Patrimoine: Douala, une identité à forger

Objectif poursuivi par la signature hier d’une convention entre la Communauté urbaine et l’association Doual’art

 

Donner une identité à la ville de Douala. C’est le but de la convention de partenariat signée lundi 10 avril 2017 entre la Communauté urbaine de Douala (Cud) et l’association Doual’art. Une convention dont les axes sont l’inventaire, la promotion, le développement et la préservation du patrimoine artistique et culturel de la ville de Douala. Ce partenariat est la formalisation de relations qui durent depuis plusieurs années entre les deux organismes et qui se traduisent notamment par plus de soixante œuvres d’art public offertes à la ville par Doual’art.
Il va donc s’agir, plus officiellement maintenant, d’améliorer le confort de vie des habitants de Douala et le vivre-ensemble à travers l’art et la culture. Et un exemple de cette amélioration, cité par Marilyn Douala Manga Bell, présidente de Doual’art, c’est le théâtre-source Didier Schaub à Ndogpassi III, arrondissement de Douala 3e. Inaugurée en 2013, cette œuvre améliore l’accès à l’eau potable des populations. Elle a également stoppé l’érosion du terrain qui faisait courir un important risque sanitaire et physique aux habitants. C’est également devenu le lieu de convivialité des riverains, utilisé pour des réunions, des spectacles, servant comme aire de jeux pour les enfants. Un théâtre-source dont les habitants tirent une grande fierté et qu’ils appellent « bijou ». D’ailleurs, cette œuvre d’art public vient de recevoir un prix donné à Hong-Kong le mois dernier par une organisation appelée International Awards for Public Art.
Marilyn Douala Manga Bell en a aussi profité pour présenter et offrir une publication parue en mars 2017 à Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement auprès de la Cud : « Public Art in Africa, Art et transformations urbaines à Douala ».
Une autre œuvre, qui elle participe à l’identité de Douala, c’est La Nouvelle Liberté de Joseph Francis Sumegne au rond-point Deido.  Pour la présidente de Doual’art, « toute personne dans le monde aujourd’hui qui voit l’image de La Nouvelle Liberté sait qu’il s’agit de Douala, qu’il s’agit du Cameroun ».
 

Réactions

 

Fritz Ntonè Ntonè: « Nous voulons promouvoir les jeunes dans l’art »

Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala

« Cette convention montre la volonté de l’exécutif communautaire d’améliorer le développement des activités artistiques et culturelles dans l’espace urbain à travers la constitution d’un répertoire et l’inventaire du patrimoine culturel existant, mais aussi la promotion de nouvelles dynamiques culturelles et l’ouverture de pistes de développement économique au bénéfice de tous nos concitoyens. Doual’art a le savoir-faire, l’expertise et nous avons les mêmes missions dans le domaine de l’art et de la culture. On leur apporte donc un appui logistique, financier afin d’atteindre nos objectifs dans ces domaines-là. Nous les invitons à ne ménager aucun effort dans la mobilisation des divers artistes en faveur de l’animation de la ville et dans le développement des projets artistiques et culturels viables. Nous avons aussi à cœur la promotion des jeunes qui veulent faire de l’art. Douala doit être une ville où on promeut l’excellence artistique et culturelle».

 

Marilyn Douala Manga Bell:  « Notre action est désormais officielle »

Présidente de l’association Doual’art

« Doual’art est dorénavant une entité apte à mener des activités plus ouvertement, plus officiellement pour le rayonnement de notre cité et donc de notre pays. Cette convention nous donne la possibilité de faire des recherches de partenariat à l’extérieur. Il n’est pas rare que des partenaires à l’international nous demandent notre statut. Nous sommes une association à but non lucratif c’est vrai, mais ils demandent si nous avons une reconnaissance officielle des autorités de notre pays. Donc à partir de la signature de cette convention, nous sommes à même d’amplifier nos activités en disant que nous sommes partenaires officiels de la ville de Douala. A ce titre donc,  les financements ou les soutiens logistiques, techniques, matériels que les partenaires nous donneront sont reçus par nous dans le cadre de cette convention ».