoyance sociale. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui font défaut. L’investissement consenti par la Cnps pour rénover l’immeuble de la mort aurait pu faire basculer le Cameroun dans une véritable sécurité sociale.

Faute d’y parvenir, la Mupac avait obtenu de la Fédération internationale d’assistance aux personnes âgées (Fiapa) avec le soutien financier de la Mutuelle agricole de France (Maf) de signer au Cameroun des conventions qui lui permettraient de s’investir dans la sécurité sociale et sanitaire des populations et particulièrement des personnes âgées. La démarche entreprises auprès du gouvernement a été vouée aux gémonies parce que ne profitant pécuniairement aux gouvernants. Et pour cause, les ministères des Affaires sociales ; de l’Agriculture et du Développement durable ; et du Travail et de la Sécurité sociale, se battaient pour contrôler le projet, estimant chacun en être la tutelle.

Conséquence, l’invitation qu’attendait le Directeur général de la Mutuelle agricole de France pour être reçu par le Chef du gouvernement n’a jamais été adressée. Et le projet est mort de sa belle mort.

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