Opération Epervier: L’origine des malheurs d’Essimi Menye

Et si l’ancien Minader était rattrapé par les malheurs de Charles Metouck ? L’ancien ministre des Finances paie prioritairement pour la liquidation d’Amity Bank, de la Sct.

 

L’étau se resserre autour d’Essimi Menye. Depuis une semaine déjà, l’ancien ministre de l’Agriculture et du développement rural vit des heures douloureuses. Moins parce que l’ex cadre du Fonds monétaire international est cloîtré ans un lit d’hôpital à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), mais davantage parce que l’épervier continue de roder autour de l’homme. A cause de quelques dossiers que le fils de la Lékié a gérés du temps où il officiait encore comme ministre des Finances (Minfi). En l’occurrence la liquidation d’Amity bank, la Société camerounaise de tabac,…

Pour le premier dossier, selon des sources dignes de foi, Essimi Menye qui connait des ennuis actuellement au Tribunal criminel spécial (Tcs), est interrogé sur la liquidation d’Amitu bank. Il est reproché à l’ancien argentier de l’Etat, d’avoir fait perdre au Cameroun près de dix milliards de francs Cfa, dans le cadre de la liquidation de cette banque camerounaise placée en position de restructuration en septembre 2008. C’est que, apprend-on des indiscrétions proches du dossier, c’est l’ex Minfi qui aurait décidé du sort de cette banque dont le sort a été définitivement scellé après de longues batailles mettant aux prises l’Etat et la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) et les principaux actionnaires. Selon des informations puisées à bonne source, au cours d’une réunion tenue le 13 mars 2008, les parties prenantes sont convenues de la tournure définitive dans le cadre de la restructuration d’Amity bank. Il s’avère, selon des documents consultés par la nouvelle expression, que, présidant ladite réunion à laquelle prenaient part des représentants des services du Premier ministre et de la Présidence, ainsi que les actionnaires d’Amiy bank, Essimi Menye avait accordé un délai de dix jours aux actionnaires majoritaires d’Amiy bank, qui contestaient le plan de restructuration de leur banque, pour «présenter des propositions alternatives». Après que ces derniers aient contesté le plan proposé par Amity bank, sur la base de la convention de titrisation signée entre l’ex Minfi et la banque atlantique.  La banque ivoirienne, liquidatrice d’Amity bank, avait conclu, sur la base d’une mission réalisée par u cabinet d’expertise, à «une dégradation des principaux agrégats avec pour conséquence l’augmentation significative de la valeur de l’équilibre (valeur de reprise des créances en souffrance) initiale». Le liquidateur et le Minfi avaient, dans une convention, défini les contours d’une titrisation d’un montant de 9025 000 000 FCfa, soit 33,33% du montant du portefeuille des créances en souffrance. Ce qui était l’apport de l’Etat camerounais dans l’opération. En contrepartie, la banque devait «préserver l’intégralité des dépôts de la clientèle ainsi que la totalité des emplois du personnel de la banque, ou à défaut, en cas de licenciements éventuels, de mettre en place un plan social financé par elle-même». Le délai du 19 mars 2008 avait expiré, les actionnaires majoritaires n’avaient pas pu proposer un autre plan.

Elung Che et Anoma Ngu impliqués

Il est clair qu’alors que les actionnaires dont un certain Victor Anoma Ngu, et Paul Aelun Che, semblaient être unis dans leur désaccord, un certain Elung Paul Che, ci-devant directeur général du Trésor et de la coopération monétaire et financière, par ailleurs commissaire de la Cobac, aujourd’hui ministre délégué auprès du ministre des Finances, avait planché pour «une liquidation pure et simple de Amity bank». Se fondant sur le fait qu’«au vu du volume élevé des fonds propres nécessaires pou recapitaliser la banque et des engagements non tenus par M. Siélenou (actionnaire majoritaire, Ndlr), que la Cobac a auditionné à plusieurs reprises, l’option de l’entrée dans le capital de la Banque d’un partenaire stratégique a été retenue».

Et pourtant, selon des sources concordantes, le Tribunal criminel spécial cherche à établir la responsabilité personnelle d’Essimi Menye dans cette affaire.

Outre l’affaire Amity bank, Essimi Menye est aussi interrogé sur l’affaire de la Société camerounaise de tabac. Pour l’instant, l’ex Minader séjourne à l’hopital de la Cnps à Yaoundé, victime d’un accident vasculaire cérébral (Avc) selon sa famille. Une maladie imaginaire, oppose la justice qui lui a affecté des gendarmes à son chevet. Sa famille crie à un acharnement, estimant que «Essimi Menye n’a jamais pris une quelconque décision seul».