Orthoga’ffe: la leçon en humour

L’émission diffusée sur la CRTV met en exergue les fautes d’orthographe sur diverses affiches.

«Typoïde » au lieu de « Typhoïde », ou encore « coifure » au lieu de « coiffure ». Ce sont là entres autres fautes d’orthographe commises par les propriétaires de salons de beauté ou les tradipraticiens sur leurs affiches pour ne citer que ces exemples. « Au départ, je croyais que c’était des fautes inventées par le présentateur. Mais en allant rendre visite à un frère au quartier Mendong, je suis tombée sur une affiche publicitaire avec de nombreuses fautes d’orthographe et là j’ai compris que c’était une affaire sérieuse », confie Nicole Boumtse, cadre d’administration. C’est pour attirer l’attention des téléspectateurs sur l’orthographe et l’usage de certains mots en français qu’est née l’émission satirique « Orthoga’ffe. »

Présentée sur la CRTV par Aristide Yankoua, connu sous le nom humoristique de Kardinal Aristide 1er, cette satire à caractère éducatif, d’une durée de trois minutes est diffusée tous les jours. « Nous avons pour objectif de corriger les fautes d’orthographe commises de manière inconsciente ou par ignorance par des citoyens inconnus. Les gaffes proposées au public ne sont pas des inventions », rassure le présentateur. « Je procède le plus souvent par repérage à pieds ou en taxi. Une fois le sujet choisi, je reviens sur les lieux pour immortaliser ces erreurs », confie Aristide Yankoua. Dans d’autres cas, il procède discrètement. « Il m’arrive de les filmer sans me faire repérer. Mais dans certains milieux où je suis connu, je me fais aider par des collègues », ajoute notre source. A ces formes de collecte, se greffe l’usage des réseaux sociaux à l’instar de celles commises sur Facebook, Whatsapp, Twitter. « Les contributions des collègues et des connaissances via les réseaux sociaux ne sont pas négligeables », poursuit-il.

Le tournage de ce programme est effectué dans les villes de Yaoundé et de Douala pour le moment. Son audience est mesurée sur la base des multiples commentaires, messages et autres enregistrés sur la toile. Pour ce qui est des difficultés, le présentateur révèle que : « Les productions se font dans un environnement psychologique stressant. Le premier élément stressant est l’écriture. » En ce sens qu’il faut parcourir les dictionnaire français et anglais pour vérifier l’orthographe des mots. « Il ne faut pas être le premier à gaffer, sinon on ne nous prendrait pas au sérieux », conclut notre interlocuteur dans une note d’humour. A chaque papier, il lui faut pouvoir trouver le commentaire hilarant original correspondant et le jeu scénique qui va avec.