Paul BIYA met le cap sur la Turquie et accélère sa diplomatie économique

Paul BIYA met le cap sur la Turquie et accélère sa diplomatie économique

L’Europe a une petite Chine à ses portes entendons souvent dires tant le miracle économique de l’industrialisation de la Turquie s’accompagne de superlatifs. Malgré un re?ux de la croissance économique ces deux dernières années, l’économie turque a a?ché une insolence qui a fait bondir sa production en un temps record pendant que la vieille Europe pliait sous le joug de l’interminable crise ?nancière née aux Etats-Unis.

Une crise qui a à peine e?eurée la Turquie. Son marché intérieur sera bientôt plus peuplé que l’Allemagne et le plus peuplé des pays de l’Union européenne. Si l’Europe reste de loin son premier client, ses exportateurs sont partis chercher des acheteurs en Asie, au Maghreb, au Proche-Orient et en Afrique pour compenser la déprime du Vieux Continent. La dette publique a été ramenée, en moins d’une décennie, de 75 % du PIB à moins de 40 %. Les pressions in?ationnistes sont toujours là, mais la Banque centrale les tient sous son joug. Les échanges sont dé?citaires, mais le pays ?nance ce dé?cit en rapatriant ses capitaux et en attirant les investisseurs par des perspectives prometteuses. C’est conscient de l’importance de garder le contact avec la Turquie et sa nouvelle stratégie de coopération avec l’Afrique qui a poussé le Palais de l’Unité à répondre à l’invitation du Président Turque formulée lors de son séjour en mars 2010 au Cameroun. Il était temps d’a?ermir la coopération entre les deux états au plus haut niveau et donner une nouvelle impulsion à la diplomatie économique du Cameroun. La visite o?cielle du couple présidentiel en Turquie est donc venue combler l’attente de consolidation d’une amitié entre deux peuples et ouvrir une nouvelle ère d’un partenariat d’a?aires. Il est utile de rappeler que nous ne partons pas de rien. Les relations diplomatiques entre la Turquie et le Cameroun remontent à l’accession du Cameroun à l’indépendance. Pendant plusieurs décennies, les contacts entre les deux pays ont été réguliers par des échanges interministériels, la signature de nombreux accords de coopération économique, technique et commerciale, scienti?que et culturelle mais également des échanges commerciaux. Le Cameroun exporte vers la Turquie, le bois, le pétrole brut et l’aluminium et importe le ciment, le fer, les pneus, les engrais, les équipements de boulangerie, le textile, les tapis, le cuir etc. Comme on a pu le constater, aux échanges qui se constituent lors de forum économique, la diplomatie des a?aires nécessite un encadrement pour assurer non seulement la promotion des échanges réciproques mais aussi la gestion du suivi des retombées concrètes des actions engagées. Elle se nourrit de Sherpas, chargés de nouer des relations privilégiées avec des interlocuteurs identi?és au Cameroun comme dans le pays cible. Il faut pour cela un bon chef d’orchestre doué, autant du sens politique que de la très bonne connaissance du monde des a?aires. Nous avons constaté, avec la présence dans la délégation présidentielle de l’ancien capitaine des lions indomptables, que même la notoriété peut être un facteur adjuvant pour ouvrir les portes. Dans la mise en place de notre stratégie nationale de croissance, les enjeux économiques sont aussi des enjeux diplomatiques, car nous avons décidé de nous soumettre à la compétition de l’accès vers l’émergence et avec besoin de multiples coopérations, internationales pour atteindre notre objectif. Paul BIYA joue bien la partition.