Paul Biya fait créer un compte bancaire pour accueillir les diverses donations pour soutenir les soldats

Cameroun – Effort de guerre: Paul Biya fait créer un compte bancaire pour accueillir les diverses donations pour soutenir les soldats au front contre Boko Haram

Depuis le début de la guerre déclarée par le Cameroun à la secte islamiste Boko Haram, les soutiens en nature mais surtout en numéraires pleuvent de toutes parts et l’on observe sur le terrain, une certaine navigation à vue des autorités dans la gestion de ces fonds parfois très importants.

Le président Paul Biya vient de siffler la fin de la recréation, en créant par l’entreprise du Ministre des finances (Minfi) Alamine Ousmane Mey cet après-midi du 06 avril 2015, un compte bancaire spécial intitulé « Contribution du peuple – lutte contre Boko Haram » dont le numéro est : 450-4137, ouvert dans les livres du trésor public.

C’est ce compte qui, d’après le communiqué du Ministre de la communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakary lu au journal de 13h à la Crtv ce 06 avril, devra désormais « retracer les contributions financières des différentes couches de la population au titre de leurs appuis à nos forces de défense et de sécurité engagées sur le front de la guerre contre l’organisation terroriste Boko Haram ».

Le communique du Mincom qui débute par la traditionnelle formule « sur très haute instructions du chef de l’Etat Paul Biya… » précise que « …les contributions ainsi collectées au niveau des différentes unités administratives seront systématiquement reversées, respectivement dans les perceptions pour ce qui est des arrondissements, les recettes des finances pour ce qui est des départements, et les trésoreries générales en ce qui concerne les régions.

Ces ressources seront ensuite centralisées chez le payeur général du trésor à Yaoundé au plus tard le 10 de chaque mois, suivant celui au cours duquel elles auront été encaissées.

Le ministre délégué à la présidence chargé de la défense est chargé de soumettre à la très haute sanction du président de la république, les propositions relatives aux dépenses afférentes au compte spécial ouvert par le ministre des finances ».

Comme on le voit, à moins d’un autre décret ou acte futur du chef de l’Etat, les Camerounais de la diaspora qui voudraient éventuellement se joindre à l’élan de solidarité envers les soldats camerounais au front ne sont pas concernés par ce geste.

Ce peut être là une erreur stratégique, dans la mesure où toutes les diasporas africaines à l’étranger, compris celle du Cameroun, brassent des masses considérables non pas de FCFA, mais de devises. C’est dire si ces dernies jouissent d’un certain pouvoir financier.

Sans compter que tous les Camerounais de la diaspora ne sont pas opposés au régime de Paul Biya ; et même si c’était le cas, il n’y aura en principe aucune contradiction pour ces derniers à participer à l’effort de guerre, considérant qu’au sein des forces de défenses, se trouvent parfois des frères, des parents, des amis, des connaissances.

La création d’un compte bancaire similaire dans les pays où se recrute le plus les Camerounais de l’étranger ne serait pas superflue comme initiative, le plus important étant le geste.

Il n’est pas question par ces temps de guerre, de préjuger de l’accueil qui sera réservé à une telle initiative à l’étranger.

Quoiqu’il en soit, cette décision du président Paul Biya tombe à pic, dans un environnement ou des masses importantes des dons en nature et en numéraires tombent pratiquement tous les jours, ceci de toutes parts dans les dix régions du pays.

A ce propos d’ailleurs, une synthèse des diverses donations dejà encaissés par l’Etat (dans le même communiqué du Mincom suscité) nous permettent d’avancer le chiffre de 172 946 205 FCFA en espèces, et près de 400 tonnes en nature. Précisions que le communiqué insiste sur le fait qu’il ne s’agit là que de sommes et de dons effectivement reçues, pas des promesses de dons qui ne seront prises en compte qu’une fois lesdites promesses matérialisées.

Avec ce compte bancaire crée par le président Biya, toutes les velléités de détournement de fondsseront en principe réduites à néant ou du moins amoindries.

La suite logique de cet acte présidentiel est la création d’un comité ou d’une commission pour gérer les fonds issus de l’aide aux soldats et victimes de guerre. Reste plus à espérer que ceux qui auront cette charge soit d’une intégrité sans faille.