Paul Biya en vacance à Genève malgré les menaces d’attaque de la part des activistes de la diaspora

Depuis le dimanche 23 juin 2019, le président de la République est en séjour privé en Suisse. L’homme de 86 ans qui dirige le Cameroun depuis 37 ans a dans sa suite, un bon nombre de personnes parmi lesquelles son épouse Chantal Biya.

Selon des sources, tous sont installés pour une durée non déterminée dans le très luxueux et couteux Hôtel Intercontinental de Genève où Paul Biya a ses habitudes. Mais pendant neuf mois, le président camerounais n’est pas sorti du pays. Et il est à son premier séjour privé en Europe depuis dix mois. Enorme pour un chef d’Etat qui a la réputation d’être un dirigeant voyageur.

Les raisons de cette vie de presque un an de Paul Biya essentiellement entre le palais de l’Unité à Yaoundé et Mvomeka’a son village natal au Sud du pays, sont liées aux menaces d’attaque contre sa personne de la part des activistes de la diaspora camerounaise en occident.

Après avoir multiplié des manifestations contre les séjours privés couteux de Paul Biya en Suisse et les pratiques du régime au pouvoir depuis bientôt 40 ans, la diaspora anti-Biya promet depuis la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018 qui a vu la réélection du successeur d’Ahmadou Ahidjo, de passer à la vitesse supérieure dès le prochain séjour du président camerounais en Suisse.

Ainsi, afin de contrecarrer des projets d’action violente contre Paul Biya, la sécurité présidentielle a pris du temps pour préparer avec la collaboration du gouvernement Suisse, les vacances actuelles du chef de l’Etat à Genève. Des sources qui sont passées par l’hôtel Intercontinental ces derniers temps, rapportent qu’un dispositif sécuritaire exceptionnel y est déployé pour empêcher tout action anti-Biya.

Nonobstant cette mise en place d’un dispositif dissuasif, les opposants annoncent « un assaut final » sur l’hôtel qui abrite l’homme Lion. Les membres de la Brigade anti sardinards (un groupe de citoyens engagés de la diaspora camerounaise, mis sur pied pour défendre les intérêts du peuple camerounais) ont appelé à manifester devant la résidence provisoire du Chef de l’Etat camerounais le samedi 29 juin 2019.

En attendant d’avoir le résultat de cette nouvelle action des contestataires baptisée « Opération TOP », l’on imagine Paul Biya en train de se dire « Me voici donc à Genève ». Comme pour paraphraser sa déclaration légendaire au début des années 90 « Me voici donc à Douala » balancée aux opposants qui menaçaient de lui faire la peau s’il tentait de mettre les pieds dans la capitale économique, bastion imprenable de l’opposition pendant les années de braises.