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Opération Epervier : La cour suprême ne lâche pas Lydienne Eyoum

Opération Epervier : La cour suprême ne lâche pas Lydienne Eyoum

Le parquet de cette juridiction et le juge qui a examiné le cas de l’avocate franco-camerounaise demandent qu’elle soit maintenue en condamnation.

Lydienne Yen Eyoum devra encore attendre pour être définitivement fixée sur son sort. Le verdict de la Cour suprême sur son cas sera rendu le 8 juin prochain. Au cours de l’audience qui s’est tenue hier, 28 mai, le conseiller rapporteur, Emmanuel Sandeu, qui a étudié le pourvoi en cassation formé par Lydienne Eyoum suite à sa condamnation par le Tribunal criminel spécial (Tcs) a estimé que l’avocate doit être maintenue dans les liens de l’accusation. Tous les arguments que les avocats de Lydienne Eyoum ont développés pour demander que la peine infligée par le Tcs soit annulée ont été jugés irrecevables  par le conseiller rapporteur.

« Pourvoi non fondé, il convient de le rejeter », a conclu le juge Sandeu. Ce magistrat propose ainsi que Lydienne Eyoum ne soit pas acquittée. Une position sur laquelle s’est complètement aligné le représentant du parquet général de la Cour suprême. Ce qui a obligé Me Yondo Black a plaidé. « Les fonds objet du conflit que détenait Me Lydienne Eyoum ne sont pas des fonds publics. Ils lui ont été alloués par une décision du Tribunal au titre des frais et dépens à la suite d’un procès gagné contre la Sgbc et l’arrêt de la Cour d’appel du Littoral en 2008 a bien confirmé que ces fonds revenaient à l’avocate et n’appartenaient pas à l’Etat.

Elle ne doit donc pas être poursuivie pour détournement de deniers public », déclare le bâtonnier Yondo Black. Une défense que ne partagent pas les avocats de l’Etat du Cameroun qui ont également épousé les conclusions du conseiller rapporteur. « Un avocat est-il fondé à recouvrer l’argent pour le compte de l’Etat, oui ou non ? Non. Ça ne se fait pas encore au Cameroun. Même en France cette pratique n’existe pas. Nous parlons donc de quoi ? », s’interroge Me Maloka, l’un des avocats de l’Etat du Cameroun. Face à cette passe d’arme, le tout nouveau président de la section spécialisée de la Cour suprême, Jean-Pierre Mvondo Evezo’o, qui présidait par ailleurs ces débats a décidé de mettre l’affaire en délibéré afin de statuer.

Saisie abusive

Le 26 septembre 2014, en effet, Lydienne Eyoum est condamnée à 25 ans de prison par le Tribunal criminel spécial. Il lui est imputé un détournement de 1,07 milliard FCfa. Le crime de l’avocate est d’avoir procédé à une « saisie abusive » dans le compte de la Sgbc à la Béac alors que le ministre des Finances d’alors, Edouard Akame Mfoumou et la Sgbc avaient auparavant trouvé un arrangement amiable pour le règlement du différend qui opposait la banque à l’Etat du Cameroun.

Dans la même veine, il est reproché à Yen Eyoum d’avoir fait virer l’argent qu’elle a saisi dans son compte personnel logé à la Standard chartered bank plutôt que dans le compte client de son étude . Son coaccusé Polycarpe  Abah Abah qui avait été accusé d’avoir délivré le pouvoir spécial qui a permis à Yen Eyoum de saisir les sommes querellées, lui, il avait été acquitté devant le Tribunal criminel spécial. Mais le procureur général de ladite juridiction a décidé de ne pas lâcher l’ancien ministre des Finances. Emile Zéphyrin Nsoga a formé pourvoi de la décision d’acquittement prononcée par le président du Tribunal criminel spécial, Yap Abdou.

Le conseiller rapporteur Emmanuel Sandeu qui a également examiné ce pourvoi a estimé que celui-ci n’était pas fondé, et que l’acquittement d’Abah Abah dans ce dossier devait être maintenu. La collégialité que préside Mvondo Evezo’o va également se prononcer en dernier ressort sur le cas de l’ancien ministre le 8 juin prochain.

 

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