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Paul Biya, le vrai prisonnier de l’épervier…

Paul Biya, le vrai prisonnier de l’épervier…

Décrit comme un homme très rancunier, Paul Biya ne supporte pas dit-on, la trahison. Dieu seul sait pourquoi il en veut tant à Titus Edzoa. De son côté, Edzoa, le fidèle, va soudainement se jeter dans une fronde effrontée. L’éjection, fût-ce d’un poste important, ne justifie pas seule, un tel retournement de veste ! Pas sous le Renouveau, où chacun espère toujours revenir aux affaires…

Marcel Niat Ndjifenji, l’actuel homme-fort du pays après le chef de l’Etat, n’est pas passé à l’opposition lorsqu’il s’était fait virer du gouvernement ou éjecter de son ancienne chasse gardée à la Sonel… Avec Biya le rancunier, étonnant que Titus Edzoa soit actuellement remis en liberté. Peu importe la nature des contorsions judiciaires qui auront officiellement permis sa relaxe : tout indique que Paul Biya a dû subir des pressions…

C’est, du moins, ce qu’il convient de penser, si l’on ne veut pas admettre que le vieux lion a perdu du poil de la bête ! Quelles contradictions avec ses propres énoncés ! La logique veut que les voleurs de la république soient chopés et mis en prison, dès lors que leur forfait sur la fortune publique a été constaté. C’était le cas avec Titus Edzoa.

C’était le cas avec Pierre Désiré Engo, Mounchipou Séidou, Mme Haman Adama,Edouard Etondè Ekoto, et tous les autres. Morts ou vifs, en liberté ou en prison, il s’agit de “voleurs” reconnus comme tels, et dûment condamnés pour leur méfait par la justice. Une justice renforcée croyait-on par le Tribunal criminel spécial, qui fort procède à des vagues de libération en ce moment. Au moment précis où les Camerounais s’attendaient à voir ce tribunal – là prendre des mesures fermes contre ces prédateurs du bien public. Pour sa part, Biya a manifesté une grâce présidentielle très obscène vis-à-vis des prisonniers de l’opération épervier, lui  qui devrait être sans pitié pour tous ceux qui voguent à l’encontre des vertus de la rigueur et de la moralisation jadis prônées par un renouveau emballé dans l’utopie.

Les voleurs sortent de prison en file indienne, comme les Dalton ! Ceci amène à se poser des questions. Et s’il n’y avait jamais eu de morale du tout dès le départ ? Et si la rigueur et la moralisation n’avaient été qu’un moyen de pression sur les consciences, une occasion de faire baisser la garde à la vigilance des Camerounais avant de les endormir dans ce qui est devenu leur aujourd’hui?

A croire que l’opération épervier n’est qu’un prétexte, un moyen de chantage, une nouvelle manière de gouverner ! Pour tenir quelqu’un, rien de mieux que l’épée de Damoclès, ou ces preuves d’un vrai forfait qu’on n’actionne que lorsqu’on veut exposer les uns ou les autres à la forfaiture publique. En les relâchant sous quelque prétexte que ce soit, on s’est déjà assuré de leur brisure morale, spirituelle, humaine. Vus ainsi, les hommes et femmes qu’on libère de prison depuis la veille des dernières élections sont des zombies. Ou des zinzins.

Car pour la cause de son pouvoir, M. Biya n’hésite pas à se débarrasser de ceux qui osent encombrer son chemin, ou défier son autorité. Il les jette dans l’oubli quand il est sympa. Il les jette en taule, quand il est énervé. Ou pour jouer à Epervier trompeur… Mais quoi qu’ils fassent, les anciens prisonniers actuels ou à venir ne pourront plus convaincre les Camerounais.

Ni de leur bonne foi, ni de leur innocence, ni de leur crédibilité, ni de rien : ils sont finis ! La seule alternative qui s’offre à eux, ce sont les eaux boueuses du Renouveau, où ils peuvent patauger à loisir jusqu’à la fin du règne du prince, en espérant que leur dossier ne soit rouvert par un autre régime. Ils risqueraient alors de se retrouver une fois encore en prison, avec peut-être, qui sait, s‘il est encore en vie en ce moment-là, un certain Biya Paul pour compagnon de cellule… Car encourager les comportements criminels est le plus infâme des crimes.

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