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PAUL BIYA : JUSQU’ OÙ IRA LE VIEUX LION ?

PAUL BIYA : JUSQU’ OÙ IRA LE VIEUX LION ?

Apres 32 ans de magistère au cours desquelles il a surmonté d’innombrables difficultés le Nnom Ngui semble avoir repris du poil de la bête malgré son âge dont on dit avancé.

Le 31 décembre comme de coutume le chef de l’Etat son excellence Paul Biya s’est adressé à la nation camerounaise dont il est à la tête  depuis 33 ans, une longévité qui fait couler beaucoup d’encres et de salives ses derniers temps aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Pourtant à bien des égards cet homme qui vraisemblablement est guidé par une main providentielle semble avoir été prédestiné pour diriger le Cameroun, lui qui n’a pas demandé à être président et qui a su miraculeusement aux fils des ans surmonter de nombreuses épreuves qui auraient pu entrainer sa chute. Son parcours loin d’être un long fleuve tranquille n’a pas  été de tout repos.

Cependant le vieux lion aujourd’hui dans la 4e décennie de son règne, essoré par tant de combats et assagi par le poids de l’âge saura-t-il résister aux assauts répétés de ses adversaires qui se recrutent pour le moment dans son propre camp en complicité avec des forces exogènes ? Un rétrospectif panoramique sur le parcours atypique et fabuleux de l’homme de la rigueur et de la moralisation n’est pas fortuit et pourra rafraichir la mémoire tout en permettant aux uns et aux autres de saisir la portée réelle de l’enjeu politique du Cameroun en ce moment précis de son histoire.

L’un des articles de la constitution de 1972 stipulait qu’en cas de vacance à la tête de la magistrature suprême le président de l’Assemblée nationale assurerait l’intérim. Le président de la république Amadou Ahidjo de regretté mémoire, pour des raisons aujourd’hui hui bien connues va à dessein modifier cet article quelque temps avant sa démission pour permettre au premier ministre de l’époque monsieur Paul Barthelemy Biya bi Mvondo d’être son successeur constitutionnel. Ainsi, à la faveur de cet amendement il sera porté à la tête de la nation camerounaise. Cependant le sulfureux défunt président demeure président de l’UNC parti état et parti unique. Pour parler terre à terre Ahidjo avait remis à Biya la chèvre mais il tenait encore la corde entre ses mains.

Quelques temps plus tard certains leaders du grand nord certainement chagrinés par la perte du monopole du pouvoir vont s’engager dans une fronde qui en 1984 va se solder par un coup d’Etat manqué. Dès lors le digne fils de la forêt équatoriale va se raviser, lui qui était arrivé en grande pompe avec la ferme résolution de faire le ménage dans la maison, rigueur et moralisation son credo de consécration sera mis en berne car la sécurité du présidentielle, qui venait d’être fortement ébranlée passait désormais au premiers plan.

Les problèmes du Cameroun vont commencer dès cet instant. Les mutins ayant détournés Paul Biya de sa volonté d’assainir les moeurs et l’économie qui à l’époque était déjà chancelante (si non comment justifier les faux billets dont on dit que l’état lui-même en était le fabriquent), la porte de la gabegie du clientélisme du pillage systématique des caisses de l’Etat s’est royalement ouvert pour l’entourage les proches et les amis de Paul Biya « qui venait de le sauver » pour finalement contaminer tout le reste de la population camerounaise .voilà en quelque sorte la genèse du mal camerounais. Toute fois les détournements des derniers publiques même s’ils n’étaient pas généralisés et se limitaient aux pontes du régime et à l’entourage du président était récurent sous le règne d’Ahidjo qui au moment de son départ disposait entre autre plus de 900 milliards dans une banque suisse(en passant ou se trouve cet argent au jour d’aujourd’hui ?).Puis vint la crise économique avec tout son corollaire : baisse de salaire, chute drastique des cours de matière première, avec en bonne place le café. Une fois de plus le pouvoir de Yaoundé est mis à rude épreuve Paul Biya, comme le roseau, pli mais ne rompt pas.

Puis sur le plan politique, en 1985 à Bamenda UNC va être dissout et un nouveau parti crée en l’occurrence le RDPC, avec pour président Paul Biya. En 1988 la démocratie sera expérimentée au sein de ce parti .c’est ainsi qu’a Bamenda John Fru Ndi le redoutable sera par Achidi Achu lors de la désignation du président de la section RDPC Mezam dans la région du nord-ouest. Les conséquences de cette déculottée sera fatale pour le Cameroun car John Fru Ndi mécontent, démissionne du RDPC et crée avec ses amis le SDF le principal parti de l’opposition qui va donner du fils à retordre au régime Biya, le pays pendant plusieurs années consécutives va sombrer dans le chaos : villes mortes dévaluation du frs CFA baisse de salaire compression du personnel privatisation des sociétés d’Etat fermeture des entreprises publiques…etc. c’est la catastrophe, l’économie nationale s’effondre et c’est de justesse qu’ une guerre civile est évitée.la situation politique n’est guère reluisante :les résultats des élections présidentielles sont fortement contestées par le SDF et le RDPC qui ne détient pas la majorité à l’assemblée nationale est obligé de composer avec les autres partis de l’opposition. Malgré toutes ses péripéties, Paul Biya parvient contre toute attente de maintenir la tête hors de l’eau.

Cependant ni Paul Biya et encore moins son peuple, personne ne s’en remettra de cette période sombre de l’histoire du Cameroun. Les calculs politiques vont d’avantages primés sur la bonne gestion des affaires. C’est ainsi qu’en 1996 l’atmosphère délétère est calmée par la tripartite qui fait adopter une nouvelle constitution ou le mandat présidentiel est désormais de 7 ans renouvelable une seul fois. Plus tard en 2008 le peuple regagne la rue. On parle alors des émeutes de la faim. Mais pour beaucoup cette fronde populaire est attribué à la modification de la constitution qui fait sauter le verrou de la limitation du mandat présidentiel.

D’une main de fer elle sera réprimée et le calme va revenir. Le long règne du président Paul Biya a été émaillé d’innombrables périls à l’instar de celui des jeunes que Jeune Afrique nous présente dans sa dernière parution, mais à chaque fois il a toujours su tirer son épingle du jeu et c’est de main de maitre qu’il règne actuellement sur le Cameroun ;l’opposition est réduite à sa plus simple expression les agitateurs d’hier sont pour la plupart devenus ses alliés ,le peuple ayant tiré les leçons des précédents mouvements d’humeur c’est lui aussi assagi. Même si Boko Haram la menace venue du septentrion semble faire perdre le sommeil au lion, au jour d’aujourd’hui le seul et véritable péril viendrait de sa propre tanière. En effet c’est de l’intérieur que le feu couve, là où on s’y attendait le moins, au palais présidentiel, le sain des sains ou une guerre de tranché est ouverte entre les différentes composantes : Boulou et Nanga ; le secrétariat général et le cabinet civil ; les franc maçons et les rosicruciens, bref à Etoudi selon une indiscrétion la situation est telle que Biya, préfère se retirer dans sa résidence de Mvoc Meka autant que faire se peut.

L’enjeu pour le control du pouvoir est tel que ces belligérants n’ont plus de scrupule au point de livrer toute la république en pâture. Tous les devins de la planète et tous les puissants marabouts sont mis à contribution pour que Paul Biya tranche en faveur d’un tel ou d’un tel autre. Du coté des ministres c’est la même chose. En fin de compte on se demande si à force de pratique l’entourage du président ne va pas tuer la poule aux oeufs d’or. A moins que cette main divine qui l’a toujours soutenue ne le lâche, Paul Biya a encore le vent en poupe, qui vivra Verra.

 

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