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Opinion – Alternance politique: Patrice Nganang introduit le péché originel !

Opinion – Alternance politique: Patrice Nganang introduit le péché originel !

« La seule manière d’avoir la légitimité populaire au Cameroun serait de l’avis de notre maître de la fiction de n’avoir jamais été proche du pouvoir ou d’en avoir été une victime. C’est une aberration car, cette pensée malpropre est fondée sur une série de mensonges politiques et de manipulations de l’histoire qui méritent d’être élucidés sur la place publique… »

«Attention ! Même si certains donnent leurs têtes pour être coupées au nom du peuple, cela ne servirait à rien puisqu’ils sont nés pécheurs !» C’est ainsi qu’on peut paraphraser avec regret les épitres de Paul au Corinthiens en l’honneur fâcheuse de Monsieur Nganang qui jette l’opprobre sur certaines créatures de Dieu pour des raisons originelles. La seule manière d’avoir la légitimité populaire au Cameroun serait de l’avis de notre maître de la fiction de n’avoir jamais été proche du pouvoir ou d’en avoir été une victime. C’est une aberration car, cette pensée malpropre est fondée sur une série de mensonges politiques et de manipulations de l’histoire qui méritent d’être élucidés sur la place publique.

Du point de vue de la coalition des acteurs politiques au Cameroun, il est un mensonge de faire croire que les tiers-lésés ou les tiers-profiteurs du régime en place sont uniquement d’une seule ethnie. Il faut clairement dire que l’on les recrute indifféremment dans toutes les régions du Cameroun. Il faudrait avoir l’honnêteté intellectuelle de répercuter l’information selon laquelle le régime en place n’utilise pas uniquement les postes politico-administratifs pour récompenser ses griots. Certains bénéficient des avantages financiers comparables aux postes ministériels. Je suis témoin du langage de « Njangui » tenu entre 1994 et 1997 sous la supervision de Simon Achidi Achu qui faisait état de ce que les opérateurs économiques devaient rejoindre le RDPC afin de bénéficier des avantages fiscaux. Par peur de l’histoire, il faudrait reconnaître publiquement que cette promesse électorale a été tenue par Paul Biya.

Je défends à ce niveau l’idée selon laquelle l’émergence du Cameroun passera par l’inclusion de toutes les forces vives de la Nation recrutées indifféremment dans toutes les régions du Cameroun et dans toutes les classes sociales sans a priori d’ordre tribal ou originel. Elle ne passera pas par la nostalgie d’une histoire racontée par chaque partie de façon tendancieuse. La vérité complète que le néo-historien Nganang ne dit jamais serait de reconnaître que mêmes les upcistes et les « parlementaires » avaient commis des dégâts regrettables au Cameroun. Ils avaient perdu une guerre qui avait été menées avec des moyens discutables. Les gens de notre génération pourraient menées le même combat avec des alliances différentes. Avec discernement, on ne devra pas essentiellement s’enfermer dans la logique des perdants comme si leur violence était la seule alternative possible. Monsieur Nganang devrait décliner sa subjectivité et reconnaître qu’il est un militant de la violence qui se nourrit d’une base arrière ethnique. Lorsqu’on voit les méfaits de la violence autour de nous, on ne peut que prier Dieu afin qu’il le maintienne aux Etats-Unis dans son monde violent.

Il faudrait rappeler à l’opinion publique que le maintien de l’ordre est un métier comme celui d’écrivain ou de journaliste et que cela passe malheureusement par la répression en cas de violence (même aux Etats-Unis). Il serait maladroit de prétendre que parmi les fonctions sociales que nous exerçons, il existe des métiers de justes et des métiers de méchants simplement parce que le métier des uns consiste à nous administrer. Il est de notre devoir citoyen de comprendre que les policiers, les diplomates, les administrateurs civils, etc., font leur métier lorsqu’ils nous interpellent. Si le pouvoir politique venait à changer, ils feraient le même métier pour le nouveau pouvoir. Il est surtout naïf en politique de tirer sur un adversaire comme feu Atébé Eyéné parce qu’il jouait bien pour son camp. Il est de notre devoir de respecter nos adversaires et de ne pas leur en vouloir même après le match ! Je reste persuadé que ceux qui jouent pour le RDPC aujourd’hui changeront de veste demain lorsque le pouvoir changera de camp. Les activistes actuels de l’opposition prendront de la peine pour les tacler mais, ils se relèveront et reviendront sur le terrain. Avez-vous déjà vu un joueur qui a cessé de jouer simplement pour avoir été taclé ? Le jeu politique a toujours été ainsi. Si ça ne vous plaît pas, alors vous changez de métier ou de champ d’intérêt.

Pour finir, j’aimerai poser une petite question aux Camerounais : Comment peut-on exercer efficacement le pouvoir si l’on ne connaît pas le pouvoir ? Après Biya, allez-vous voter pour ceux qui veulent régner ex-nihilo comme si l’exercice du pouvoir s’apprenait dans la rue ? Lorsqu’on réfléchit avec discernement, on se rend compte que le choix de la raison ne sera pas facile à faire. C’est peut-être pour se dérober de cette triste réalité de la raison que certains intellectuels camerounais sombrent dans la facilité de l’ethno-fascisme. Hier, c’est le professeur Mono Ndjana qui proposait la logique des tours pour exclure les uns. Aujourd’hui, c’est le professeur Patrice Nganang qui ressuscite le péché originel pour exclure les mêmes personnes. On a l’impression que le lobby anti-béti est en branle et qu’il voudra saccager au passage toutes les personnes capables de défendre des points de vue contraires. Au-delà de la logique tribale, je voudrais défendre le choix de la raison selon laquelle le Cameroun aura bel et bien besoin des gens qui ont eu l’expérience des milieux du pouvoir mais, qui ont su jouer pour préserver leur INTEGRITE MORALE. Celui ou celle qui n’a jamais joué n’a pas sa place au stade car, on ne fait pas ses preuves devant la télé ou sur facebook.

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